La préoccupation partagée dans le monde rural, en ce mois de juillet, est celle relative à l’engrais que l’Etat subventionne pour les paysans. Attendus depuis deux semaines, ces intrants constituent une véritable nécessité pour leurs récoltes. Dans les champs visités, le mil et l’arachide, principales cultures, sont en stade avancé. Et comme il est de tradition, quinze jours après les semis, les cultures doivent recevoir les premiers grains d’engrais. Dès lors, ce retard met les paysans dans une angoisse. Par contre, leurs voisins de champs, sont loin de cette situation. Ils ont reçu près de huit cent sacs d’engrais, répartis entre les différentes organisations paysannes, regroupées en Gie et supervisées par une Ong américaine, Clusa. Au niveau du « séko » de Djilor, les préposés à la distribution des produits agricoles sont au même niveau d’information que les agriculteurs. Ils ne savent rien des causes du retard. Leur préoccupation actuelle est, nous dit-on, l’attente d’un camion de semis d’arachide. Encore que là aussi, des grincements de dents sont entendus. Pour ce paysan de Dagasoukoum, « la distribution des semis pour cette année est catastrophique. Pour l’arachide, les sacs enlevés au niveau du grenier ne sont que des pourritures. Mon stock est toujours à la maison. Pour le maïs, la qualité distribuée est insuffisante ». Pour cette dernière denrée, certains déplorent l’attitude des commerçants de la zone qui achètent le sac à cinq mille francs, pour le revendre au double. Ce qui crée une situation de manque. Tout compte fait, dans la région de Fatick, aucune organisation paysanne n’a encore reçu de l’engrais. Dernièrement, la société qui a gagné le marché de distribution, a augmenté ses prix. Ce qui a, certainement, créé un désordre financier pour l’Etat, qui subventionne, à hauteur de 40%, le prix de l’engrais. Cependant, d’après les techniciens agricoles, rien n’est encore perdu. S’empressant de préciser, que d’ici à dix jours, si tout est en place, les cultures ne seront affectées.
Pape Amadou Gaye
REWMI QUOTIDIEN