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Nicolas Sarkozy fait appel dans l'affaire de la poupée vaudou

le Vendredi 14 Novembre 2008 à 10:26 | Lu 1662 fois



Nicolas Sarkozy fait appel dans l'affaire de la poupée vaudou
Débouté en première instance, Nicolas Sarkozy poursuit en appel son combat judiciaire pour faire retirer de la vente une poupée vaudou à son effigie permettant de fustiger symboliquement ses idées et son action.

Source : Le Monde


Son avocat, Me Thierry Herzog, a soutenu que le chef de l'Etat avait vu son "droit à l'image" violé par un objet commercial qui ne peut bénéficier de la liberté d'expression.

Ses contradicteurs s'appuient sur le droit à l'humour et la liberté d'expression, retenus par le premier jugement.

L'arrêt a été mis en délibéré au 28 novembre.

Me Herzog a expliqué à l'audience de la cour d'appel de Paris que le président de la République se présentait "en qualité de citoyen". "Il n'est pas au-dessus des lois mais n'a pas à être en dessous", a-t-il fait valoir.

La société d'édition Tearprod et son avocat, Me Arnaud Rouillon, répondent que l'objet et la biographie satirique du président avec laquelle il est vendu constituent une oeuvre de l'esprit, une "caricature, qui même grossière et provocante, relève de la liberté d'expression".

Le 29 octobre, le tribunal avait invoqué la liberté d'expression et le "droit à l'humour", déboutant pour la première fois un président en exercice d'une demande judiciaire et le condamnant à payer les frais de justice.

L'ouvrage de 56 pages, "Nicolas Sarkozy, le manuel vaudou", vendu depuis le 9 octobre avec la poupée et un lot de 12 aiguilles, a vu son premier tirage de 20.000 exemplaires épuisé, a-t-on appris en marge de l'audience.

Les lecteurs sont invités à planter les épingles dans la poupée, sur le mode du rituel de malédiction prêté au vaudou, religion d'origine africaine très implantée dans les Antilles, pour fustiger symboliquement des expressions utilisées par le président ou des mentions rappelant son action, "Casse-toi, pauv'con", "Racaille", "Travailler plus pour gagner plus".

Il ne s'agit pas d'une attaque personnelle ou d'une atteinte à la dignité mais d'une polémique sur les idées du chef de l'Etat, a dit le tribunal en première instance.

Me Herzog s'appuie sur deux précédents : dans les années 1970, Valéry Giscard d'Estaing avait obtenu le retrait d'un jeu de cartes à son effigie et Georges Pompidou l'interdiction d'une publicité utilisant une photographie où il figurait.

Alors que ses prédécesseurs s'en abstenaient presque totalement, Nicolas Sarkozy a multiplié, depuis son arrivée au pouvoir, les procédures judiciaires et les plaintes, un choix critiqué dans les milieux judiciaires car le chef de l'Etat est en position de donner des consignes au parquet, via le ministre de la Justice, et signe les nominations de certains magistrats.


Vendredi 14 Novembre 2008 - 10:26




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