Pr Ismaéla.M.Fall : 'Le référendum est la seule voie pour modifier l'article 27 de la Constitution'


Pr Ismaéla.M.Fall : 'Le référendum est la seule voie pour modifier l'article 27 de la Constitution'

Les pieds dans le plat. Le constitutionnaliste Ismaéla Madior Fall, enseignant à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar soutient que l'article 27 de la Constitution ne peut être modifié que par le peuple et seulement par voie référendaire. Pour ce spécialiste du droit Constitutionnel, cela ne saurait faire l'objet d'interprétations. Nous vous proposons in extenso le texte.

Source : Nettali

"Il a été annoncé dans le communiqué du Conseil des ministres de la semaine passée le projet de modification de l'article 27 de la Constitution qui prévoit la durée du mandat présidentiel et consacre le principe de la limitation à deux du nombre de mandats que le Président peut exercer. D'après les explications supplémentaires fournies, la révision constitutionnelle envisagée irait dans le sens de l'allongement de la mandature du président de la République de 5 à 7 ans et, par voie de conséquence, de la restauration du septennat qui a été, dans l'histoire du Sénégal, en vigueur entre 1960 et 1963 et de 1992 à 2001. L'évocation de cette question mérite un éclairage qui peut être décliné en trois questions-réponses.

1. Quel est le vrai contenu du vrai texte constitutionnel ?
Dans cette affaire, deux textes ont été présentées à l'opinion : le texte de l'article 27 du projet de Constitution publié dans le JORS n° 5956 du 18 décembre 2000 et qui est détenu et même commenté par de nombreux sénégalais qui se lit « La durée du mandat du Président de la République est de cinq ans. Le mandat est renouvelable une seule fois. Cette disposition ne peut être révisée que par une loi référendaire ou une loi constitutionnelle ». Le second texte qui est le seul valable est la loi n ° 2001-03 du 22 janvier 2001 portant Constitution promulguée et publié dans le JORS n° spécial 5963 du lundi 22 janvier 2001 qui contient la même disposition qui s'arrête à « loi référendaire ». Sur ce point, toute ambigüité doit être éradiquée : le texte qui fait foi est bien la Constitution promulguée le 22 janvier 2001 qui prescrit la voie référendaire comme la seule susceptible d'être empruntée pour opérer un quelconque changement relatif à cet article. Il n'est pas besoin d'être juriste pour savoir qu'un projet de texte n'a aucune valeur juridique et s'efface devant un texte promulgué et entré en vigueur.

2. Quelles sont la signification et la portée de cette disposition ?Pourquoi ce verrou de l'article 27 par un référendum a-t-il été introduit dans la Constitution ?
La réponse se trouve dans l'histoire constitutionnelle du Sénégal en général et l'histoire du statut du Président de la République en particulier. La formule rédactionnelle de l'article 27 de la Constitution approuvée par le peuple sénégalais le 7 janvier 2001 vise deux objectifs : Il s'agit d'abord de stabiliser définitivement le mandat du Président de la République à une durée qui correspond à la respiration démocratique moderne. Par le passé, le mandat du Président de la république a connu une instabilité dans sa durée : 7ans entre 1960 et 1963, 4 ans entre 1963 et 1967, 5 ans entre 1967 et 1992, 7 ans entre 1992 et 2001 et 5 ans à partir de 2001. Après l'alternance, le Constituant a, dans la ferveur démocratique, voulu inscrire la durée du mandat du Président de la République du Sénégal dans une séquence temporelle définitive de 5 ans. C'est une durée qui s'inscrit dans la tendance universelle d'instauration du quinquennat (France et la plupart des pays africains), du quadriennat qui est la norme dans les pays anglo-saxons ou d'un sexennat ou encore d'un septennat mais non renouvelable comme on le voit en Amérique latine. En tous les cas, il est question d'éviter de trop longs règnes comme cela a été décrié puis abandonné en France et dans bien d'autres pays africains comme le Sénégal. A la lumière de ces considérations, vouloir restaurer le septennat qui a été remis en cause par un fort consensus national en 2000 et qui est abandonné par la plupart des pays en modernisation politique procède d'un recul qui ne répond à aucune rationalité démocratique. Au fil de l'évolution des régimes politiques, il est admis que le quinquennat est une bonne mesure conforme à la temporalité républicaine ni trop longue, ni trop courte.

