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Sénégal : Les confréries sont-elles un frein à la démocratie ?

le Samedi 11 Août 2012 à 04:53 | Lu 889 fois



Sénégal : Les confréries sont-elles un frein à la démocratie ?
Organisé en confréries, dont les plus importantes sont la Mouridiya, la Tidjanya et la Khadrya, l’islam revêt un aspect particulier au Sénégal. Sa particularité tient au fait qu’elle constitue une force politique, avec une légitimité supérieure à celle de la classe politique dans bien des domaines, notamment dans
le domaine social. Cette légitimité, comme le souligne C. Coulon , tire sa source du vide que ces confréries sont venues combler suite à l’action successive de la traite négrière, de la colonisation et de l’économie marchande dont ont souffert les systèmes politiques indigènes. Considérés comme porteurs d’un nouvel ordre moral, les fondateurs de ces confréries que sont Cheikh Ahmadou Bamba, El Hadji Malick Sy, El Hadji Oumar, et leurs descendants sont arrivés, grâce à leur charisme, à être des sources d’inspiration spirituelle, morale et sociale pour la plupart des musulmans sénégalais.




Au demeurant, ces confréries n’ont véritablement jamais cherché à contrôler le système politique sénégalais au point de vouloir ériger par exemple une république islamique. Elles se sont toujours contentées de vulgariser les enseignements de l’Islam (un Islam tolérant et respectueux des autres religions) à travers des daaras (« écoles coraniques ») et des dahiras (« associations religieuses »), et de jouer un rôle économique et social au profit de leurs disciples disséminés dans les villes et campagnes sénégalaises. Il n’apparaît pratiquement nulle part dans leurs prêches et autres déclarations publiques une remise en cause des fondements de l’Etat sénégalais moderne (laïcité, multipartisme, conquête démocratique du pouvoir par des élections, liberté d’expression et d’opinion, etc.).

Il est bien vrai que les guides de ces confréries ne sont pas totalement absents du jeu politique national mais généralement en vue d’y jouer un rôle de régulation dans les conjonctures de violence et de crise extrêmes. Ce fut le cas en mai 1968 marqué par le soulèvement révolutionnaire des étudiants et des syndicats de gauche pour venir à bout du régime de Senghor. Les scènes de répression qui en suivirent suscitèrent les interventions de plusieurs guides confrériques, notamment le Calife Général des Mourides d’alors en la personne de Serigne Falilou Mbacké, par des appels au calme. On peut citer plusieurs exemples récents.

Et lorsque les confréries interviennent dans les processus électoral, c’est généralement le fait des leaders politiques qui cherchent à les instrumentaliser pour les pousser à donner des consignes de vote à leurs disciples. Mais depuis quelques années, en dehors des consignes données par quelques chefs religieux, qui ne sont pas du reste à la tête de ces confréries, cette tendance est de moins en moins de mise de la part des chefs religieux qui occupent les positions hiérarchiques les plus importantes dans les confréries. En 1988, le Calife Général des Mourides avait appelé tous les mourides à réélire le Président Diouf à travers un ndigel (« consigne »). Mais son successeur, Serigne Saliou Mbacké, n’avait donné aucune consigne de vote en 2000 ; alors que le calife général des Tidianes
( l’autre grande confrérie) avait clairement appelé à voter pour le Président sortant Abdou Diouf .

A signaler qu’à chaque fois que des consignes de vote sont données au profit de tel ou tel candidat à une élection présidentielle, cela fait l’objet de clivages très profonds dans les confréries car il s’est toujours dégagé des chefs religieux et des disciples qui se sont dressés pour signifier que le rôle d’un guide religieux ne doit pas être politique mais plutôt religieux. Ce fut notamment le cas en 1988 et par la suite.

A noter également qu’à chaque fois que des consignes de vote sont données, il n’y a jamais d’automaticité entre ces consignes et les votes effectués ; certains disciples voulant toujours voté selon leur choix et leur conscience. Aujourd’hui avec l’évolution des mentalités liées à l’école, à l’action d’éveil des médias, de la société civile et aux problèmes socioéconomiques, l’autonomisation des citoyens par rapport aux consignes de vote émanant des confréries est la tendance dominante. Un guide religieux qui se hasarderait à vouloir orienter les votes de ses disciples au profit d’un candidat court le risque d’être discrédité, d’être taxé de corrompu.

En définitive, pour toutes ces raisons, les confréries ne sont pas des freins à la marche du système politique sénégalais vers la démocratie. Leur rôle de régulation y est plus important.
Abdou Aziz MBACKE
Touba Darou Tanzil
SOURCE : dioumada.org

Samedi 11 Août 2012 - 04:53



1.Posté par diame le 11/08/2012 13:56
Au senegal la religion doit être une affaire personnelle :C'est un pays laïc .
Ces descendants de ces "WALIOU" ne sont pas des "WALIOU" il faut que les senegalais le sachent .
Je constate le contraire quand ces confréries organisent des fêtes soient disant religieuses l'etat faillit chaque fois à mission régalienne .

Dieu a écrit dans le coran :la reference c'est Mohamet (psl) .
Trop de confreries ne fait que nous éloigner de la réalité puis que c'est le coran qu'il faut décortiquer et non les hadiths (les hadiths sont réfutables ).
Avec notre intelligence je pense qu'il n'est pas trop tard pour se démarquer de ces con -fréries .

2.Posté par NGAGNE le 12/08/2012 00:07
Le rôle que Ablaye Wade a fait jouer aux confréries était grave de danger pour le Sénégal ,heureusement qu'il a été écarté à temps .Le Sénégal ,c'est un ensemble de communautés ,confréries religieuses,groupes traditionnels .Le président ,doit être au service de tous les Sénégalais et non au service d'une communauté même s'il fait parti de cette communauté
http://rewmi

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