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Les Pussy Riot condamnées à deux ans de camp pour "vandalisme"le Vendredi 17 Août 2012 à 16:43 | Lu 736 fois
Les trois jeunes femmes du groupe de punk rock russe Pussy Riot ont été condamnées chacune à deux ans de camp, vendredi 17 août, par un tribunal de Moscou, pour "vandalisme" et "incitation à la haine religieuse", à l'issue d'un procès qui a acquis une résonance internationale.
Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans – qui comparaissaient depuis la fin juillet et étaient en détention provisoire depuis six mois –, avaient chanté en février une "prière punk" dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir. Pour la juge Marina Syrova, elles ont "violé l'ordre public" et "offensé les sentiments des croyants", motivées "par la haine religieuse" et sans exprimer de repentir. Les six mois qu'elles ont passés en détention provisoire seront déduits de leur peine, qu'elle serviront dans un camp de régime moyen, et non sévère. "TROÏKAS DE L'ÉPOQUE DE STALINE" "C'est une honte ! C'est une injustice !" ont crié plusieurs personnes dans la salle du tribunal à l'annonce du jugement. Nadejda Tolokonnikova a souri en entendant sa condamnation. La lecture du jugement a duré près de trois heures, la juge reprenant en grande partie les arguments avancés le 7 août par la procureur, qui avait alors requis trois ans de camp contre les accusées. Elle a mis l'accent sur le caractère "sacrilège" de la "prière", citant largement les déclarations d'employés et membres de la sécurité de la cathédrale qui ont porté plainte pour les "souffrances morales" occasionnées. Les avocats des Pussy Riot avaient demandé leur acquittement. L'un d'eux a comparé ce procès à celui des "troïkas de l'époque de Staline", en allusion aux groupes de trois personnes qui, du temps de la terreur stalinienne, condamnaient à des années de camp ou même à mort, de manière arbitraire et expéditive. Tout au long du procès, leurs avocats ont estimé qu'elles n'avaient pas eu droit à une justice équitable et que le verdict serait "dicté par le Kremlin". "Je n'ai pas peur de l'imposture d'un verdict dans ce prétendu tribunal au prétexte qu'il peut me priver de ma liberté. Personne ne pourra me prendre ma liberté intérieure", avait lancé Maria Aliokhina pendant ses mois de détention. Dès sa condamnation, le journal britannique The Guardian mettait en ligne le dernier single du groupe, intitulé "Putin Lights Up The Fire". DIVISIONS L'affaire des Pussy Riot a profondément divisé la société en Russie, de nombreux prêtres et fidèles dénonçant la profanation de la cathédrale et une attaque en règle contre l'Eglise. Mais d'autres, y compris au sein de l'Eglise, ont jugé les poursuites à leur encontre et leur maintien en détention disproportionnés. Des manifestants ultra-nationalistes et orthodoxes faisaient entendre leur voix vendredi devant le tribunal. "Je veux que les Pussy et ceux qui les soutiennent brûlent en enfer", a déclaré l'un d'entre eux. Une centaine de personnes scandaient de leur côté "Liberté aux Pussy Riot !", "Liberté aux prisonniers politiques !" Après l'annonce du verdict, le Haut conseil de l'Eglise orthodoxe a demandé "aux autorités de l'Etat de faire preuve de clémence envers les condamnées dans l'espoir qu'elles renonceront à toute répétition de ce genre de sacrilège". Les trois femmes ont déjà reçu de nombreuses marques de soutien international, notamment de la part de députés allemands, de la chanteuse américaine Madonna, de l'artiste d'avant-garde Yoko Ono, veuve de John Lennon, ou encore de l'ex-Beatles Paul McCartney. Une journée mondiale de soutien aux Pussy Riot a d'ailleurs lieu vendredi, avec des actions dans de nombreuses capitales, dont Paris, Londres, Varsovie ou encore New York. La "prière punk" qui a déclenché ce procès n'était pas le premier coup des Pussy Riot. Le 20 janvier, huit d'entre elles avaient entonné sur la place Rouge une chanson intitulée Poutine a fait dans son froc, en référence aux récentes manifestations de l'opposition – alors que selon un sondage, cité vendredi par le quotidien Vedomosti, la cote de popularité du chef de l'Etat est au plus bas depuis son arrivée à la tête de la Russie en 2000, avec seulement 48 % de personnes satisfaites contre 25 % d'insatisfaites. LEMONDE.FR Vendredi 17 Août 2012 - 16:43
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