Son souci majeur est de préserver les consommateurs. Mais le gouvernement ne peut plus maintenir les tarifs du prix de l'électricité à leurs niveaux actuels. Compte tenu de la hausse vertigineuse du prix du baril de pétrole (145 dollars actuellement), il s'est vu contraint d'appliquer la vérité des prix. Ainsi, il a décidé de répercuter la flambée du prix de l'or noir sur celui de l'électricité. Même s’il le fera de façon partielle. Le ministre de l'Energie l'a dit hier au cours d'une conférence de presse. ‘Le gouvernement a décidé d'appliquer une hausse partielle des prix de l'électricité, étant entendu qu'il continue tout de même d'en supporter une partie’, a déclaré Samuel Sarr devant ses proches collaborateurs.
Le gouvernement est d'autant plus préoccupé par les répercussions de cette vérité des prix sur les couches les plus défavorisées qu'il a aussi décidé de l'accompagner par une nouvelle structure tarifaire. ’Cette hausse des prix s'accompagnera de la mise en place de la nouvelle structure tarifaire, plus équitable, en lieu et place de celle en vigueur depuis 1985, dont les tarifs ne sont plus adaptés aux conditions économiques et contractuelles du secteur. La hausse sera aussi accompagnée de la mise en œuvre d'un important programme d'économie d'énergie’, a promis le ministre de l’Energie. ‘La nouvelle structure tarifaire se traduira par une forte différence entre les coûts du système et les tarifs actuels. Dans le système dégressif, plus on consomme, moins on paye, ce qui pénalise les consommateurs à faibles revenus, qui payent l'électricité plus cher’, a-t-il ajouté. ‘En revanche, la nouvelle structure tarifaire qui sera applicable à partir du 1er août 2008, moulée dans un système progressif dans lequel plus on consomme, plus on paye, se fonde sur l'incitation à l'économie d'énergie et à la protection des consommateurs à faibles revenus. Basée sur une gestion équitable et rationnelle de la consommation de l'énergie électrique, la nouvelle structure tarifaire va notablement impacter la facturation des différents types de clients de la Société nationale d'électricité (Senelec)’, a-t-il poursuivi.
Selon le ministre de l'Energie, 60 % des usagers de la Senelec ne vont pas sentir cette hausse. Par contre, les 40 % la subiront plus. Toutefois, cette subvention partielle ne sera que de courte durée. A la longue, elle est appelée à disparaître ainsi que le souligne Samuel Sarr. ‘Comme vous le savez, les subventions à la consommation ne sont pas faites pour durer.
Economiquement, ce n'est pas viable à long terme’, a-t-il averti. Comme pour montrer que cette subvention ne peut pas durer, M. Sarr a rappelé les plus de 100 milliards de francs Cfa que le gouvernement a dû verser à la Senelec entre 2005 et 2007 au titre de compensations, au profit du consommateur. Un soutien qui a eu le mérite d'empêcher une augmentation d'au moins 35 % sur le prix du kilowatt heure (Kwh), selon lui.
Pour sa part, le président de la Commission de régulation du secteur de l'électricité (Crse), Ibrahima Thiam, a fait état du revenu maximum autorisé en 2008. ‘Aux conditions économiques du 1er avril 2008, le revenu maximum autorisé de la Senelec est de 285 312 millions de francs Cfa pour les 2 069 Gigawatt heure (Gwh) de ventes prévues. Avec les tarifs actuels, la Senelec percevrait 220 997 millions de francs Cfa, soit un manque à gagner annuel de 64 315 millions de francs Cfa. Pour combler ce manque à gagner, les tarifs de l'électricité devraient être ajustés de 29,10 %’, a indiqué M. Thiam.
Cet ajustement des tarifs de l'électricité intervient dans un contexte difficile où une entreprise comme la Senelec voit ses charges croître de manière tout aussi lourde, sans pour autant pouvoir faire face à la situation. Comme explication à cette grande difficulté que vit la Senelec, le ministre de l'Energie a brandi les revenus actuels de la société d’électricié qu'il juge très insuffisants, du fait des tarifs de l'électricité très en deçà du niveau de ses charges.