Le Sénat n’est plus. Le projet de loi portant sa suppression et celle du poste de vice-présidence et la création du conseil économique, social et environnemental a été approuvé, hier, à Dakar. Sur les 250 parlementaires, composés par 150 députés de l’Assemblée Nationale et 100 membres du Sénat, seulement, 176 ont voté pour l’adoption de cette loi dont 168 à main levée et 8 autres par procuration. Les inondations ont frappé, cette année, beaucoup de localités, au Sénégal. Face à cette catastrophe naturelle, l’Etat se retrouve devant des situations urgentes et il est impérieux de procéder à des économies budgétaires. C’est ainsi qu’un projet de loi portant suppression du Sénat et du poste de vice-présidence a été proposé par le président de la République, Macky Sall, aux parlementaires, pour que le budget du Sénat soit affecté aux secours, pour venir à bout des inondations. Venue présider le congrès, Mme Aminata Touré, ministre de la justice, garde des sceaux, informe que cette modification de la Constitution entre dans le cadre de la rationalisation des dépenses publiques et des institutions et que les compétences du Sénat seront dévolues à l’Assemblée Nationale.
En revanche, les sénateurs et les députés libéraux ne sont pas d’avis. Car, les sénateurs, mardi dernier, avaient rejeté ce projet de loi, 9 opposants avaient voté contre. Et il y’avait eu deux abstentions. Il a fallu attendre, hier, que le président du Sénat, Pape Diop, évoque le vote du projet de loi, pour que les députés libéraux et démocrates et les sénateurs sortent de la salle, jugeant ce projet de loi « illégal ». La non-participation de ces députés libéraux et démocrates au scrutin s’explique, selon le Député Modou Diagne Fada, par le fait que l’exécutif soit intervenu sur le législatif. Ceci, poursuit-il, est la « raison pour laquelle notre participation à ce vote va poser beaucoup de problème. Car, nous ne prônons pas l’inégalité ». Au moment où les libéraux et les sénateurs manifestaient leur mécontentement, Me El Hadji Diouf se réjouissait de la suppression du Sénat et de la vice-présidence, estimant qu’ils étaient en train d’écrire les plus belles pages de l’histoire du Sénégal, en supprimant le Sénat et le poste de vice-présidence.
Cheikh Moussa SARR
(Stagiaire)
REWMI QUOTIDIEN