Par ailleurs, l'article 27 vise par ailleurs à sacraliser le principe de la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels qui existe dans la plupart des démocraties qui élisent leur Président au suffrage universel (USA, pays de l'Amérique latine, majorité des pays d'Afrique). La particularité du Sénégal c'est que la clause limitative du nombre de mandats à deux n'a jamais été suivie d'effectivité parce qu'alternativement instituée et remise en cause. C'est ainsi qu'elle a été instituée pour la première fois en 1970 mais remise en cause en 1976, ré-instituée en 1992 et encore remise en cause en 1998. En 2001, s'inscrivant dans une perspective de rupture, le Constituant sénégalais a voulu désormais inscrire le principe de la limitation des mandats présidentiels deux dans le marbre constitutionnel ou à tout le moins le mettre à l'abri de manipulations malsaines, en ne conférant la possibilité de le modifier ou d'y revenir qu'au peuple sénégalais par le biais du référendum. C'est l'une des très rares innovations de la Constitution post alternance. Remettre en cause cette intangibilité somme toute relative d'une disposition aussi importante consiste à ruiner l'apport de la Constitution du 22 janvier 2001 au patrimoine constitutionnel du Sénégal. Il est vrai qu'ici l'intention de garantir la rigidité et l'intangibilité de la clause limitative du nombre de mandats est louable mais moins forte que dans des pays comme la République démocratique du Congo ou la Mauritanie qui ont purement et simplement choisi de proclamer l'impossibilité de toute révision de ladite clause.

3. Une interprétation de l'article est-elle possible pour contourner la voie référendaire ?
Il faut tout de suite répondre par la négative. Certains interprètes ont tenté de faire prévaloir que l'exigence de la révision par voie référendaire nettement affirmée à travers la formule « cette disposition ne peut être révisée que par une loi référendaire » ne s'applique qu'à la deuxième phrase de l'article qui prévoit que « le mandat est renouvelable une seule fois » et non à la deuxième phrase en vertu de laquelle « la durée du mandat du Président de la République est de cinq ans ». Cette interprétation est irrecevable pour deux raisons. Il s'agit d'une disposition claire qui n'a pas besoin d'être interprétée. On n'interprète pas ce qui est clair. Lorsqu'un texte finit d'exposer une disposition (c'est-à-dire une norme ou des règles) et prévoit que cette disposition (c'est-à-dire en l'occurrence la fixation de la durée du mandat à 5 ans et la limitation des mandats deux) ne peut être révisée que par une loi référendaire, il n'y a place à interprétation, même pour les exégètes les plus passionnés. L'erreur des interprètes défendant la thèse d'une possible interprétation résulte du fait qu'ils ont considéré que les deux règles énoncées (quinquennat et limitation des mandats) sont dans deux alinéas différents (la première règle dans l'alinéa dans 1er et la seconde règle dans le second alinéa) et que la disposition imposant le référendum, par une proximité grammaticale et rédactionnelle avec le second alinéa, ne s'appliquerait qu'à ce dernier. Il s'agit d'une erreur monumentale parce que les deux règles se trouvent enfermées de façon ferme dans un seul et même alinéa. En effet, les deux phrases se suivent sur la même ligne. Donc, l'exigence du référendum contenue à l'article 27 in fine s'applique aux deux règles énoncées plus haut dans l'unique alinéa précédent. Au total, aussi bien la modification de la règle du quinquennat que celle de la clause limitative du nombre de mandats présidentiels requièrent la consultation du peuple sénégalais seul habilité à en décider par le biais d'un référendum.

Prof. Ismaila Madior Fall Agrégé des Facultés de droit Université Cheikh Anta Diop


Mardi 13 Mai 2008 - 11:54
Mercredi 14 Mai 2008 - 00:53
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1. Posté par Le JUGE le 13/05/2008 12:04
LES MERITES DU PATRIARCHE.

A tous ceux qui doutent encore des vertus du vieux (mais surtout à tous les autres)

« L'espoir n'est rien d'autre que la quintessence des illusions humaines ».

Le Jugement « d'alerte » du JUGE

Il y a maintenant huit bonnes années que nous avons admirablement réussi à changer le cours des choses dans notre « formidable » pays.

