ECONOMIE

« Le Sénégal est loin d’être un pays émergent », selon un expert.

  • Date : 26 décembre 2012

Le Sénégal, malgré quelques prouesses notées çà et là, en matière de croissance économique, ces dernières années, est loin d’être un pays émergent. C’est du moins, le constat fait par l’expert en éducation, Mamadou Ndoye, ancien ministre de l’éducation de base et de la promotion des langues nationales. C’était au cours d’une conférence publique organisée par la coordination des cadres de la Ligue Démocratique.

« Le Sénégal n’est pas proche d’un pays émergent car, il n’est pas dans la voie ». C’est en substance ce que l’on peut retenir des propos de l’expert en matière d’éducation, Mamadou Ndoye, par ailleurs, ancien ministre de l’éducation de base et de la promotion des langues nationales. Selon M. Ndoye, si on porte un regard sur le Sénégal, en ce moment, malgré les efforts fournis depuis 1996, « notre taux de croissance tourne autour de 2.8 % très loin derrière celui des pays émergents qui est à 2 chiffres ». Ce qui classe le Sénégal comme étant dans les 33 pays Africains les moins avancés et les 48 Etats les moins avancés de la planète. En Afrique, renseigne le récipiendaire de la médaille « Comenius » décerné par l’Unesco en 2008 pour service rendu à l’Education, seuls « l’ile Maurice, le Botswana, l’Afrique du Sud et la Tunisie restent les 4 pays Africains dont l’économie est compétitive au niveau mondial ». Face à ce constat alarmant, le camarade d’Abdoulaye Bathily qui est sollicité un partout en Afrique, en Asie et en Amérique latine pour des questions éducatives, n’a pas manqué de proposer des esquisses de solutions, afin d’aider notre économie qui croupit encore sous le poids la dette.

Des pistes de solutions et des stratégies pour transformer cette situation en développement.

A l’en croire, si notre économie est basse, « c’est parce qu’elle est informelle ». Car, un pays comme le Sénégal doit attirer des investisseurs, par sa position géographique. Plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Certes, il y’a des politiques de développement social, mais il faut arriver à ce qu’on appelle le déblocage des pauvres, c’est à dire permettre à ces derniers d’accéder à la terre, au sol, au crédit, à la santé et à l’éducation, des institutions fortes pour garantir et sécuriser les investissements, une prestation de service de qualité, la bonne gouvernance, la justice, l’équité. Non sans oublier des infrastructures de qualité, c’est à dire avoir « un système de transport très efficace, pas seulement la mobilité urbaine mais les pistes de production, les routes transnationales, la fourniture d’une électricité continue avec des tarifs de compétitivité ». Il faut également permettre à l’industrie d’accompagner l’Agriculture et au retour, permettre à l’industrie d’absorber les produits de l’Agriculture. Si nous voulons renforcer l’Agriculture, dira-t-il il va falloir « un appui puissant en faveurs des acteurs, une plus forte utilisation des intrants, des équipements, de la science ». « Nous avons besoin d’augmenter nos échanges avec les pays Africains qui viennent derrière l’Europe et l’Asie et avoir des technologies adaptées et d’expérience, avoir des politiques fortes de préservation des ressources non renouvelables, tout en ayant des industries performantes qui empêchent l’épuisement des ressources naturelles etc. M. Ndoye est convaincu que seules « l’éducation et la formation peuvent donner tout ça, en fournissant du capital humain en qualité et en quantité suffisance ». Mais « sans engagement volontariste de l’Etat, les efforts seront vains », avertit-il.

Papis N. Barro

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