Lors d'une rencontre avec la presse, mercredi matin, la présidente du Conseil national de régulation de l'audiovisuel (Cnra), Mme Nancy Ngom Ndiaye s'est félicitée de la libéralisation des fréquences télévisuelles. Cependant, cette floraison de télévisions doit s'accompagner impérativement du respect des règles du jeu, vu la puissance d'influence de ce médium.
" La libéralisation de l'espace audiovisuel est un défi pour le Cnra. Elle nous donne un surcroît de responsabilité. Cette libéralisation suppose le respect des lois et des règlements", a rappelé la présidente du Cnra. Cette organisation entend assumer pleinement son rôle de régulation, en privilégiant la concertation, la médiation, et au cas échéant, en usant de son pouvoir de sanction. C'est d'ailleurs, dans cette optique qu'il faut placer désormais, la publication régulière de l'avis trimestriel de cet organe de régulation.
L'avis publié mercredi et couvrant la période allant de juillet à septembre 2007, relève le déficit de pluralisme et le manque d'équilibre dans les domaines politique, culturel, et syndical des programmes de la Radiodiffusion télévision du Sénégal (Rts).
A Walf Tv, l'organe de régulation lui reproche de débuter son émission " Xumb Te Dagane" par une image tournant en dérision le "chef de l'Etat" d'une part, et d'autre part, la diffusion d'un "montage caricatural sur les propos d'un officier au sujet du recrutement des femmes dans l'armée". L'organe souligne aussi que la Rdv persiste à diffuser le spot publicitaire " Ngora Keng" malgré leur saisine.
A l'égard de Walf Tv, l'organe de régulation exige le retrait de l'image du chef de l'Etat du générique de l'émission " Xum te Dagane", et l'arrêt immédiat de la diffusion du spot publicitaire "Ngora Keng'' pour la Rdv.
Pour les radios, l'organe de régulation constate : « la persistance des commentaires ne respectant ni les institutions, ni la dignité humaine, à travers les revues de presse de la RFM et Walf Fm notamment et également à travers les émissions interactives (toutes les radios confondues) », lit-on dans l'avis trimestriel.
Dans cet avis, le Cnra va en guerre contre la diffusion de messages (Sms) ou d'images contraires à nos valeurs qui se taillent la part belle des dérapages constatés sur les écrans et sur les ondes entre Juillet, août et septembre. " Certaines manières de parler dans certaines émissions radio ou certains Sms sont une incitation à la débauche. Cela donne une idée aux enfants. Il y a des médiats qui ont insufflé aux populations, un nouveau type de langage. Il y a un minimum à respecter. Nous avons envoyé des mises en demeure. Si on ne respecte pas on va passer à une autre étape", avertit Nancy Ngom Ndiaye qui a insisté sur le respect du cahier de charge.
Guerre aux images et messages obscènes
Le Cnra demande aux chaînes de télévision de restreindre l'utilisation abusive des sms, de veiller à leur contenu. Il recommande également la mise en place de comités de visionnage au sein des télévisions pour censurer les séquences obscènes des films, des clips avant leur diffusion.
" Nous avons l'intention de tenir des assises sur les clips et autres images obscènes" annonce la présidente du Cnra. La structure invite les radios à se conformer à la loi N° 2006-O4 du 04 janvier 2004 notamment son article 10 qui exige la mise en place par toutes les radios d'un système de retardement de la voix d'au moins de 3 secondes au cours des émissions interactives.
Mme Nancy Ngom Ndiaye a plaidé également pour l'accès équitable aux écrans, à toutes les ethnies. Aussi, dit-elle, les « télénovelas » latino-américaines ne doivent pas être favorisées au détriment de notre patrimoine culturel.