21 décembre, 2014
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Abdou Latif Coulibaly recadre le débat : « l’homosexualité n’est pas un délit au Sénégal »

Abdou Latif Coulibaly recadre le débat : « l’homosexualité n’est pas un délit au Sénégal »

Le candidat Macky Sall avait promis une gestion responsable de la question de l’homosexualité au Sénégal. Suffisant pour certains de le taxer d’être favorable à la dépénalisation de l’homosexualité. Un an après son accession à la magistrature suprême, cette question défraie la chronique et des opposants à cette éventualité se font entendre. Mais quelle est la position du gouvernement ? Dans la longue interview que le porte-parole du gouvernement, Abdou Latif Coulibaly a accordée à Rewmi.com, il a tenu à apporter une précision de taille pour couper court au débat « sorti du néant ». Il est catégorique : « l’homosexualité n’est pas un délit, c’est l’acte contre-nature qui est considéré comme un délit ».
« Toutes les questions de société seront traitées de façon responsable ; il n’y a pas que la question sur l’homosexualité », dit-il d’emblée pour lever toute ambigüité sur la promesse du candidat Macky Sall. Avant de s’interroger : « cette question, qui la pose comme débat ? ». Selon lui, « le gouvernement ne l’a jamais posée, le gouvernement n’a jamais eu de discussion sur cette question là ». Le porte-parole du gouvernement estime qu’il « y a des gens qui, parfois, posent un principe, une discussion qui leur est propre et veulent l’imposer au gouvernement (…) où avez-vous déjà vu dans la littérature du gouvernement qu’une telle question a été posée ? Cette question n’a jamais été abordée nulle part par le gouvernement encore moins par l’Assemblée nationale du Sénégal ». Il s’étonne de voir le débat faire la Une des journaux. « Pourquoi le débat se pose subitement ? Posez-moi une question qui est débattu au gouvernement. Mais chaque citoyen est libre de poser une question qu’il veut poser et en débattre publiquement. Pour le gouvernement, cette question ne devient une question sur laquelle on débat que dans la seule mesure où on envisage une politique, quelle qu’elle soit. Au moment où je vous parle, l’homosexualité n’est pas un délit, c’est l’acte contre-nature qui est considéré comme un délit. Si vous êtes un homosexuel, vous n’avez pas un rapport contre-nature, personne ne viendra vous arrêter parce que vous êtes un homosexuel. Même les termes du débat sont incompris. Un homosexuel ne va pas en prison parce que c’est un homosexuel. Ça ne s’est jamais posé au Sénégal. Ce que les juges sénégalais ont condamné et continueront de condamner, c’est l’acte contre-nature. Vous avez vu souvent, dans des villes, des gens se réclamant ouvertement d’être des homosexuels, ils n’ont jamais été arrêtés ni hier, ni avant-hier, ni aujourd’hui. Je veux bien qu’on me comprenne : ce que le droit sénégalais condamne, ce sont des actes contre-nature consentis entre homosexuels et même entre deux personnes qui ne sont pas nécessairement des homosexuels, même occasionnellement. Si vous le faites, vous êtes arrêtés et ça continuera de l’être. Pourquoi les gens font de l’amalgame ? Je ne comprends pas. Au Sénégal, vous êtes un homosexuel, vous n’avez pas de relation contre-nature, personne ne vous poursuit pour vous dire que vous êtes un homosexuel et qu’on vous met en prison (…) Pourquoi les gens veulent sortir des débats du néant ? Ça n’a jamais été une préoccupation au sein du gouvernement, il ne vient même pas à l’esprit de certains d’en discuter », conclut-il.


REWMI.COM/AW