Wade pour une médiation africaine entre le Zimbabwe et le Royaume-Uni

le Jeudi 29 Novembre 2007 à 12:36 | Lu 1330 fois


Le président sénégalais Abdoulaye Wade a souhaité mercredi, lors d'une visite à Harare, que plusieurs chefs d'Etat africains servent de médiateurs entre le Zimbabwe et le Royaume-Uni, dont la mésentente perturbe les préparatifs du sommet UE-Afrique. "J'espère que l'Union Africaine (UA) va créer une commission de cinq chefs d'Etat pour tenter de normaliser les relations entre le Zimbabwe et l'Angleterre", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune avec son homologue Robert Mugabe.


Wade pour une médiation africaine entre le Zimbabwe et le Royaume-Uni
"Je pense qu'il est indispensable" d'améliorer les relations entre le Zimbabwe et son ancienne puissance coloniale, a-t-il ajouté, précisant qu'il espérait que le président sud-africain Thabo Mbeki, déjà médiateur entre le pouvoir et l'opposition zimbabwéenne, fasse partie de cette commission. Un porte-parole du président Mbeki a déclaré à Pretoria ne pas "être au courant d'une telle initiative". Au pouvoir depuis 27 ans, le président Mugabe, 83 ans, est sous le coup de sanctions européennes depuis cinq ans en raison de violations des droits de l'Homme. L'Union européenne a cependant décidé de l'inviter au sommet de Lisbonne les 8 et 9 décembre, ses pairs africains ayant menacé de boycotter le sommet s'il n'était pas convié. Mardi, le chef de l'Etat zimbabwéen a confirmé qu'il se rendrait bien à Lisbonne. Mais le Premier ministre britannique Gordon Brown ne veut pas assister au sommet si Mugabe est présent. "Je pense que l'Angleterre devrait venir", a commenté Abdoulaye Wade. Il a précisé avoir essayé d'entrer en contact avec Gordon Brown, mais ce dernier n'était pas disponible pour répondre à ces appels. Pour sa part le président Mugabe a minimisé l'absence annoncée du chef de gouvernement britannique, déclarant qu'il n'était "qu'un individu". Toutefois, il n'a pas fermé la porte à l'initiative du chef de l'Etat sénégalais. Le président Wade "voulait savoir si nous avions des objections à un dialogue et je lui ai dit que non. Nous n'avons jamais refusé de dialoguer avec les Britanniques. Nous allons parler même si nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord", a-t-il assuré. Le Sénégal veut éviter que la question du Zimbabwe n'éclipse les questions fondamentales du sommet UE-Afrique, dont l'immigration et la coopération économique entre les deux continents. Par ailleurs, le président Wade, qui est venu au Zimbabwe à titre personnel, s'est dit inquiet "des difficultés politiques et économiques" du pays. Il a estimé que la situation était bloquée. "Je suis à la tête du Sénégal depuis 2000, on parle toujours du Zimbabwe et j'ai l'impression que les choses n'avancent pas", a-t-il annonçant vouloir rencontrer des membres de l'opposition. "Le président Mbeki a fait beaucoup mais j'ai l'impression qu'un pays tout seul ne peut pas aider le Zimbabwe", a-t-il poursuivi. Le président sud-africain a été mandaté en mars par la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) pour servir de médiateur entre le pouvoir et l'opposition zimbabwéenne. Récemment, il a assuré que le dialogue se passait "très bien", mais le principal parti d'opposition, le Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC), évoquant des changements "sur le papier", a dénoncé la persistance des violences sur le terrain. Au Zimbabwe, l'inflation bat des records mondiaux à près de 8.000%, le chômage touche quatre cinquièmes de la population et la production s'est effondrée. L'opposition se plaint régulièrement de violences et d'actes d'intimidation.

Jeudi 29 Novembre 2007 - 12:36


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