Connectez-vous S'inscrire

Le Sénégal menace à nouveau de retirer ses troupes au Darfour

le Samedi 26 Mai 2007 à 15:46 | Lu 1608 fois


Le Sénégal retirera ses hommes du contingent de l'Union africaine déployé au Darfour en l'absence d'un engagement ferme pour la paix de la part du gouvernement de Khartoum et des rebelles soudanais, a prévenu vendredi le chef de la diplomatie de Dakar, Tidiane Gadio.
Le Sénégal, dont les forces armées sont très respectées sur les théâtres d'opération extérieurs, compte déjà un demi-millier d'hommes au sein de la mission de l'UA au Darfour forte, au total, de 7.000 soldats.


Le Sénégal menace à nouveau de retirer ses troupes au Darfour
Le ministre a annoncé que son pays se livrait actuellement à "une analyse globale" de la question du maintien de la paix au Darfour, une province de l'ouest du Soudan limitrophe du Tchad et grande comme la France.

On estime que 200.000 personnes y ont trouvé la mort et que deux millions d'autres ont été déracinées de leurs foyers du fait de la guerre civile et des exactions à grande échelle dont le Darfour est la proie depuis 2003.

"Le président (Abdoulaye Wade) a déjà fixé le cadre de la décision attendue du gouvernement du Soudan et des rebelles", a précisé Gadio dans un entretien accordé à l'agence Reuters.

"Si nous estimons qu'aussi bien le gouvernement du Soudan que les forces rebelles du Darfour veulent se jouer de la communauté internationale pour gagner du temps et ne pas respecter leurs engagements, le Sénégal n'a rien à faire dans cette crise-là.

"Nous devons retirer nos troupes et continuer à donner notre point de vue, à soutenir la conclusion d'un accord de paix qui soit sérieux et qui préserve surtout la population du Darfour", dit-il, précisant que l'annonce de toute décision serait à l'entière discrétion du chef de l'Etat sénégalais.

En avril, après la mort de cinq de ses soldats, Dakar avait déjà brandi la menace d'un retrait de son contingent présent au Darfour au cas où la force de l'UA ne recevait pas un appui des Nations unies.

UNE DÉCISION RÉVOCABLE

Le président Wade a engagé des discussions avec l'UA et l'Onu sur la mission de paix au Darfour, où le conflit armé a gagné l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique.

"On fait semblant d'avoir des forces de maintien de la paix sur le terrain, mais ces forces ne peuvent pas maintenir la paix", estime le chef de la diplomatie sénégalaise.

"Les djandjaouids (NDLR: ou "cavaliers arabes" accusés de semer la terreur chez les populations négro-africaines avec le soutien du gouvernement de Khartoum, qui réfute cette allégation), ce sont des milices qui commettent des faits tout à fait abominables sur le terrain et certaines forces rebelles aussi préparent des milices pour répondre aux djandjaouids", ajoute le ministre, pour qui "le Darfour est une tragédie silencieuse".

Vendredi, les Nations unies ont remis à Khartoum un plan détaillé pour le déploiement au Darfour de plus de 23.000 soldats et policiers chargés de protéger la population civile et de recourir à la force à titre dissuasif.

Ce projet de "force hybride" associant l'Onu et l'Union africaine (UA) a été entériné sous forme d'une déclaration par le Conseil de sécurité de l'Onu, qui adoptera une résolution après l'approbation de l'opération par le gouvernement de Khartoum et le Conseil de paix et de sécurité de l'UA.

Khartoum n'a pas rejeté cette force internationale en tant que telle mais plusieurs hauts responsables soudanais ont estimé que ses effectifs projetés étaient trop importants et que l'Onu devrait financer et renforcer le contingent de l'UA déjà présent avec 7.000 hommes sur le terrain avec des moyens logistiques, de commandement et de transport.

L'ambassadeur du Soudan à l'Onu, Abdelmahmood Abdelhaleem, a fait savoir que son gouvernement examinerait cette proposition le plus rapidement possible.

Gadio a précisé pour sa part qu'un éventuel retrait sénégalais se limiterait au Darfour, ne serait pas irrévocable et n'affecterait en rien une participation de son pays à une éventuelle mission de l'UA en Somalie.

"Si nous retirons nos troupes le samedi et que dimanche le gouvernement du Soudan accepte une force des Nations unies ou une force hybride UA-Onu, le Sénégal retourne le lendemain", a assuré le ministre des Affaires étrangères.

Samedi 26 Mai 2007 - 15:46




Dans la même rubrique
< >

Vendredi 3 Septembre 2010 - 11:45 MAROC : Quand les islamistes traînent la police devant la justice

Vendredi 3 Septembre 2010 - 11:15 Kognbi: Korité de folie