24 novembre, 2014
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A quoi joue Idrissa Seck ? (Par Papis Ben Kerfalah)

« Les sots se peignent eux-mêmes, et ramènent tout à eux ! » Montesquieu

Les différentes sorties de Idy membre de la coalition BBY sont destinées à précipiter sa sortie dans le gouvernement de Abdou Mbaye.

En s’attaquant directement à ce dernier, écorchant par ricochet le Président Macky Sall, Idrissa seck décrète, par la même occasion, son installation dans l’opposition.

Calcul minutieux teinté d’un brin de cynisme, Ndamal Cadior, par ce fait, ambitionne d’être le chef de l’opposition sous la bannière d’une grande coalition libérale, composée de son parti Rewmi et des déçus du Pds minés par les crises internes. En effet, sa stratégie est de reconquérir les militants épars aussi bien dans Bokk Gis-Gis, dirigé par Pape Diop, que L’UCS de Abdoulaye Baldé en mal de leadership.

Sinon comment comprendre les missiles scuds envoyés à un gouvernement dans lequel le Parti Rewmi détient deux postes clés et autant dans les différentes Sociétés d’Etat?

Les ministres Rewmistes, n’avaient t-ils pas défendu bec et ongle les orientations du gouvernement d’Abdou Mbaye il y a de cela quelques mois lors de la dernière session budgétaire de l’Assemblée Nationale? On ne peut pas reprocher au chef de parti Idrissa Seck son ambition d’être un futur président de la République, mais la décence aurait voulu qu’il s’y prenne autrement. Vouloir s’asseoir coute que coute au Palais de l’Avenue Roume dans ces conditions, agace et déçoit ceux là qui voyaient en cette nouvelle alternance des comportements nouveaux de la classe politique sénégalaise.

Cependant cela pourrai t-il surprendre de la part d’un homme qui n ‘a pas participé à la Révolution du 23 Juin. Il était où ce monsieur pendant que le peuple, debout comme un seul homme, luttait à main nue contre un Etat, fort de son camion citerne d’eau chaude fou, qui a fini d’écraser notre compatriote Mamadou Diop?

N’est-ce pas ce Monsieur qui avait proposé, au plus fort de la crise avec le pouvoir de Wade l’allongement du Mandat de deux ans de ce dernier, pour ensuite se rattraper par rapport à l’inconstitutionnalité de la candidature de l’ancien Président. Devra-ton continuer à jouer sur les nerfs des sénégalais qui ont plutôt besoin d’une certaine stabilité afin d’aspirer à des lendemains meilleurs.

L’urgence est ailleurs; elle est dans la lutte contre le chômage et la création d’emplois, elle est dans la baisse des prix de première nécessité et la fin de la crise scolaire. L’urgence est ailleurs. Elle est pour un nouveau type de sénégalais avec un seul mot d’ordre, nous gagnons ensemble, nous mourons ensemble. Elle n’est pas dans la démarche populiste et individualiste. Elle est pour un leadership fort et des références dans le comportement. Elle n’est pas pour la manipulation de l’opinion pour arriver à des fins personnelles.

Nous avons perdus assez de temps depuis l’alternance de 2000 où un Monsieur, tout puissant Ministre d’Etat précipitait la sortie de Niass, Dansokho, Bathily Makhtar Diop (banque mondiale) dans le premier gouvernement de Wade -alors que l’espoir était permis- pour asseoir sa « logique de pouvoir sans partage ».

Devons nous accepter d’être les dindons de la farce et nous laisser berner encore une fois par l’émotionnel d’un homme adepte du verbe mais qui oubli que le Sénégal a changé depuis le 23 Juin avec une jeunesse aux aguets, un peuple en éveil – NTS – prêt à en découdre toujours pacifiquement, les bras en croix mais avec un Esprit. Positif.

Papis Ben Kerfalah

email citoyennts@gmail.com