Plaidoyer pour la construction d'une université dans le sud-est

le Samedi 1 Septembre 2012 à 22:11 | Lu 975 fois



Plaidoyer pour la construction d'une université dans le sud-est
Bangaly Keïta, un responsable de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l'éducation publique (COSYDEP), a plaidé samedi à Tambacounda (est) pour la construction d’une université dans le sud-est du pays, afin de mettre fin au ''déséquilibre'' de l’enseignement supérieur dans le territoire sénégalais.

''Dans un souci de rééquilibrage permettant de déboucher sur un développement endogène, la volonté politique devrait doter le Sénégal oriental de projets structurants, et particulièrement ceux concernant le sous-secteur de l’enseignement supérieur, car il ne peut y avoir de développement sans une bonne université'', a dit M. Keïta.

Il présentait une communication, lors d'une table ronde organisée par les sections COSYDEP et SYDEP/Afrique de Tambacounda, sur le thème : ''Université et développement : le cas de Tambacounda''.

Selon M. Keïta qui s’exprimait en présence de l’inspecteur d’académie de Tambacounda, Alioune Ndiaye, d'enseignants et d’étudiants, ''il ne reste qu’à doter le sud-est d’une université, pour impulser son développement endogène''.

''Certes, l’ouverture des universités de Saint-Louis et de Ziguinchor tend à décentraliser l’enseignement supérieur public au Sénégal, mais beaucoup reste à faire concernant le sud-est du Sénégal'' comprenant les régions de Kédougou, de Kolda et de Tambacounda, a-t-il signalé.

''Compte non tenu des bacheliers des lycées de Kidira, Bakel et Kédougou, le nombre d’aspirants à l’enseignement supérieur formés par le seul lycée de la commune de Tambacounda tourne autour de 600 élèves'', a-t-il signalé, ajoutant que ce chiffre ''correspond à l’effectif de l’Université de Ziguinchor et représente le double de celui de l'université de Bambey, à leurs débuts''.

''La région de Tambacounda, a-t-il poursuivi, ne dispose que d’un seul établissement d’enseignement supérieur, à savoir l’Institut africain de management (IAM) et son statut privé s’oppose aux principes qui sous-tendent l’enseignement supérieur public.''

Cette situation de la carte universitaire contraint les bacheliers à ''migrer vers d’autres localités relativement très éloignées de Tambacounda'', en s’exposant ainsi à la déperdition scolaire, aux difficultés liées au logement et à la bourse, au stress, aux mauvais résultats, etc.

''L’examen de la carte universitaire du Sénégal montre un déséquilibre ou un hiatus et des efforts méritent d’être déployés pour une décentralisation hardie et conforme aux principes qui sous-tendent la politique d’aménagement du territoire'', a affirmé Bangaly Keïta.

''La petite région de Thiès et son voisinage immédiat, à savoir Bambey, abritent deux universités, tandis que l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ploie depuis des décennies sous le poids de son sur-effectif'', a-t-il fait remarquer.

En 2010- 2011, quelque 60.087 étudiants appartenant à une quarantaine de nationalités cohabitaient dans cette université, sur une superficie de 72 hectares répartis entre le campus pédagogique et le campus social, avec 1.143 enseignants et un personnel administratif, technique et de service de 1.200 agents, a-t-il indiqué.

Pour Bangaly Keïta, l’annonce de la construction d’une nouvelle université publique à Dakar, précisément entre Diamniadio et Sébikotane, pour un coût de 17 milliards de francs déjà disponibles, ''constitue un facteur d’aggravation de ce déséquilibre''.

Il a dénombré cinq universités privées à Dakar : l’Université Dakar Bourguiba, l’Université Amadou Hampaté Bâ, l’Université du Sahel, l’Université El Hadj Ibrahima Niass et Suffolk University.

''La forte concentration d’étudiants à Dakar, avec des bacheliers non orientés, un surpeuplement dans les amphithéâtres et dans les dortoirs, fait penser à la nécessité de baisser les effectifs dans l’enseignement supérieur. Or, le Sénégal se trouve loin de la norme recommandée par l’UNESCO, qui veut que les étudiants représentent 2% de la population totale de chaque pays'', a souligné Bangaly Keïta.

