M. le sénateur, après la perte du pouvoir, le Pds a obtenu 12 députés aux législatives, comment voyez-vous votre avenir ?
Aujourd’hui, personne ne peut dire quel sera l’avenir politique du Pds, tant qu’on n’aura pas décidé d’aller clairement au congrès et défini notre ligne politique. Nous nous devons de déterminer qui est qui dans le Pds. Un parti laissé en rade, sans que l’on sache qui est l’interlocuteur réel, ne vit pas. Actuellement au Pds, il n’y a aucune information qui circule, ni de rencontre officielle. On est dans la léthargie, ne sachant pas à qui parler. La situation a empiré, depuis le départ du président pour le Maroc. Le Pds a un problème de visibilité et d’interlocuteur. Il doit trouver un leader. Il ne faudrait pas que le Pds reste là avec une constance et que pour le reste, il n’y ait rien. Il faut que les gens sachent qui est qui et qui représente quoi, dans chaque localité. C’est ce qui manque aujourd’hui au Pds, aussi bien au niveau supérieur qu’au niveau des localités.
Etes-vous de ceux qui pensent qu’Omar Sarr est la locomotive du Pds ?
Je ne crois pas qu’Omar Sarr soit la locomotive du Pds. Il a été mis pour une tâche bien déterminée, précise et nette. Personne ne nous a dit qu’il est la locomotive du parti. Maintenant, vu qu’il a dirigé la liste du Pds, c’est bien. Le fait même qu’il soit le coordonnateur du Pds, pendant ces élections, a été une bonne chose pour le parti. Mais, pour moi, cela s’arrête aux élections. Il faut un congrès pour le confirmer et il doit aussi mériter ce poste. Pour moi, il doit le mériter, en se positionnant et en acceptant d’aller au devant de la scène.
Qui est le mieux placé pour diriger le Pds ?
On ne le connaitra qu’après le congrès. Il y a plusieurs personnes pour le faire, moi, y compris. Ce ne sont pas des leaders qui manquent au Pds. On doit aller au congrès et décider de qui sera le leader parmi les personnes qui désireront diriger le parti. A défaut de ma propre personne, je dirai qu’il y a d’autres personnes. Je vois bien Ousmane Ngom diriger le Pds. Mais, je présenterai ma candidature. L’importance, c’est d’aller au congrès du parti et d’accepter volontiers celui qui sera élu.
Peut-on connaitre aussi votre avenir politique au sein du Pds ?
Mon avenir politique au sein du pds, c’est de voir d’abord ce que le Pds veut faire. Si démocratiquement, on doit aller à la conquête du pouvoir, de façon démocratique, en respectant tout le monde, j’y suis. Maintenant, si au niveau du Pds, on continue de faire ce que l’on faisait, c'est-à-dire mépriser certains et valoriser d’autres. Je ne suis pas dedans. Si on continue sur ce procédé, je vais quitter le pds.
N’allez-vous pas transhumer, dans ce cas?
Non ! Je ne le pense pas. Pour moi, la transhumance n’existe pas, si on veut servir le Sénégal, on doit savoir ce que l’on veut et comment le faire. Je dirai juste qu’il y a des moments pour tout.
Etes-vous d’avis avec les retrouvailles de la famille libérale ?
Je suis pour les retrouvailles de la famille libérale mais, pas n’importe comment. Si, dans la famille libérale, il y a des gens honnêtes, capables de s’engager pour leur pays et pour leur idéologie, on peut compter sur eux. Ce n’est pas un refuge pour les gens qui ont fauté et qui souhaitent s’y cacher. Ces gens doivent rendre compte de leur gestion. Si la personne n’a pas fauté, n’a rien fait de mal et s’engage politiquement pour son pays, avec le président Macky Sall, il n’y a pas de problème.
Comment appréciez-vous l’appel lancé par Salif Sadio au gouvernement ?
Je suis de Ziguinchor et la paix en Casamance m’intéresse. J’ai toujours dit qu’il faudrait trouver une solution à ce problème qui dure depuis 30 ans. Il faudrait qu’on engage de véritables négociations avec les rebelles, en impliquant tous les casamançais et sans les messieurs Casamance qui s’enrichissent sur le dos des maquisards. La discussion doit pouvoir se faire au Sénégal ou à l’étranger, l’essentiel c’est de négocier pour trouver une solution. Mais, je ne suis pas pour l’ultimatum lancé par Salif Sadio. Je suis pour que l’on discute et parle de nos frères détenus dans le maquis. Le gouvernement doit s’engager dans des négociations franches avec les gens du maquis et sans perdre de temps. C’est déjà un pas d’aller à la négociation, avec la main tendue de Salif sadio.
Fara MENDY (Stagiaire)
REWMI QUOTIDIEN