Aujourd'hui, certains considèrent le grand espoir que nous avons eu à l'époque, suite à cet exploit, comme étant la plus grande naïveté collective qui s'est emparée de notre peuple, en un moment donné de son laborieux parcours.

Ils estiment que nous avions placé plus d'espérance qu'il ne fallait dans une simple « bulle d'air » qui est en train de nous renvoyer avec une certaine ironie, tous les éclats de son abominable mirage.

Pourtant, le choix que nous avions opéré était bel et bien la bonne décision à prendre.

En effet, personne ne peut disconvenir que ce changement fulgurant, était un moment annonciateur d'une véritable transmutation salutaire, pour peu que nous étions capables de la conduire convenablement jusqu'à terme.

Et dans cette évolution, qui avait fasciné tant de monde à commencer par nous-mêmes, le vieux a eu tout le mérite parce qu'ayant été l'artisan incontestable.

Alors, il faut admettre que le génie politique de ce combattant infatigable nous a valu le revirement spectaculaire qui a inauguré une ère nouvelle dans la vie de notre jeune nation.

Certes, il est possible de lui reprocher bien des choses, mais pas un manque d'initiatives et de détermination dans la recherche de solutions aux problèmes qui nous accablent de toutes parts.

Au contraire, ce sont des choses qui coulent à profusion chez lui constituant ainsi des rampes solides sur lesquelles nous aurions pu nous adosser pour sortir honorablement de notre enlisement collectif.

Alors, on peut dire que si nous sommes encore en train de patauger dans la « boue » et de marquer le pas devant notre propre histoire, c'est plus par notre faute que par la sienne.

Nous qui refusons avec acharnement de le suivre dans cette course dont, malgré son âge, il porte courageusement la flamme depuis tant d'années déjà.

EN VERITE, L'AUTEUR DES « IDEES GENIALES » NE « COURT PAS PLUS VITE QUE TOUT LE MONDE », C'EST LUI SEUL QUI COURT SANS LES AUTRES.

Le patriarche se bat comme il peut, conformément à sa propre tradition, avec une telle suite dans les idées et sans jamais baisser les bras.

Pour cela, il serait plus juste de glorifier sa disponibilité d'avoir accepté de porter, avec bravoure, le bel étendard de la nation en cherchant, vaille que vaille, à nous conduire hors des sentiers de l'égarement fatal.

C'est très dommage que personne ne tente, réellement, de comprendre les raisons profondes de son inlassable combat.

ET S'IL ETAIT VRAIMENT « LE MAITRE DES CLES ».

Certainement, avec son engagement et son opiniâtreté indéfectibles, le Sénégal aurait pu connaître ses « années glorieuses ».

Encore, faudrait il que nous soyons tous « dans la course » qu'il mène sans relâche et que nous fassions l'effort d'en déchiffrer le sens.

Ainsi, le pays de la Térranga serait, au moins, en mesure de résoudre la misère de masse qui malmène si tristement son peuple meurtri.

BON COURAGE POUR LA SUITE, EXCELLENCE, C'EST SUR QUE LA POSTERITE VOUS VAUDRA TOUS CES GESTES DE GENEROSITE.

Tôt ou tard, les nobles dévouements entrepris en faveur des siens finissent toujours par être admis et justement récompensés, ne L'OUBLIEZ JAMAIS !


Le JUGE


talamy5@yahoo.fr




2. Posté par bobodiouf le 13/05/2008 12:24
c'est juste pour laisser le temps à son fils de se faire accepter par les sénégalais (bombardé à la RTS à longueur de journée) et de se préparer financièrement.Tout qu'il a déjà dérobé doit être gardé au chaud pour la survie de la famille ; il lui faut du temps pour se constituer un package important en mendiant par ci par là, ms surtout en ne crachant sur RIEN (marché de gré à gré, etc.) pour corrompre les imbéciles qui vendent leur carte d'électeur et leur destinée avec pour 5 000 ou 10 000 CFA au plus

3. Posté par MARVEL le 13/05/2008 12:45


Bonjour

Professeur Fall, ce que vous dites est on ne peut plus clair, et franchement tout le monde d'un minimum instruit, l'entrée en 6ème suffit, en est déjà convaincu.