''Autrement dit, le nombre d’étudiants devrait s’élever à 250.000 pour les 12 millions de Sénégalais'', a-t-il expliqué.

''En réalité, et selon la Banque mondiale, le taux d’accès à l’enseignement supérieur est de 4% au Sénégal, alors que le seuil requis est de 50% pour un pays qui aspire à être émergent'', a poursuivi M. Keïta, par ailleurs président de l’Association régionale des chefs d’établissement de Tambacounda.

Il a estimé qu’''à l’image de la politique consistant à la construction de collèges de proximité, le choix de doter chaque capitale régionale d’un centre université régional (CUR) semble être la panacée...''

L’inspecteur d’académie Alioune Ndiaye, représentant le gouverneur à cette table ronde, a fait état de la volonté de l’Etat de ''créer des universités partout dans le pays''. Il a signalé que ''l’Etat a la volonté de stabiliser les universités existantes et d’accroître le nombre de places disponibles, surtout en créant de nouvelles universités et écoles supérieures''.

C'est ainsi que ''l’UCAD sera désengorgée'', avec la création de nouvelles universités dans la banlieue, ainsi que d’universités des métiers (bac+3 ans) dans chaque pôle de développement du pays, en partenariat avec le secteur privé, a indiqué M. Ndiaye.

APS


Samedi 1 Septembre 2012 - 22:11


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1.Posté par alou le 02/09/2012 14:18
monsieur KEITA a raison :il faut un désengorgement de DAKAR.Et la seule stratégie est la construction d'UNIVERSITES dans les régions ,qui est une étape dans notre politique de DECENTRALISATION
http://rewmi.com

2.Posté par rahne le 02/09/2012 15:03
CEST VRAI ON NE PEUT RIEN REALISER QUELQUE CHOSE QUELLE PART SI LES HABITANTS DU TERROIR NE SONT PAS INSTRUITS.CEST LA THEORIE DE MAO qui constitue à instruire dabord les populations pour quelles se prennent en charge .Léducation d'abord
http://rewmi.com

3.Posté par Citoyen le 02/09/2012 21:51
Sauvons l'Université publique sénégalaise du naufrage

Malgré les moyens substantiels mis à la disposition de l'enseignement supérieur de notre pays, les résultats sont qualitativement et quantitativement loin des normes de l'UNESCO. Nos instituions d'enseignement supérieur ont surtout un problème de management (mal gouvernance, corruption, népotisme, dépenses de prestige, gestion solitaire en lieu et place de la gestion démocratique et légale, non respect des lois et des règlements, etc.) avec la complicité active ou passive de la communauté universitaire (avantages indus, intimidations, etc.), des autorités étatiques qui feignent de ne rien savoir pour éviter la confrontation avec ceux (les amis politiques!) qu'ils ont nommé à la tête de ses structures et qui agissent parfois comme des monarques en gérant la chose publique à leur guise. Face à la démission de l’État, chaque corporation cherche une solution pour améliorer ses conditions d'existence et parfois au détriment de la communauté. Cette situation est donc une conséquence de l'inaction de l’État. En effet quand les dirigeants (nommés par le Président) gèrent la chose publique en dehors des normes établies sans être inquiétés le moindre du monde, les syndicats demanderont des chosent hors normes et c'est le début du CHAOS. A l’État de faire l'état de la gestion de ceux qu'il a nommé, punir ceux qui se sont montrés indélicats et récompenser les autres, ensuite il serait facile de demander aux syndicalistes de faire preuve de mesure et enfin sévir dans le respect de la loi si de besoin. Il est temps de restaurer l’État de droit (et donc des devoirs).
L’État ne peut continuer à protéger ceux qui mettent à genou nos institutions d'enseignement supérieur et jeter en pâture les syndicats, je pense que les responsabilités sont partagées.
Des assises avec ceux qui bloquent le système pour des raisons personnelles ou émotives ne serviraient à rien, je proposent des assises des anciens du systèmes pour faire des propositions objectives. Il est souvent difficile d'être juge et parti.

C'est un appel à tous les patriotes de notre pays, il faut un sursaut national si nous voulons léguer un Sénégal émergeant aux générations futures.

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