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Réduction de 30% de la pauvreté d'ici 2015 la faible croissance risque de compromettre les projections

Le taux de croissance de 4,8 % enregistré en 2007 est jugé insuffisant par rapport aux objectifs de 7 à 8 % nécessaires pour réduire la pauvreté de moitié à l’horizon 2015. La mise en application du Document stratégique de réduction de la pauvreté (Dsrp2) n’a pas encore eu l’effet escompté surtout en milieu rural. L’effectivité de la Stratégie de croissance accélérée (Sca) se pose comme alternative.

Source : sudonline


Réduction de 30% de la pauvreté d'ici 2015  la faible croissance risque de compromettre les projections
Les stratégies de lutte contre la pauvreté continuent d’accuser des écarts par rapport aux attentes des populations les plus vulnérables. L’évaluation du Document de stratégie de réduction de la pauvreté (Dsrp 2), réactualisé en 2006 pour couvrir la période 2006-2010, montre que la pauvreté est loin d’être vaincue malgré les initiatives et moyens annoncés. La première revue conjointe du Dsrp 2 a permis au ministre d’État, ministre de l’Economie et des finances, Abdoulaye Diop, d’indiquer que les autorités sont conscientes que le taux de croissance enregistré en 2007 reste insuffisant, surtout en rapport avec les objectifs de 7 à 8 % nécessaires pour réduire la pauvreté de moitié à l’horizon 2015.

Évaluant la mise en œuvre du Dsrp en 2007, le ministre d’État a fait savoir que les indicateurs du secteur ont connu une évolution malgré la persistance des chocs externes avec un taux de croissance évalué à 4,8 %, un taux d’investissement de 28,1 % et un bon niveau de recouvrement des recettes fiscales. A l’en croire, ces résultats ont permis l’augmentation des dépenses en capital sur ressources internes qui représentent 65 % des dépenses totales en capital. Malgré cette prouesse, la pauvreté continue toujours de frapper les populations surtout en milieu rural où, selon le représentant de la banque mondiale à la revue conjointe, 71 % des ménages sont touchés. La société civile pense qu’en matière de finances publiques, il faut s’interroger sur l’impact de la progression des recettes dans la lutte contre la pauvreté.

Partenaires techniques et financiers, secteur privé, société civile optimiste mais…

Les Partenaires techniques et financiers (Ptf) qui ont relevé certaines avancées réalisées dans la mise en œuvre du Dsrp2 ont tenu à attirer l’attention du gouvernement sur le risque de ne pas pouvoir atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) à l’horizon 2015. La société civile pense que « la situation économique en fin 2007 et début 2008 suscite beaucoup d’inquiétudes avec la hausse des denrées de première nécessité, la mauvaise campagne agricole… » Parlant au nom du secteur privé, Mor Talla Kane, après avoir jugé « problématique » le retard accusé dans la mise en œuvre de la Stratégie de croissance accélérée (Sca), a indiqué que « le taux de réalisation en matière énergétique n’est pas rassurant ». Ainsi, se félicitant des engagements du Sénégal vis-à-vis du Fonds monétaire international (Fmi), le chef de la délégation de la Commission européenne au Sénégal Dakar, Gilles Hervio, face à cette kyrielle de crises, s’est demandé si réellement l’État pourra continuer à supporter la politique de subvention. Pour lui, les subventions doivent se faire d’une manière beaucoup plus ciblée pour mieux toucher les couches vulnérables.

Sur la même lancée, le représentant résident du Fmi, Alex Ségura, a indiqué que les subventions impactent plus sur le budget de l’État que sur les populations pauvres. Il pense que « l’État n’est pas en faillite mais sans mesures correctives, il aurait des problèmes ». Rappelant le problème de la dette intérieure qui « asphyxie » le secteur privé, M. Ségura a recommandé à l’État de résoudre ce problème et a insisté sur la nécessité d’améliorer l’efficacité des dépenses dans les secteurs sociaux.

La Sca comme alternative

Après avoir souligné les écarts notés dans la mise en œuvre du Dsrp2, des propositions ont été faites pour espérer rendre plus accessibles les services sociaux de base et aider à la création de richesses. Le représentant du secteur privé a relevé la nécessité de renforcer les efforts dans le processus d’améliorer l’attractivité du climat des affaires.

A son avis, la situation de crise doit susciter une solidarité sous-régionale avec l’interconnexion des réseaux d’énergie et la mise en place d’une bourse céréalière. A cela, Mor Talla Kane a ajouté la création d’un observatoire de suivi du Dsrp. Même son de cloche pour le représentant des collectivités locales qui a plaidé pour une campagne de sensibilisation afin que la Sca soit comprise et acceptée par les populations. Le représentant de la Banque mondiale, de son côté, pense que l’accent doit être mis sur la Sca pour espérer atteindre un taux de croissance qui fera du Sénégal un pays émergent. Quant au chef de la délégation de la Commission européenne au Sénégal, il a suggéré qu’un accent soit mis sur le monde rural.

Pour lui, la résolution des problèmes de l’agriculture ne doit pas seulement être analysée sous l’angle de la crise, mais sous celui de l’ensemble du secteur agricole y compris l’arachide, le coton et la question du foncier. Dans la même veine, le représentant de la banque mondiale pense que la relance de la production agricole passe nécessairement, entre autres points, par l’accélération du processus de décentralisation, la mise en œuvre de la loi d’orientation agrosylvopastorale.

Devant cet intérêt que les partenaires techniques et financiers ont manifesté sur la question agricole, le Premier ministre, Cheikh Hadjibou Soumaré n’a pas hésité à demander aux partenaires techniques et financiers à ce que le reliquat des ressources non affectées, issues des engagements du Groupe consultatif, d’un montant de 459,05 milliards de FCfa, soit orienté en priorité pour le financement de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana).

Une enveloppe qui, selon lui, devra également prendre en compte les mesures d’urgence envisagées pour atténuer les répercussions de la flambée des prix du pétrole et des céréales sur les populations, notamment les plus démunies. Toujours sur la Goana, le ministre de l’Agriculture, Amath Sall, a affirmé que ce programme s’exécute dans « un environnement inconfortable parce que l’apport massif attendu des partenaires au développement n’est pas encore reçu ».

Mercredi 02 Juillet 2008 - 13:57
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