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A propos des accusations de milliards de fonds publics « volés » par nos dirigeants

Il se raconte qu’il aura fallu presque deux ans au chanteur Youssou Ndour pour pouvoir sortir la deuxième partie de son dernier concert en France à Paris Bercy en version DVD.Des collaborateurs du musicien croient savoir que Youssou faisait l’objet de pressions énormes de la part des partisans du Président Wade pour bloquer la fameuse chanson xaalis neexna. Rappelez-vous du contenu de la version 2005 du tube « xaalis ». Mbaye Dièye Faye du Super Etoile dans une grande envolée, y dit « un milliard, deux milliards, trois milliards… doyna ! » (Ça suffit !!! en wolof).

Chronique : Par Dame Babdou (Sudonline)
Nous vivons dans un pays où l’écrasante majorité des 11 millions de personnes qui le composent n’ont jamais eu plus de 50 mille francs Cfa en leur possession. Les hommes politiques ont très vite compris que si la meute de frustrés les soupçonne de claquer des milliards à tour de bras, cela peut devenir pour eux. Un danger politico-physique. Et beaucoup d’entre eux d’inventer chacun, une histoire de milliards contre ses adversaires.

C’est le Président Wade qui ouvre le bal. Il se rend au Cices (Centre international du commerce extérieur du Sénégal) pour accuser son ancien Premier ministre d’avoir dérobé des milliards des fonds destinés aux Chantiers de Thiès. Idrissa Seck, « moomit kenn du moom » (il l’aura bien cherché) répond en faisant de graves insinuations, dans un CD, en racontant dans les détails les propos qu’aurait tenu le tout nouveau président de la République : « nos soucis d’argent sont maintenant terminés ». Pour que nul n’en ignore, Seck nous révèle qu’il a pu mesurer la signification de cette déclaration de Wade au contact des princes arabes. D’autres se sont engouffrés dans ce boulevard du dénigrement pour dire que Karim Wade, le fils de son père a été épinglé à Paris avec des milliards dans ses bagages. Premiers résultats de ces deux délations : le tribunal de Dakar condamne ceux qui avaient accusé Karim Wade.

De la même manière, la commission d’instruction de la cour spéciale chargée de juger Idrissa Seck et Salif Bâ, l’ancien ministre en charge de la construction prend une ordonnance de mise en liberté d’office (non de liberté provisoire) en disant que tous les fonds décaissés dans le cadre des Chantiers de Thiès étaient arrivés à bon port. L’objectif de toutes ces accusations citées plus haut est politique et non judiciaire. Karim Wade, Idrissa Seck, Abdoulaye Baldé et Salif Bâ (victime collatérale), risquent de garder, pour le restant de leur vie, cette souillure sur leur peau. Encore plus rocambolesque, on nous sort un « corbeau » qui, à défaut d’atteindre directement Karim Wade, passe par Abdoulaye Baldé, son « futur Premier ministre » pour dire que les chantiers de l’Anoci ont facilité un détournement de plusieurs milliards.

Comme si personne n’a tiré les leçons de cette aventure de délation dont tous les acteurs ont à perdre un peu de leur honorabilité, on recommence avec les mêmes acteurs renfoncés par de nouveaux. Et celui qui l’avait déclenché recommence des plus belles. Abdoulaye Wade, après sa brillante réélection, revient pour dire qu’Idrissa Seck a dérobé 40 milliards de nos francs qu’il a fourgués à un avocat américain qui les loge dans un « trust account ». Abdoulaye sait il que selon la législation américaine, toute personne qui transfère dans une institution financière du pays de l’Oncle Sam une somme de plus 10 mille dollars en cash est immédiatement signalée aux autorités fédérales de ce pays ?

Au cours de la même conférence de presse, Abdoulaye Wade, pour défendre son fils Karim Wade, dit de ceux qui accusent ce dernier de convier des milliards que ces gens là ne savent pas qu’un milliard se transporte par un ou des camions. Les quelques milliards qu’on accuse Karim Meissa (ou Mansa) Wade d’avoir transporté n’auraient-ils pas le même poids que les 40 milliards qu’Idrissa Seck aurait envoyés à New York ?

Jusqu’ici on est dans le domaine des arguments politiques. Mais dés que les techniciens entrent en jeu, les choses deviennent plus sérieuses.Abdoulaye Baldé, en bon enquêteur (il est commissaire de police) mais surtout en bon fonctionnaire rompu aux procédures administratives, nous explique au cours de l’émission télévisée sur les Chantiers de l’Anoci, qu’un transfert d’argent de montants qui s’élève à des milliards, laisse nécessairement des traces bancaires.

Le bon sens accepte cette assertion. De même que le bon sens devrait nous faire croire que si Idrissa Seck a transféré 40 milliards à New York, ces mêmes traces bancaires devraient exister. A moins que des camions qui les transportent aient pu échapper à la vigilance, à la fois de toutes les autorités sénégalaises, de la banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, des autorités de l’Union européenne qui assurent la parité du Franc Cfa, et surtout de la Réserve Fédérale des Etats-Unis. Là ou les choses se corsent pour nous rappeler, à nous Sénégalais ordinaires, que nous ne devons accorder qu’une confiance conditionnelle à nos dirigeants, c’est quand l’autorité technique par excellence qui est le ministre des finances, entre en jeu pour nous donner une leçon d’expert en ce qui concerne les procédures des transferts de fonds. Son « marabout » (guide religieux) aurait affirmé que son « talibé » (disciple) de ministre des finances, sur instruction de président Wade, a transféré 60 milliards dans les comptes de l’ancien président Abdou Diouf.

Abdoulaye Diop, l’argentier national a dû passer des nuits d’insomnies avant de se décider à dire que le responsable moral des Moustarchines, Serigne Moustapha Sy est trompé par ses informateurs. Le ministre des Finances, sait de quoi il parle, (il est lui-même inspecteur du trésor) nous signale que « Par respect des principes républicains et par leur stature d’hommes d’Etat, les présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade n’entreront jamais dans ce genre de combine. Sur le plan budgétaire, il est impossible de sortir 60 milliards pour les mettre dans le compte d’une personne ou d’une entreprise. Ni la loi ni la réglementation ne donnent de telles prérogatives au ministre des Finances ou au ministre du Budget, car les dépenses publiques obéissent à la loi des Finances, qui est une loi de la République, votée par l’Assemblée nationale. Ils ne peuvent donc interférer sur les procédures des dépenses publiques qui relèvent exclusivement des autorités de la Direction générale des Finances et de la Direction générale du Trésor qui agissent sous leur propre responsabilité pécuniaire, pénale et administrative » tel que cité par nos confrères du journal Walfadjri quotidien.

Les Sénégalais devraient peut-être dire aux politiciens de mener le combat sur le terrain politique, au lieu de tenter des manipulations basées sur notre méconnaissance, à nous Sénégalais ordinaires, de ce que c’est un milliard de francs Cfa. Ou alors donnez vos preuves aux autorités judiciaires du pays et laissez la justice faire son travail.


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