Le Conseil des ministres avait examiné le projet de décret portant suspension de l’exportation de la ferraille et des produits sous ferreux. Mais, si cette mesure avait rencontré l’adéquation de bon nombre d’acteurs, le syndicat des ferrailleurs, brocanteurs et recycleurs du Sénégal a systématiquement récusé la mesure. Selon Maouloud Diakhaté, membre du syndicat, l’exportation de la ferraille concerne plus de 18.000 citoyens, à travers le Sénégal. Et selon des statistiques, plus de 1250 containers pour une quantité avoisinant 25.000 tonnes de ferraille collectée par tous les éléments qui interviennent directement dans ce secteur, sont répertoriés mensuellement. Et, la tonne de ferraille étant de 130.000 FCFA, donnant mensuellement plus de 3,60 milliards, c'est très bénéfique à l’économie nationale.
En outre, a-t-il ajouté, la société chargée de l’exploitation de la ferraille au Sénégal, la Sometra a un besoin limité en ferraille, ce qui fait que les acteurs se retrouveront, si la mesure est appliquée, avec le restant de leur production entre leur main, ce qui impactera négativement sur leur activités.
Ayant rencontré le ministre de tutelle qui leur a promis de revoir, avec le président de la République, l’issue à donner à cette affaire, les syndicalistes se disent indignés par la sortie de Mata Sy Diallo qui accuse l’origine délictueuse de la ferraille, comme une cause de la mesure au blocage de l’exportation. Pape Aly Faye, membre du syndicat, de noter, à cet effet, que l’approche du ministre n’a pas été bonne et qu’un ministre de la République ne devrait réagir ainsi. « C’est un épiphénomène, le vol de la ferraille, dans ce secteur. En plus, c’est l’Etat qui doit réguler ce secteur, pas nous. 99% de la ferraille que nous exportons, est licite et vous n’y trouverez ni glissière ni couvercle d’égout. On a des contrats que l’on signe avec nos compagnies qui effectuent l’exportation, les arguments du ministre ne tiennent pas la route », précise-t-il. Le syndicat entend, enfin, si jamais la mesure était appliquée, saisir tous les chefs religieux et ensuite, tenir une réunion de crise, pour donner une suite à cette affaire.
Mamadou DIOUF
REWMI QUOTIDIEN