À notre mère, cette Grande Dame ! (Par Dior Sow Fall, Magistrate)

Une de ses petites filles a écrit, en hommage à sa grand-mère:

« Repose en paix Ouly.

Tu es partie comme tu as vécu. Avec classe et discrétion »

Classe et discrétion étaient innées en elle !

Cette classe émanait dans tout ce qu’elle faisait. Classe, dans sa façon de se mouvoir, de penser, de s’habiller, de s’exprimer, de rire et même de manifester son mécontentement.

Cette classe, elle l’a conservée jusqu’à sa mort. Elle est partie, en beauté, sans crainte, consciente que son passage sur cette terre prenait fin.

C’est cette classe qui a fait d’elle une Grande Dame.

Un vieux dicton disait : « on ne devient pas Grande Dame, on naît Grande Dame ! » En effet, il est reconnu que ce titre s’acquiert à partir de la naissance. Il exige de naître avec de la classe autour de soi. Il s’agit de l’éducation. Elle en a bénéficié et l’a transmise à beaucoup d’autres.

C’est toujours avec discrétion qu’elle a surmonté tous les aléas de la vie. Faire face à la perte d’êtres chers, enfants, mère, sœur, frère, amis très chers. Pas un mot, pas de pleurs. Elle semblait insensible à tous ces malheurs alors qu’en réalité,  sa souffrance intérieure était immense.

Discrète, elle l’était dans le soutien qu’elle apportait à tous ceux qui venaient la solliciter, qu’il s’agisse de parents, d’amis, ou même de personnes inconnues qui avaient besoin d’aide. Cela ne regardait personne. Elle n’en parlait à personne. Elle faisait ce que sa conscience lui dictait. Elle accordait toujours, sans compter, son soutien à tous ceux et celles qui en avaient besoin.

Sa discrétion ne l’autorisait pas à faire étalage de tout ce qu’elle avait fait pour son pays aussi bien dans le domaine politique, social et culturel. Elle n’a, à aucun moment, revendiqué le titre de pionnière en matière d’éducation, d’alphabétisation et de promotion des droits humains des femmes, aussi bien au niveau national, régional qu’au niveau international.

Militante convaincue, elle savait que son rôle n’était pas d’occuper le devant de la scène, mais de trouver les solutions appropriées permettant le renforcement de la démocratie et l’instauration d’un développement durable. Elle est donc restée dans l’ombre, satisfaite d’avoir accompli et réussi sa mission.

Elle a ensuite organisé son monde à elle, composé de ses enfants biologiques et adoptifs, de ses sœurs, nièces et de ses amis. Nous, ceux et celles qui lui étaient très chers, sommes très nombreux. Nous sommes de tous les continents !

Ses relations avec tous ses petits-enfants et arrière-petits-enfants, de tous les âges, étaient particulières, voire indescriptibles. Elle les adorait, ils et elles le lui rendaient bien!

Malgré cette douleur légitime que nous ressentons, remercions Allah Le Tout Puissant de nous avoir permis d’en profiter le plus possible. Rendons-lui grâce de nous avoir offert l’insigne privilège d’avoir cette Grande Dame pour mère, sœur, tante, grand-mère, arrière-grand-mère, amie.

Ouly Bou Mak

Tous tes enfants, issus d’horizons divers, tous tes proches qui t’aimaient et qui continueront à t’aimer t’ont remis  à Dieu à jamais.

Tu es partie, nous ne te verrons plus.

Ton rire, ton sourire, tes gestes ne sont plus que souvenirs.

Rien ne pourra empêcher que tu sois, pour toujours, dans nos cœurs, ni faire disparaitre cet amour que nous te portons.

« Une mère ne meurt jamais. Elle cesse simplement d’être visible. » Tu es, comme disait le poète, juste passée dans la pièce à côté.

N’oublions surtout pas : « Il y a quelque chose de plus fort que la mort c’est la présence des absents dans l’esprit des vivants. »

Repose en paix! Ouly Bou Mak ! Qu’Allah Le Tout Puissant t’ouvre toutes grandes les portes de son Paradis.

Dior. Celle qui, comme tu l’avais écrit pour lui souhaiter son anniversaire lors de ses 12 ans, « fut la première à t’appeler de ce doux nom de mère. »

Magistrate Dior Sow Fall 

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One comment

  1. article très touchant et interessant! maman tu as parfaitement raison ouly bou mac adorait ses petits enfants comme pas possible. Hélas ainsi va la vie continuons de prier davantage pour elle.