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A Dakar, petit commerce rime avec débrouille féminine

Le visage ridé et perclus de fatigue et de sommeil, Nafi Souaré, 67 ans, attend patiemment un bus pour se rendre au Marché Castors, dans la proche banlieue de Dakar.
Elle est en compagnie de plusieurs femmes. Certaines d’entre elles somnolent dans le bus. D’autres entretiennent la conversation. Au bout d’un quart d’heure, elles arrivent à destination au Marché Castors, où l’ambiance est bon enfant.

Un incessant mouvement de va-et-vient, des cris, des interpellations venant de toutes parts. Des disputes, quelquefois, entre vendeurs et clients. Une mauvaise odeur s’exhale des lieux.

Après les salutations d’usage, les marchandages commencent pour Nafi Souaré. En face d’elle, Diallo, un Guinéen âgé d’une cinquantaine d’années, vendeur de légumes. Une fois son panier bien rempli, Nafi Souaré prend la direction du marché Nguélaw, à Niary Tally, à quelque deux ou trois kilomètres, pour revendre la marchandise.

Cette veuve se livre, chaque jour, à cette activité pour entretenir une famille de cinq garçons dont un seul a trouvé du travail. Elle doit aussi venir en aide à l’une de ses trois filles, qui est mariée à un chômeur.

‘’C’est difficile et un peu risqué à mon âge de faire ce travail. Mais, c’est mon seul secours pour subvenir à mes besoins et donner des cadeaux à mes petits fils’’, répond-elle, interrogée sur son vécu.

Nafi Souaré, une béquille pour sa famille, partage le même sort avec d’autres Sénégalaises comme Sokhna Lam, une habitante du quartier de Khar Yallah. Cette femme âgée d’environ 40 ans entretient, seule, une famille depuis 1991. Son sourire et son allure donnent l’impression qu’elle ne connaît pas certaines tracasseries de la vie.

Epouse d’un agent de l’ancienne SOTRAC (société de transport) et mère de six enfants, Sokna Lam et sa famille vivent dans la précarité. ‘’Jeune, je rêvais d’une belle maison, d’une voiture…’’, confie-t-elle. La vie ne lui ayant pas fait de beaux cadeaux, elle s’adonne au petit commerce, en vendant parfums, babouches et d’autres marchandises achetées à Rosso ou à Nouakchott, en Mauritanie.

‘’Je donne parfois des marchandises à mes voisins pour qu’ils les vendent, mais je suis confrontée à bien des difficultés pour rentrer dans mes fonds’’, se désole-t-elle.

Son récit est plein de compassion. ‘’On ne mange pas à notre faim, car on vit au jour le jour. Mon mari nous a abandonnés à un moment donné pour prendre une seconde épouse croyant qu’il allait réussir ou avoir une vie descente avec elle parce qu’elle est riche’’, raconte Sokhna Lam, la gorge nouée et les yeux embués de larmes.

‘’Vous ne pouvez pas imaginer ce que j’ai enduré durant ces moments de calvaire. Laissée à mon sort, j’étais obligée de demander de l’aumône pour préparer du riz au lait caillé à mes enfants’’, poursuit-elle.

Faisant presque le tour du Sénégal, Sokhna et son mari ont quitté Sédhiou (sud) pour revenir à Dakar, espérant trouver du travail et assurer à leurs enfants une bonne éducation.

Déprimée et désespérée, elle entrevoit tout de même le bout du tunnel : ‘’Mon seul espoir, ce sont mes enfants et dans mon for intérieur, j’ai le sentiment qu’une très belle vie nous attend quelque part.’’

Aps

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