Mais là n'est pas le problème. Il est tout simplement inutile de parler de loi et de constitution avec un ignare comme Wade. Avez-vous déjà vu quelque chose arrêter cette vermine ? Même si la constitution disait en son article 1er qu'on ne peut se présenter à plus de 80 ans ou 90 ans, ou bien qu'il faut être un être humain pour être présidentiable et non un singe, il suffit qu'il secoue sa lesse qui tient les toutous qu'il a semés un peu partout à l'assemblée, au Sénat, dans la magistrature, etc..., et ils modifieront tout ce qu'il y'a à modifier juste pour la consommation internationale car Wade s'en fout de ce que pense les sénégalais.

Toute cette esthétique qu'il met parfois pour donner un semblant de légalité à ses délires, ce n'est que par rapport à la communauté internationale car il se dit qu'il gouverne des moutons et des chèvres. Il est vrai que les membres de son PDS lui donnent quotidiennement cette impression.

Il demanderait à son troupeau de rats d'égouts de compléter un article de la constitution par ce ceci :
""""la fonction de président ne doit pas se limiter qu'aux êtres humains et aux personnes de moins de 100 ans. Les singes, les enfants de singes, fussent-ils homo, sont tout aussi présidentiables que tout autre être humain""""
Et le lendemain, une cession extraordinaire sera convoquée pour voter cette loi modifiant la constitution.

C'est vraiment avoir du temps à perdre que de parler de légalité ou de constitutionnalité avec quelqu'un qui ne vous considère même pas comme des êtres humains, oubliant que c'est lui le singe.
Il ne comprendra qu'une chose, sentir qu'il va se faire liquider. Les voies légales et républicaines le font marrer tout au plus.

A bon entendeur.

MARVEL
marvel@hotmail.fr

4. Posté par TAMOU le 13/05/2008 12:52
CINQ ANS OU SEPT ANS NOTRE PRINCE KARIM SERA AU POUVOIR S IL PLAIT A DIEU CAR CELA PLAIT DEJA AU PUBLIC ET DIEU NE FAIT QU EXHAUSSER NOTRE DESIR.
ACTUELLEMENT AVEC L AMOUR SINCERE QUE NOUS AVONS VIS A VIS D PRESIDENT WADE DONC TRANSITIVEMENT NOUS NE POUVONS QU ADORERSON FILS QUI NOTRE NOTRE FUTUR PRESIDENT.
VOUS SAVEZ POURQUOI JE DIS CELA C EST PARCEQUE TOUT A CONSTATE OCCULAIREMENT ET AUDITIVEMENT QUE KARIM WADE EST UN HOMME FUTURISTE.
EN UN TEMPS RECORD LE VISAGE DU SENEGAL A PARFAITEMENT CHANGE AVREC L AIDE DE CERTAINES PERSONNALITES REPRESENTANT UNE DENREE RARE COMME MADIOR SYLLA ET BALDE.
TAMOU45@YAHOO.FR

5. Posté par THIERNO le 13/05/2008 14:42
Monsieur Fall il faut avant de tirer une conclusion définitive explorer toutes les possibilités d'interprétation des textes juridiques. Il ne faut pas oublier que l'erreur matérielle existe, et s'il est prouvé qu'il y a eu une omission entre le projet de loi constitutionnelle qui prévoyait une possible révision par une loi constitunelle et le texte définitif adopté en plénière, il y a bel et bien possibilité d'interpréter cette disposition constitutionnelle. A moins que cette précision portant sur l'utilisation d'une loi constitutionnelle pour la révision ne soit délibérément enlever par les députés lors du vote.

6. Posté par Almufti Akbar le 13/05/2008 14:53
après quelqu'un qui a proposé à wade de tout dissoudre, je propose wade-PRESIDENT-A-VIE, peut-être quà partir de ce moment, il sera rassuré et se mettra enfin au travail. Sinon sa vie faite d'échec sera un gâchis pour tout ce que ses pauvres parents ont fait pour lui et tout ce que l'état a dépensé et dépense encore pour lui.

7. Posté par mangala le 13/05/2008 19:09
professeur, des gens comme vous doivent aider en donnant les info nécessaires, comme tu viens de faire; mais: "loo kham thi kou repp thi kharé? nous ne sommes ni des moutons, ni des chèvres, mais au contraire! et nous laissons mouton pisser: Tabaski viendra

8. Posté par khutub le 13/05/2008 19:52
C'est juste, Professeur. Mais que faire devant l'homme-Constitution qu'est WADE? Touss! Darah!

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