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A cinq mois de la cessation de ses activités : Le Projet d’appui à l’élevage s’évalue

Lancée depuis 1997, la deuxième phase du Projet d’appui à l’élevage (Papel) prend fin le 31 décembre de cette année. Et à cinq mois de cette échéance, ses responsables ont initié, du 9 au 13 juillet, un voyage de presse dans ses zones d’intervention que sont le Bassin arachidier et la zone sylvo-pastorale, pour évaluer l’impact de ses interventions sur le terrain.

Source : Walf Fadjri
Financée pour un montant de 10 milliards de francs Cfa dont 85 % par le Fonds africain de développement (Fad) et 15 % par l’Etat du Sénégal, la deuxième phase du Projet d’appui à l’élevage (Papel) est en train d’être évaluée. A l’origine, elle visait, entre autres objectifs, à renforcer la sécurité alimentaire et à réduire de 20 % le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté dans sa zone d’emprise située entre la zone sylvo-pastorale (Louga, Saint-Louis, Matam) et le bassin arachidier (Kaolack, Fatick et Diourbel) qui recèle 35 % du cheptel sénégalais. Concrètement, son objectif était de parvenir à l’augmentation, d’ici à l’année de croisière 2010, de la production de viande et de lait respectivement de 8 300 tonnes et de 12,5 millions de litres ainsi qu’un accroissement du revenu des producteurs de 25 000 à 7 000 000 francs Cfa.

En dressant son bilan à la tête de ce projet, le docteur Moustapha Diaw a révélé que la dynamique de modernisation et d’intensification des filières animales enclenchée par le Papel s’est traduite à travers plusieurs canaux. Et à ce niveau, la mise en place du Centre national d’amélioration génétique (Cnag) participe à l’amélioration de nos races laitières qui pourraient contribuer à la réduction de nos importations de cette matière. Sous ce rapport, explique le directeur dudit centre, le docteur Mame Balla Sow, il joue un rôle central dans la mise en œuvre de la politique d’amélioration génétique au Sénégal et assure la disponibilité continue de semences pour le renforcement du service de proximité en insémination. Et à ce niveau, informe-t-il, quelque 4 000 vaches ont été inséminées par vingt-quatre prestataires de services formés par le projet.

Il s’y ajoute, d’après Moustapha Diaw, l’amélioration des conditions d’élevage avec la consolidation ou l’installation de près de 3 000 exploitations mixtes intensifiées (Emi) bovines abritant près de 5 000 bovins laitiers ou en embouche et 4 000 ovins. On doit également au Papel une gestion durable des ressources naturelles et un accès durable à l’eau par la mise en place de vingt unités pastorales dotées de plans de gestion de leurs ressources par la mise en place de 1 748 kilomètres de pare feux, la réhabilitation et l’équipement de quatre anciens et huit nouveaux forages, la construction de onze châteaux d’eau et la pose de 69 600 mètres linéaires de canalisation. Le Papel s’est, en outre, investi dans le développement des systèmes de production avec trois campagnes d’insémination artificielle qui ont porté sur 3 100 vaches avec un taux de réussite de 52 %.

Par ailleurs, selon le Dr Diaw, depuis 2003, 300 000 sujets gallinacés sont annuellement vaccinés contre la maladie de Newcastle. Le développement de la filière caprine a été aussi largement pris en compte avec l’appui de chèvrerie dans les localités de Gandiaye et de Niakhar, renseigne-t-il.

Outre ces interventions, le docteur Diaw et son équipe se sont intéressés à l’amélioration des conditions alimentaires avec la mise en place de sept stations-service en mélasse, et à la facilitation de l’accès des producteurs à l’aliment du bétail et au développement de la pratique des réserves fourragères. La composante aménagement et gestion de l’espace n’a pas été en reste, assure-t-on. Et sous rapport, les aspects les plus visibles restent la formation de quarante relais en environnement initiés aux techniques de fertilisation, de défense et de restauration des sols par le biais du compostage, des cordons pierreux et gabions. Mais aussi la promotion des cultures fourragères en deux volets (semences et fourrage).

Pour assurer la pérennisation de ses actions, le Papel a, dans la perspective de son retrait, amorcé le processus de responsabilisation des producteurs, par le biais d’un renforcement des capacités des Organisations professionnelles de l’élevage (Ope), de l’érection de centres de prestation de services entre autres. Les producteurs, de l’avis du Dr Diaw, ont bénéficié de l’appui du Papel pour leur accès au crédit. Et à ce sujet, plus de 2 milliards de francs Cfa ont été dégagés à travers la Cncas et les mutuelles agréées, sans compter la mise en place d’un fonds de garantie mutuelle alimenté par les bénéficiaires du crédit. Et à charge pour chaque groupement bénéficiaire de verser 1 % du crédit alloué pour pérenniser cet instrument.


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