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A la frontière du Zimbabwe, les vendeurs sud-africains se frottent les mains

James Diop va à la banque « en riant », son travail dans un supermarché sud-africain situé près de la frontière avec le Zimbabwe, en pleine récession économique, lui permet d’être serein face à son banquier.

Source : Jeune Afrique
La crise économique a vidé les étagères des magasins au Zimbabwe et ici « nos ventes ont augmenté de 300% depuis juin, c’est du jamais vu », raconte-t-il, en encaissant la somme due par un nouveau client. « On voudrait que ça ne s’arrête jamais ».

A Musina, tranquille petite ville frontalière, les commerçants sud-africains se frottent les mains depuis que le Zimbabwe s’enfonce dans la récession.

Et leur sourire s’est encore élargi en juin, quand le gouvernement d’Harare a ordonné le gel des prix.

Incapables de faire face à leurs coûts de production, beaucoup d’usines ont en effet stoppé leurs activités et les supermarchés du pays se sont vidés. Pour remplir leurs cabas, les Zimbabwéens se sont alors tournés vers le marché noir ou les voisins sud-africains.

« Vraiment, nous rions tout le long du chemin qui nous mène à la banque », confie James Diop.

Dans la ville voisine de Louis Trichard, les magasins ont même du mal à faire face à la demande. « Je vends quatre fois plus de produits qu’il y a trois mois », confirme un commerçant, qui ne souhaite pas donner son nom.

A quelques mètres de là, trois camions zimbabwéens chargent des stocks de lait, de sucre, de pain, d’huile et d’autres produits de première nécessité.

« Il n’y a aucun doute sur le fait que l’économie de Musina connaît un vrai boom depuis que les Zimbabwéens viennent y faire leurs courses à cause des pénuries dans leur pays », confirme Abram Luruli, chef des services administratifs de la municipalité.

Toutefois, il souligne que leur arrivée a aussi des impacts négatifs sur l’économie locale.

« Ils offrent une main d’oeuvre pas chère et prennent les emplois des Sud-africains », assure-t-il, en regrettant aussi l’augmentation de la criminalité.

« La plupart entrent en Afrique du Sud illégalement, ils ne donnent pas d’empreintes digitales et ça complique les poursuites ».

Dans la ville, la tension entre les autochtones et les étrangers est d’ailleurs palpable.

Par exemple un Sud-africain reproche à une jeune Zimbabwéenne de 27 ans, qui cherche à gagner quelques sous en vendant des sculptures et des poteries fabriqués dans son pays, de lui avoir volé son emplacement, sur le bord de la route, à l’ombre d’un baobab.

« Ce type d’incident arrive fréquemment ici. Les Sud-Africains sont agacés par l’arrivée des Zimbabwéens qui progressivement les remplacent sur tous les fronts et leur volent leurs moyens de subsistance », rapporte un vieil homme après s’être interposé dans la dispute.

Le procureur général, Edward Pusula, insiste sur la recrudescence des infractions commises par les Zimbabwéens, en transit à Musina avant de poursuivre leur chemin vers les villes plus importantes de Johannesburg (centre) ou Durban (est).

« 65% des délits jugés par le tribunal de Musina sont le fait de Zimbabwéens, accusés de vol, viol, cambriolage et trafic », assure-t-il.

Mais, pour le porte-parole de la police provinciale, le commissaire Moplafela Mojapelo, la situation reste gérable.

« Nous avons arrêté quelques immigrants clandestins cette année. Une fois interpellés, on les ramène chez eux. C’est un problème, mais la situation n’a pas encore atteint un niveau de crise ».


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