Le déficit d'information et de communication est un abat-jour aux brevets d'invention que l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) délivre à nos compatriotes. En effet, ce potentiel d'invention est mal connu des investisseurs alors que l'exploitation des inventions et innovations technologiques permet aussi bien aux créateurs qu'aux seconds nommés de faire du profit. Toutefois, il est clair qu'en matière d'exploitation de ce genre de produits, c'est l'investisseur qui court le plus grand risque. La rencontre Inventeurs-Investisseurs d'hier, initiée par l'Association sénégalaise pour la promotion des inventions et innovations technologiques (Aspi), en partenariat avec l'Agence sénégalaise de promotion pour l'innovation technologique (Asit) et le Centre régional africain de technologie (Crat), s'inscrit dans une logique d'opportunité de partenariat d'affaires entre les deux parties. Le président de l'Aspi, Sanoussi Diakité fait remarquer qu'au Sénégal, ‘les investisseurs n'ont pas le réflexe d'aller à la recherche de brevets pour amener les inventions sur le marché'. C'est pourquoi, le chemin inverse a été adopté afin que les produits de la recherche aillent vers de potentiels partenaires financiers. Ainsi, 17 œuvres destinées, de façon générale, à la transformation agroalimentaire, à l'agriculture, à l'aviculture, à l'agro-industrie, etc, ont été présentées par les participants à la rencontre. Pour témoigner de l'ingéniosité des Sénégalais, M. Diakité soutient qu'un bon nombre d'inventions sans propriété intellectuelle sont disponibles et utilisables par tous. Aussi, informe-t-il que l'Aspi ne se contente pas seulement d'accompagner les créateurs consacrés. L'association cherche aussi à susciter l'engouement des jeunes vers la recherche et la création.
Par ailleurs, le ministre d'Etat, ministre des Mines, de l'Industrie et des Pme, Ousmane Ngom, venu présider la rencontre, s'est dit convaincu que l'invention et l'innovation technologiques sont essentielles pour ‘combler le gap qui sépare nos économies de celles des pays développés ou autres nations émergentes'. Le ministre de tutelle reconnaît que, même si les inventeurs sénégalais se font distinguer lors des foires et salons africains et mondiaux organisés par l'Oapi et l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi), il reste qu''il y a un hiatus entre ces performances et la vulgarisation, la valorisation et l'utilisation optimale des résultats de recherches par la communauté industrielle, économique, scientifique et sociale'. C'est pourquoi, Ousmane Ngom prône ‘une véritable culture de partenariat' entre les différents acteurs et inventeurs. Car ‘il faut que les inventeurs sénégalais qui ont apporté des solutions technologiques à des problèmes vitaux de développement soient en partenariat avec les opérateurs économiques'.
La rencontre Inventeurs-Investisseurs a, par ailleurs, été l'occasion pour le ministre de tutelle de décliner cette ambition du gouvernement de restaurer le ‘Grand prix du président de la République pour l'invention et l'innovation technologiques' et ‘l'Oscar national de la Qualité'. Deux outils de promotion qui peuvent favoriser l'émulation chez les inventeurs.
Pour sa part, le secrétaire permanent de la Stratégie de croissance accélérée, Ibrahima Wade, a promis d'appuyer les inventions qui ont été présentées au cours de la rencontre non sans annoncer la disponibilité en 2009 du Fonds de soutien à la compétitivité. Un fonds qui va, également, soutenir l'innovation pour permettre aux inventions locales d'être plus améliorées et compétitives sur le marché.