SANTE

Abdou Niang, professeur agrégé en néphrologie- Il faut une structure pour encadrer la transplantation rénale

  • Date: 24 septembre 2015

Le conseil des ministres du 16 septembre 2015 a adopté le projet de loi relatif au prélèvement, à la transplantation d’organes et au greffes de tissus humains. C’est un grand pas vers la transplantation rénale. En attendant le vote de ce projet de loi par l’Assemblée nationale, le néphrologue Abdou Niang, professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, affirme que l’espérance de vie du donneur de rein est supérieure à celle de la population générale. L’universitaire estime que la première greffe peut intervenir à tout moment après le vote de la loi par l’Assemblée nationale. Toutefois, il préconise la mise en place d’une structure qui va coordonner la transplantation rénale.

Le conseil des ministres du 16 septembre 2015 a adopté le projet de loi relatif au prélèvement, à la transplantation d’organes et au greffes de tissus humains. Est-ce que, sur le plan technique, les structures sanitaires se préparent à la réalisation des transplantations rénales ?

Oui, absolument ! Depuis quelques années, nous nous préparons à la réalisation de la transplantation rénale dans notre pays aussi bien sur le plan technique que sur celui des ressources humaines

Est-ce que, après le vote de la loi par l’Assemblée nationale, on peut dire que la première transplantation peut intervenir à tout moment au Sénégal ?

La première greffe peut intervenir à tout moment après le vote de la loi. Mais je crois qu’il faudra aussi l’accompagnement de l’Etat, comme dans la dialyse. Il faudra mettre en place une structure nationale qui va coordonner, encadrer cette activité, mais surtout la doter de moyens. Le premier obstacle à résoudre est la mise à la disposition des malades sénégalais des médicaments anti-rejets. Ce sont les médicaments que le malade doit prendre tous les jours, sans aucune rupture, pour maintenir en vie le rein greffé.

Actuellement, des malades greffés à l’étranger et vivant au Sénégal ont tous les problèmes pour s’approvisionner en médicaments anti-rejets. Il faudra cibler une structure sanitaire publique agréée pour cette activité et la doter de moyens nécessaires.

Quels sont les avantages, aussi bien pour les malades que pour l’Etat, de passer à cette option de prise en charge des insuffisants rénaux ?

Les avantages pour l’Etat sont indiscutables. Nos malades qui en ont les moyens (une vingtaine au Sénégal) sont partis se faire greffer à l’étranger (Maroc, Tunisie, Belgique, France et Inde), déboursant entre 25 et 60 millions de FCfa suivant les pays. Si la greffe rénale est réalisée au Sénégal, elle coûtera entre 10 et 15 millions la première année. Si cette somme est laissée à la charge des patients, cette activité sera réservée à une minorité de malades qui en ont les moyens.

On sait actuellement qu’un malade en dialyse coûte environ 9 millions de FCfa par an à l’Etat du Sénégal alors qu’un patient greffé va lui coûter moins de 3 millions après 2 ans de greffe. Pour le malade, la transplantation rénale est le véritable traitement de l’insuffisance rénale. La dialyse est, en fait, un traitement d’attente.

La greffe rénale donne une qualité de vie et une survie supérieures par rapport à la dialyse pour nos jeunes malades avec une moyenne d’âge autour de 40 ans.

Qu’est-ce qu’il faut pour prévenir la vente des organes après le vote de la loi par l’Assemblée nationale ?

Le rôle des textes législatifs est d’encadrer la pratique de l’activité de greffe de rein. Le don d’organe doit être un acte altruiste, totalement gratuit. Toute rémunération du donneur est strictement interdite. Depuis la déclaration d’Istanbul, en 2008, cette activité est surveillée dans le monde et même les pays où la vente d’organes se faisait, il a été noté une réduction importante de cette pratique hors-la-loi.

Quel sont les taux de réussite de la transplantation ?

La survie d’un greffon à partir d’un donneur vivant est supérieure à 75 % à 10 ans. Pour le receveur, la greffe d’un rein provenant d’un donneur vivant présente des avantages très importants : c’est le traitement le plus efficace de l’insuffisance rénale terminale ; c’est le traitement qui permet la meilleure qualité de vie ; c’est aussi le traitement qui donne la plus longue espérance de vie et sans altérer la santé du donneur.

On dit souvent qu’on peut offrir un rein sans courir un risque…

Comme toute intervention chirurgicale, le prélèvement d’un rein présente un risque pour le donneur. Néanmoins, ils sont très faibles. On vit tout à fait normalement avec un seul rein. Et, si c’était à refaire, plus de 98 % des donneurs recommenceraient. D’après plusieurs études rapportées, l’espérance de vie d’un donneur de rein est supérieure à la population générale.

Le Soleil

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