La bataille pour le perchoir sera rude. Elle se fera sans concession. Comme en attestent les nombreuses listes (24), jamais dénombrées pour la conquête de l’hémicycle. Car, les enjeux sont multiples. Moustapha Niasse, tête de liste nationale de la coalition Benno Bokk Yakaar, Pape Diop, à la tête de la coalition Bokk Guis Guis et Oumar Sarr, tête de la liste nationale du Pds, trois des listes les plus en vue, veulent occuper le perchoir. Ainsi, si la coalition de la mouvance présidentielle, Benno, Bokk Yakaar, qui regroupe presque tous les candidats malheureux à la dernière présidentielle, veut largement sortir vainqueur, au soir du 1er juillet, pour, dit-on, donner toutes les garanties à Macky Sall de bien diriger le pays, du côté du camp adverse, un tel scénario serait synonyme de danger permanent pour le Sénégal. Pape Diop, tête de liste de la coalition Bokk Guis-Guis, sortie des flancs du Pds et Oumar Sarr, tête de liste du Parti démocratique sénégalais, tous deux considérés comme les concurrents les plus sérieux de Benno Bokk Yakaar, pour diriger l’Assemblée nationale, veulent imposer au Président de la République, Macky Sall, la cohabitation. Ce, afin que l’hémicycle, clament-ils, ne soit plus une véritable chambre d’enregistrement, comme ce fut le cas avec les législatures passées. C’est en ce sens, que la nouvelle opposition, aidée dans son combat par certains leaders de partis, qui ont soutenu Macky Sall à la Présidentielle et qui sont allés aux législatives, sous leur propre bannière, comme Me El Hadji Diouf, Imam Mbaye Niang, Mamadou Lamine Diallo de Tekki, Talla Sylla, entre autres, prône une rupture à l’hémicycle. C'est-à-dire, initier une nouvelle façon de faire de la politique au Sénégal. Car, selon Me El Hadji Diouf, tête de liste de la coalition Leraal, «si jamais Benno Bokk Yakaar gagne les élections législatives, on ira vers une dictature, avec la même Assemblée que celle d’Abdoulaye Wade. « Tout sera à la disposition du Président qui va utiliser les députés comme des moutons de panurge », avertit-il. Cependant, le dernier mot reste au peuple, qui, par le truchement des urnes, va, sans nul doute, face à la pléthore de listes, 24 au total, distinguer la bonne graine de l’ivraie, à l’image du 25 mars dernier.
Sékou Dianko DIATTA
REWMI QUOTIDIEN