Quand, en février 2010, le président gambien, contre toute attente, s’était permis de convoyer un don à Touba, pour, dit-il, les besoins du Magal, certains sénégalais n’avaient pas manqué de situer son geste dans la logique d’offrandes qu’il était tenu de faire, pour se protéger de ses adversaires. En témoigne le volume de ses dons que des spécialistes dans la science ésotérique des chiffres ont pu décoder. Le président gambien avait, en effet, envoyé, au mois de février 2010, sur Touba, 1111 sacs de sucre, 2111 sacs de riz et 277 tonneaux d’huile. Ces nombres, en science ésotérique, traduisent bien des réalités déclinées en termes de protection, de sécurité, de pouvoir et de domination, comme en atteste un spécialiste en numérologie qui s’est dit formel, quant à l’interprétation des quantités de dons que le président gambien a convoyées en 2010 sur Touba. « Si on prête attention aux chiffres composés pour les quantités de dons de Yayah, on voit bien qu’il y a une prédominance des chiffres 1, 2 et 7 qui n’ont rien d’un hasard. Dans la science des chiffres, le 1 renvoie au manque d’assurance et de la confiance en soi. Par conséquant, l’effet recherché, à travers les 1111 sacs de sucre, n’est rien d’autre que l’expression de l’ambition d’excercer son autorité et de dominer ses prochains », nous signale notre interlocuteur qui explique, également, le sens du chiffre 2 contenu dans les 2111 sacs de riz et les 277 tonneaux d’huile qui renvoie au désir de maintenir l’union autour de la personne de Yayah, en gambie. Et de préciser que les chiffres 7 contenus dans le nombre 277 tonneaux d’huile renvoient à l’unité que le président gambien souhaite autour des idées avec lesquelles il préside aux destinées de ses compatriotes. Pour dire donc que le don de Yayah Jammeh, en février 2010, en direction de Touba, n’avait rien d’une œuvre sociale, au contraire, c’était une offrande destinée à le maintenir au pouvoir. Et c’est dans cette logique qu’il convient d’apprécier la série d’exécution de condamnés que certaines personnes assimilent à des sacrifices humains. Sacrifices étayés, du reste, par des déclarations de voyants dont Selbé Ndom qui avait prédit, il n’y a pas longtemps, un coup d’Etat du président gambien. Yayah Jammeh qui a fini d’asseoir son règne sur le mysticisme, ne se gêne pas à faire des sacrifices, pour se maintenir au pouvoir. Qui disait que l’excès de pouvoir rend absolument fou ?
Moussa DIA
REWMI QUOTIDIEN