Accueil / SOCIETE / Témoignages sur la prostitution masculine au Maroc

Témoignages sur la prostitution masculine au Maroc

Ce phénomène urbain appelé aussi « business du sexe » prend de plus en plus d’envergure, et il se vit en toute liberté chaque jour à Casablanca et dans d’autres villes du Maroc, comme Marrakech, Tanger, Essaouira ou Agadir…

Certes, la prostitution est un métier pas comme les autres. Vendre son corps pour des fins commerciales n’est point décent. Toutefois, plusieurs facteurs interviennent. Au Maroc, le taux de prostitution a grimpé ces dernières années de façon frappante. A travers une série d’exemples, découvrez des faces cachées du phénomène social, des notions camouflées et des pensées travesties, Il s’agit de la prostitution masculine,le ballet des hommes masqués.

Le jeune Amine de 19 ans est un jeune bachelier tout neuf. Il incarne le je-m’en-foutisme par excellence. « Je suis une p****… J’exerce la prostitution pour survivre… rien ne m’empêche de vivre ma vie normalement. C’est un métier comme les autres. Je n’ai aucun complexe et j’assume ce que je fais ». Telles étaient les paroles de Amine qui se présente chaque soir au Boulevard d’Anfa afin de se faire piocher par un ou une cliente. Cherchant vainement du travail (niveau baccalauréat ?!), il s’adonna à ce métier qui rapporte plus que tout autre. Femmes, hommes mariés, divorcés, homosexuels, hétérosexuels ou encore bisexuels, le jeunot fait tout à tous. Il a pu ainsi louer un petit studio, quitter la maison des parents noyés dans une misère accablante et s’offrir un niveau de vie meilleur, mais pas idéal … il a un rendez-vous avec un client qui est devenu un ami à lui après maintes rapports. Avec quelques 150 DH jusqu’à 1000 DH négociables, Amine ne perd jamais le sourire… ou presque. »

Pour Said de 19 ans, qui a eu son baccalauréat. «Il vaut mieux être une pute qu’un homme dans ce pays. Si j’avais de l’argent, je changerais de sexe, je deviendrais une femme, mais surtout je serais riche. Parce que ici, il y a deux choses qui marchent : être un grand voleur ou une pute. Moi, je veux être une pute ». Saïd habite Derb El Kabir, quatre frères, une sœur, le père est vivant, la mère aussi, mais lui, il n’aime pas avoir faim. Alors ? : « C’est un ami qui m’a montré cette voie. Il est passé me voir un jour vers quatre heures de l’après-midi et m’a demandé de l’accompagner chez des amis. Une fois chez ses amis, j’ai vite compris, et cela ne m’a pas dérangé. J’étais juste un peu surpris, mais après, je me suis détendu ». Saïd n’est pas offusqué qu’on qualifie ce qu’il fait de prostitution, mais il préfère le mot : « pute, oui je suis une pute, et alors ? »

Saïd est un cas parmi des milliers d’autres qui sillonnent le Maroc du Nord au Sud à la recherche d’un moyen pour gagner des sous, et pour certains, encore trop crédules, ou irréversiblement naïfs, c’est aussi « un moyen de faire une bonne rencontre pour partir à l’étranger ». Oui, certains croient qu’ils vont tomber sur le touriste sympathique qui va succomber aux charmes des mâles marocains et qui va se décider à les prendre sous sa cape providentielle pour leur offrir le paradis avec vue sur une rue parisienne ou milanaise. « C’est déjà arrivé. Hassan a fait la pute pendant six ans et un jour un type est venu le prendre, ils sont partis à Marrakech, il a passé un week-end avec lui, et l’autre est devenu fou de lui. Alors il a fait des mains et des pieds pour lui débrouiller, un visa. Aujourd’hui, il vit en Italie. Il a une voiture, de l’argent et il ne fait plus la pute ».

C’est simple. A présent, on peut voir un jeune garçon faire « la p**** » dans le boulevard sans que cela ne nous paraisse inapproprié. La prostitution masculine a en effet évolué dans un temps record. On revient toujours aux mêmes facteurs : jeunesse perdue, misère, maltraitance… Actuellement, on peut trouver des hommes exerçant ce métier et assumant leur existence. Se ressourçant du domaine, ils se font des clients et gagnent ainsi leur vie, souvent nocturne. Autrefois, dès qu’on entendait parler d’un garçon qui se prostitue, on pensait aussitôt qu’il est homosexuel. Détrompons-nous … Nos jeunes prostitués ont compris les règles du jeu et affichent ainsi une grille toutes options. Homosexualité, hétérosexualité et bisexualité s’associent désormais afin de satisfaire tous les désirs.

Ces jeunes « travailleurs de sexe », comme les a nommé Othmane Mellouk, président de l’ALCS de Marrakech, se trouvent souvent dans des bars, des cabarets, des hôtels ou encore des boîtes de nuit. Dans ce cas-là, les videurs ont le dernier mot. Pour les laisser entrer faire la chasse, un billet de 100 DHS est vivement exigé. Toutefois, la violence est nettement palpable chez ces hommes. Compétitions et malentendus vont de pair dans ce cas-là. Les MST ne sont également pas épargnables. En effet, comme déjà noté les protections ne sont pas d’envergure et les maladies sexuellement transmissibles se font une joie à l’idée de tâter plusieurs terrains. Ainsi va la vie… Ainsi se dessine la cruauté d’un destin pitoyable…

actuniger]url:http://www.actuniger.com

À voir aussi

Tabaski 2017- Pourquoi  l’Aïd-el-kébir sera célébrée le 1er septembre

L’Association sénégalaise pour la Promotion de l’Astronomie sur la base d’un calcul astronomique affirme que …

Mise en liberté provisoire de la chanteuse- Ce que Amy Collé Dieng a dit au juge d’instruction

Poursuivie pour offense au chef de l’Etat et diffusion de fausses nouvelles, Amy Collé Dieng …