Un vol Paris - Bamako annulé du fait de brutalités sur un sans-papiers à bord

le Lundi 28 Mai 2007 à 04:03 | Lu 5026 fois

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Des passagers d’un vol d’Air France Paris-Bamako (Mali) ont protesté dimanche contre les conditions d’expulsion d’un sans-papiers malien, entraînant l’annulation du vol, a appris APA auprès du Réseau Education sans frontières (Resf), organisation qui soutient les familles de sans-papiers. Selon le Resf, l’homme âgé d’une quarantaine d’années avait été embarqué à bord du vol AF 796 d’Air France et devait être expulsé vers son pays d’origine, le Mali pour défaut d’autorisation de séjour sur le sol français.


Un vol Paris - Bamako annulé du fait de brutalités sur un sans-papiers à bord
C’est, une fois à bord de l’avion, que la situation a dégénéré en raison notamment « des mauvais traitements infligés au sans-papiers ».

Dans une déclaration commune, les passagers du vol ont fait un témoignage recueilli par le Réseau éducation sans frontières, dont les membres ont été dépêchés à l’aéroport pour suivre le déroulement de la scène.

Relatant au détail le film de la tentative avortée d’expulsion, des passagers du vol expliquent : « Quelques minutes avant la fermeture des portes, des cris au dernier rang de l’avion. Une reconduite à la frontière classique. Deux personnes tentent de contenir un homme d’une quarantaine d’années qui se débat violemment... »

« S’ensuit une scène d’une grande violence : l’un des policiers pratique un étranglement sur le passager, l’autre lui assène de grands coups de poing dans le ventre. Ses hurlements se transforment en plaintes rauques », ont-ils fait savoir.

Et l’un d’eux d’ajouter : « Sous les huées des passagers, l’homme finit par être immobilisé et sanglé. Il perd connaissance, yeux révulsés, langue pendante, écume aux lèvres. Un mouvement de panique gagne les policiers. Ils prennent alors la décision de l’évacuer ».

« Autour de nous, de nombreux passagers imaginent que l’homme est mort, ce qui fait encore monter d’un cran l’émotion. Des femmes pleurent, des gens convergent de tout l’appareil, ajoutant à la confusion ».

Selon les passagers, l’homme, en raison de l’état dans lequel il se trouvait, a été évacué par ambulance vers une destination inconnue, tandis que l’un des voyageurs, Michel Dubois, désigné comme le leader des protestataires, a été placé en garde à vue.

Ce qui suscite colère et indignation auprès du Resf. En fait, l’organisation de défense de familles de sans-papiers se pose une série de questions à propos du sans-papiers : « Quel est son état de santé ? Où est-il ? Quel est le sort auquel il est promis ? »

Le Resf, qui tient à rappeller que « de telles pratiques d’une extrême violence sont inadmissibles », exige qu’aucune poursuite ne soit engagée contre Michel Dubois ou contre tout autre passager.

Par ailleurs, il demande « instamment à Air France de prendre ses responsabilités envers les passagers dont elle assure non seulement le transport, mais aussi la sécurité en condamnant avec la plus extrême fermeté, ces violences ».

« Ce sont les forces de police qui, par leur brutalité, ont contraint les passagers à intervenir pour les faire cesser devant l’inaction d’Air France », estime le Réseau Education sans frontière.



Lundi 28 Mai 2007 - 04:03