56% des transferts d'argent vers le Sénégal ont pour destination les régions de Louga, Dakar et Diourbel. Les envois de fonds des migrants dans ces régions sont estimés à 395,2 milliards de francs Cfa, dont 252,2 transitant par le secteur formel. C'est la révélation faite par une enquête-ménage réalisée par la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao) et l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), au cours de l'année 2011.
L'enquête est effectuée sur la base de statistiques collectées, mensuellement, auprès du secteur bancaire. Selon la catégorie socioprofessionnelle, les envois de fonds des migrants ont été destinés, principalement, aux indépendants et aux inactifs, avec, respectivement, 22,8% et 30,9% des montants perçus. Les salaires se retrouvent avec 10,9% des transferts. Les artisans et les élèves se contentent respectivement de 4;4% et de 6,1%. Les autres catégories socioprofessionnelles se partagent les 14,9% qui restent. Les transferts sont destinés, en majorité à des ménages dirigés par des femmes inactives. 95,1% des transferts réguliers sont effectués sur une base mensuelle, d'où le caractère social des envois de fonds vers Louga, Dakar et Diourbel.
Les envois occasionnels, souvent assujettis à des évènements particuliers, sont destinés à 16% des fonds reçus. Les transferts des migrants en provenance d'Europe sont prépondérants et représentent 82,1% du total des transferts vers les trois régions. L'Italie vient en tête, avec 44,8%, suivie de la France, avec 20,8% et de l'Espagne, 12%. Les envois, en provenance d'Afrique, représentent 9,8%, ceux venant d'Afrique de l'Ouest font 2,5%, la zone Uemoa assurant l'écrasante majorité, avec 2,3% de ces transferts. Par contre, les envois à partir du Maghreb, du Moyen -Orient, de l'Asie et de l'Océanie sont très faibles, ils se situent à 1,4%. La part de ces transferts transitant par des circuits informels est évaluée à 10,7%. L'usage des canaux informels est plus faible, dans le cas des transferts en provenance des Etats-Unis (6,4%) et plus élevé, pour les migrants qui vivent en Afrique (11,2%) et en Europe (0,7%).
Parmi les circuits informels utilisés, le recours au voyageur est le plus fréquent. Ce mode de transmission représente plus de 2/3des opérations empruntant des canaux informels.
Sidy THIAM.
REWMI QUOTIDIEN