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RELAXE DES 9 HOMOSEXUELS CONDAMNES A 8 ANS FERME : Dakar a-t-il cédé à la pression internationale ?le Mardi 21 Avril 2009 à 03:27 | Lu 2081 fois
Les neuf Sénégalais, condamnés en janvier à dernier, à 8 ans de prison ferme pour homosexualité, ont été relaxés hier, lundi 20 avril, suite à une décision de la Cour d'appel de Dakar qui a annulé la procédure judiciaire. La condamnation de ces homosexuels avait suscité beaucoup de commentaire, surtout en France, où le Chef de l’Etat avait rédigé un communiqué pour contester contre l’arrêt de ces jeunes, sous prétexte de défense des Droits de l’Homme. En plus de la réaction de Nicolas Sarkozy, toute la presse française et les Organismes de défense des Droits de l’Homme se sont investis dans le combat pour la libération de ces homosexuels.
C’est le président de la Cour d'appel de Dakar, Bara Niang, qui a annoncé hier matin que le Tribunal a pris la décision d’annuler le «procès-verbal d'enquête et de la procédure subséquente». Ce qui a, ainsi, entraîné la levée des mandats de dépôt contre le neuf homosexuels, dont la tranche d’âge varie entre 28 et 30 ans. Ils avaient été condamnés, le 7 janvier dernier, pour «acte impudique et contre-nature et association de malfaiteurs». Ils ont été appréhendés au quartier de Mbao, situé à quelques kilomètres de Dakar. Pour rappel, c’est dans ce quartier qu’a eu lieu le mariage des homosexuels, suivi de l’arrestation de Pape Mbaye, présentement au Usa. Selon les avocats de ces jeunes… hommes, il n’est pas utile de se prononcer sur le fonds du dossier, au vu des «nombreuses exceptions de nullité». A en croire les avocats de la défense, il n’y a pas de flagrant délit dans le dossier. «Suite à une dénonciation anonyme par téléphone, la police avait fait une descente, en pleine nuit, dans un appartement privé. Et le principal accusé, dirigeant d'une association de lutte contre le sida, était allé ouvrir», a relaté l'un des avocats, Me Issa Diop, interrogé par les confrères de l'Agence France Presse (Afp). Selon le même avocat, «il a été avancé que ces hommes avaient été trouvés en pleins ébats, mais c'est faux. La police a saisi des objets et des téléphones portables avec des photos, et s'est basée sur cela pour monter un dossier». RETOUR SUR LES FAITS C’est en janvier que ces jeunes avaient écopé de huit ans de prison ferme et 500.000 Fcfa (760 euros) d'amende chacun. «Association de malfaiteurs» et pratique à des actes contre-nature, tels sont les délits brandis par la Justice, après une dénonciation des voisins de ces jeunes. «La décision rendue, ce lundi, nous réconforte et nous conforte dans notre position que la Justice sénégalaise est objective et sereine. Elle a jugé en toute responsabilité et non pas en fonction d'injonctions extérieures», a estimé Me Sy. Lorsque cette affaire a éclaté, des organisations de défense des Droits humains et de lutte contre le sida avaient invité les autorités sénégalaises à décriminaliser l'homosexualité. Le président de la République française, Nicolas Sarkozy, avait, quant à lui, exprimé son : «émotion» et sa «préoccupation». Rappelons que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, est un homosexuel. Toute la presse française s’était intéressée à cette affaire, surtout lorsque le président Sarkozy a pris position, le 7 janvier dernier. Il s'agit de la peine la plus lourde jamais infligée à des homosexuels au Sénégal. Après la condamnation des neufs jeunes homosexuels, mardi dernier, «les associations gays de Dakar (en existe-t-il vraiment ?), ont protesté contre ce verdict» et se disaient «découragées», avait déclaré la correspondante de la Rfi, Julie Vandal, dans sa correspondance. Pour Me Issa Diop, un des avocats des accusés, joint par cette même radio française, «il y a une volonté délibérée de sanctionner ces jeunes. Le juge a pratiquement criminalisé les faits». Du côté des associations gays sénégalaises, on se dit «découragé par cette nouvelle condamnation». Le président d’une de ces associations a déclaré : «C’est discriminant ! Beaucoup de personnes ont déjà fui vers des pays voisins, car nos conditions de vie vont de mal en pis». La correspondante de la Rfi avait d’ailleurs interrogé Khady Ndiaye, Directrice exécutive nationale de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), qui avait déploré, depuis Dakar, cette condamnation et s’inquiète de la situation des homosexuels au Sénégal. Khady Ndiaye a déclaré : «Nous déplorons l'homophobie de plus en plus grandissante au Sénégal». Plus loin, Rfi a pris le soin d’interroger une avocate camerounaise, Alice Nkom. Cette dernière, qui préside l'Association de Défense des Droits des Homosexuels (Adefho). Répondant à la question de la Rfi, l’avocate Alice Nkom a soutenu que «quand j’ai entendu cette nouvelle, ce matin, je me croyais en Iran ou dans n’importe quel autre pays, mais certainement pas au Sénégal, qui est un pays de liberté !». A quoi doit mener la liberté, si c’et pour pervertir la morale ? Mardi 21 Avril 2009 - 03:27
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