Mali : Sanogo veut garder la présidence

le Mercredi 30 Mai 2012 à 10:47 | Lu 2034 fois




Il avait juré, sur ses grands dieux, que son intervention qui avait mis fin au règne de ATT, n’avait pour objectif que d’assainir la situation militaire de son pays, avec une armée complètement délaissée qui éprouve toujours beaucoup de mal à assurer la sécurité, dans le nord du pays. Mais, à l’arrivée, ses intentions paraissent autres.


Mali : Sanogo veut garder la présidence
Près de deux mois après le coup d'Etat préparé contre le Président légitime du Mali, malgré le retour officiel (quoique précaire) à l'ordre constitutionnel, le capitaine Amadou Sanogo reste le maître du jeu à Bamako.
Après avoir réussi à exiler ATT à Dakar, et envoyé l’intérimaire Dioncounda Traoré à l’hôpital, à Paris, le capitaine a encouragé la convention nationale du Mali à tenir des assises, et à le désigner président de la transition.
Cette convention a été initiée par les acteurs de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (COPAM), regroupant les pro-putschistes.
La proposition portant sur le capitaine Sanogo a été faite par la quasi-totalité des participants. Pure malice. Au moment où les séminaristes s’apprêtaient à donner son nom, le capitaine Sanogo aurait décliné l’offre, dans un premier temps, histoire de surenchérir. Mais, ce ne sera même pas nécessaire, puisque la convention prendra fin dans la confusion, pour permettre à Me Mamadou Gakou, un leader de la COPAM (regroupement de partis coalisés), de déclarer la séance close, et d’informer que ses camarades ont décidé d’instituer le capitaine Amadou Haya Sanogo, en qualité de chef d’Etat du Mali.

Dans les résolutions, les participants ont « demandé » au président intérimaire, Dioncounda Traoré, « de faire preuve de patriotisme, en se retirant », après les 40 jours d’intérim, conformément à la constitution.
Par ailleurs, lors des travaux de commission, les participants avaient défini les différentes structures de la transition que sont « le conseil national de transition pour le changement (CNTC), le gouvernement de transition et le Conseil national de la communication ».
Le président du CNTC assurera les fonctions de chef d’Etat, a-t-on appris, dans la salle.
Selon les participants, le CNTC est un « organe politico-législatif chargé de déterminer les grandes orientations de la transition, suivre et contrôler l’action gouvernementale » et qui « sera chargé de mettre en place, durant la transition, un conseil de défense nationale de 15 membres (10 militaires et 5 civils) ».


Mais, une fois qu’Amadou Sanogo en aura fini, avec son « investiture bidon », quid de la situation explosive au Nord du pays, où la rébellion (MNLA), sous prétexte d’une revendication identitaire, vient de mettre en péril l’intégrité nationale, en s’acoquinant avec les groupes armés d’Ansar Dine et AQMI ? Il appartiendra, en tout cas, à Sanogo, de faire preuve de beaucoup d’imagination car, ses ennemis du nord ne reculeront pas. Coûte-que-coûte, ils veulent la division pour pouvoir agir sur un territoire qui est sous leur contrôle, et mener leurs activités d’islamisation, de rapt et de différents trafics. Le Nord Mali est déjà devenu une poudrière, et on voit mal le Mali, avec une armée en déconfiture, s’aventurer dans un bras de fer, même avec le soutien de la CEDEAO. Quelles perspectives pour la transition politique, alors? L'intégrité territoriale, peut-elle être recouvrée ? Ce sont là quelques questions qui ne poussent guère à l’optimisme. Il est à craindre qu’il faille se résoudre, tout de suite, à aller à des négociations serrées. Un véritable imbroglio qui n’augure pas un magistère tranquille.

CHEIKH BA

REWMI QUOTIDIEN

Mercredi 30 Mai 2012 - 10:47



1.Posté par FBI le 30/05/2012 14:07
GUEWEL BU REP CI XARE...

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