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Secka, artiste musicien : « Je fais partie des premiers à faire du Tassou »le Mardi 14 Août 2012 à 08:21 | Lu 2315 fois
Mamadou Seck ne passe pas inaperçu. Reconnaissable par sa taille élancée, Secka n’en est pas moins grand par son talent. Virtuose du « tassou », genre musical qu’il a été l’un des premiers à promouvoir, «l’enfant de Thiaroye» a fini par accorder tout le monde sur la maitrise de son art. En attestent ses multiples duos avec les plus grands musiciens qui le sollicitent, pour sa voix caverneuse. A travers cet entretien qu’il nous a accordé, l’auteur de « Kaay Wane Mako » nous parle de sa carrière, de la nomination de Youssou Ndour, à la tête de ce département, de l’homosexualité dans le showbiz, du phénomène du maraboutage, entre autres.On vous trouve en pleine partie de belote. Est-ce votre dada ? Chez moi, ça se passe comme ça. Je suis de la banlieue. Si je ne suis pas en Europe, on s’adonne entre potes à des parties de belotte, jusqu’à trois heures du matin. Cela fait longtemps que vous n'avez pas fait de production… Je suis en studio, en préparation de la sortie de mon album. Le Ramadan est notre congé, on met à profit cette période, pour se remettre en question et préparer des surprises à nos fans, pour la Korité. D’aucuns disent que c’est le « roi du tassou » qui vous a éclipsé, avec sa dernière production qui cartonne. Qui est le « roi du tassou » ? Il se dit que c’est Pape Thiopet. Pape Thiopet est mon jeune frère. S’il est « roi du tassou », je prie Dieu que ça lui porte bonheur, c’est tout ce que j’ai à dire. Comment expliquez-vous votre absence, alors ? C’est ma manière de travailler. J’ai choisi de prendre du recul, pour mieux sauter, par la suite et revenir en force. Quel bilan faites-vous de votre carrière ? Je fais partie des premiers à faire du « tassou ». J’en suis un des précurseurs. Je ne suis pas impatient. Actuellement, je gère tranquillement ma carrière, avec mon groupe et je mène mon bonhomme de chemin, lentement mais sûrement. Comment vivez-vous votre succès ? Je ne suis pas le meilleur mais non plus, je ne suis pas le dernier dans ce que je fais. Je sais que je fais partie des meilleurs. Aujourd’hui, je peux dire que j’ai réussi car, j’ai balisé la voie à plusieurs jeunes qui copient sur moi. J’en rends grâce à Dieu. Ce n’est pas pour rien aujourd’hui que tous les grands musiciens de ce pays me sollicitent pour des duos. C’est une très grande satisfaction pour moi. Quel est le duo qui vous a le plus marqué, jusque-là ? Tous les duos m’ont plu. Récemment, j’en ai fait avec Waly Seck et Adiouza. Mais, celui que j’ai fait avec Kiné Lam a une saveur particulière pour moi. Le fait qu’une diva comme elle vienne me solliciter, m’a beaucoup touché. Ça me revigore et m’encourage. Le « tassou » est l’apanage des femmes. Certains n’hésitent pas à taxer les « tassou kat » d’homosexuels. En avez-vous été victime ? Les Mbalakh-men qu’on accuse d’être des homosexuels sont plus nombreux que les « tassoukat ». Ça dépend da la manière dont on fait le « tassou ». Quand on m’entend parler, personne n’ose dire que je suis un pédé. On sait que c’est un vrai mec qui s’exprime. On critique souvent vos chansons d’avoir une connotation vulgaire. Etes-vous d’avis ? Les gens ne comprennent pas. J’ai mon style qui m’est propre. Je n’ai jamais insulté, je n’ai jamais dit du mal dans mes chansons. Je suis un musulman. Toutefois, c’est ma façon à moi de chanter. Les gens sont libres d’interpréter mes chansons comme ils le veulent. Je ne suis pas fautif, si mes chansons font l’objet de polémique ou créent le buzz. Je sais que je ne dis jamais de mauvaises choses dans mes chansons. Et, ce n’est pas la fin du monde, si les gens me critiquent pour ça. Est-ce que le « tassou » est exportable en Europe ? Bien sûr qui oui. Si ce n’était pas le cas, les producteurs n’allaient pas faire appel à moi pour des tournées partout à travers le monde. Youssou Ndour, ministre de la Culture, qu’est-ce que cela vous inspire ? On s’en réjouit. Il était dit que Youssou Ndour allait devenir ministre. C’était son destin, on ne peut que lui souhaiter plein succès dans sa mission. Il a certes du pain sur la planche mais, les artistes doivent aussi se battre, chacun, dans le domaine où il excelle. Le progrès doit commencer par le musicien, lui-même. Aide-toi et le Ciel t’aidera. Le musicien doit se battre, avant d’attendre, quoi que ce soit, du ministre. Qu’attendez-vous concrètement de Youssou Ndour ? Nous prions qu’il fasse mieux que M. Lèye car, actuellement, il est aux commandes. C’est tout le mal que nous lui souhaitons. Sa victoire est la nôtre. On lui souhaite plein succès. Car, quoi qu’on puisse dire, Youssou Ndour reste une référence, pour tout sénégalais. Que pensez-vous du maraboutage entre artistes musiciens ? Je suis un croyant. Je crois, dur comme fer, que personne, à part Dieu, ne peut rien contre moi. Je mets tout sur le compte de la volonté divine. Je ne crois pas à ces histoires de maraboutage, je ne dis pas que ça n’existe pas. Seulement, je n’y crois pas. Il parait que vous avez beaucoup de succès auprès des dames. Qu’en est-il exactement ? On ne peut y échapper. Les jeunes filles courtisent des anonymes, à plus forte raison, nous qui sommes au devant de la scène. Toutefois, nous savons gérer tout cela. Nous sommes des références et des modèles. On n’a pas droit à l’erreur. Je ne suis pas grisé par le succès. Je sais comment gérer ça. Mais, on ne peut pas rejeter nos fans. Comment votre épouse apprécie-t-elle tout cela ? Ma femme est très compréhensive, elle me soutient beaucoup dans mon travail. Vous m’avez trouvé en sa compagnie. Je la chante, sous tous les toits, preuve que je l’aime, par-dessus tout. Vous collaborez souvent avec Pape Diouf qu’on dit le nouveau « roi du Mbalakh ». Etes-vous d’accord ? Pape Diouf est quelqu’un de bien. Il n’est pas méchant. Il a un cœur extraordinaire. Il mérite amplement son succès. C’est un excellent chanteur, sans doute, le meilleur de sa génération. Il sait également manager son groupe. On a voyagé ensemble à l’extérieur, j’en sais quelque chose. L’avenir de la musique sénégalaise est entre ses mains. Ceux qui l’avaient devancé peuvent surveiller leurs arrières car, il les devancera, un jour. Le voyez-vous remplir Bercy, comme le faisait Youssou Ndour ? Pape Diouf peut jouer à Wembley, à guichets fermés. Il est jeune et il a un talent fou. Bercy, c’est trop petit pour lui. Quels sont vos projets ? Je vais sortir mon album, très prochainement. Ce sera une autoproduction et j’avoue que ce n’est pas facile, c’est très dur. Mais, je promets une bombe à mes fans. Ils ne seront pas déçus. Réalisé par Amadou Lamine MBAYE REWMI QUOTIDIEN Mardi 14 Août 2012 - 08:21
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