POLITIQUE

ABDOUL MBAYE LANCE ‘’ACT’’ ET DÉZINGUE LE RÉGIME « Le Sénégal (sous Macky) va très mal »

  • Date : 17 mai 2016

L’ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye, a dressé un sévère réquisitoire contre le régime de Macky Sall lors du lancement de son parti « Alliance pour la citoyenneté et le travail ». Et il en a mis plein dans le jardin du président de la République et de ses détracteurs.

Une dictature rampante

« Peut-on se targuer d’être une démocratie  avancée et moderne lorsqu’on est un pays où au moment des élections, tout ce qui est interdit par notre loi électorale est pratiqué impunément par les détenteurs du pouvoir. Nous avons l’esprit de toute cette propagande, toutes les manifestations ou déclarations publiques, toutes les visites ou tournées pendant les périodes précédant les campagnes ; nous pensons aussi à l’utilisation des moyens public aux fins de campagnes et à l’achat de conscience. Peut-on se targuer d’être  une démocratie avancée et moderne lorsque la séparation des pouvoirs, piliers de la démocratie, est malmenée par ceux qui sont chargés d’y veiller. Notre  Assemblée nationale, hier, au cœur battant de notre démocratie, se trouve aujourd’hui sans influence réelle sur notre vie  démocratique se contentant  d’aller au secours de la volonté de l’Exécutif et refusant d’exercer le pouvoir que le peuple et la constitution lui donne. »

Une justice impartiale

« Le pouvoir judiciaire est en général jaloux de son indépendance et de son autorité  n’est pas épargnée. Le président de la République, lui-même, en faisait la révélation dans Jeune Afrique, en août 2014, en disant à propos des dossiers judiciaires  pendants à la Crei : ”Il n’y pas d’acharnement, sur qui que ce soit. Vous seriez surpris par le nombre de dossiers auxquels je n’ai pas donné suite”. Pourtant, dans notre Constitution, le président n’est pas un magistrat instructeur !  Il a été beaucoup question, à l’époque, de reddition des comptes  et la  CREI a été remise en activité et on avait créé l’OFNAC, aujourd’hui les résultats sont bien maigres. Aujourd’hui, c’est une seule personne qui est concernée au point qu’elle est considérée comme une victime. Ce virage à 360° qui a été pris ne me concerne pas. Ma responsabilité peut être engagée pour le début du quinquennat, oui, mais pas après ce virage à 360°. Je ne suis pas un homme qui suit quelqu’un aveuglément. Je vous suis quand nous avons le même objectif et que nous allons dans la même direction. Si ce n’est pas le cas, si vous tournez à droite, moi je tourne à gauche. »

Les nominations claniques et sectaires

« Les faits ne plaident pas en faveur. Ils sont là : la politisation sans retenue de la haute fonction publique  et de la  diplomatie, les nominations se faisant plus sur la base d’un brevet de militantisme, que la compétence ; outrage suprême à l’intérêt général que le comportement de ces militants politiques placés à la tête  d’entreprises politiques, qui dilapident le bien public et se muent en distributeurs automatiques de billets aux amis, aux flagorneurs et aux copains. L’administration et la diplomatie sénégalaise, reconnues, hier, pour leur excellence et leur impartialité, sont devenues, aujourd’hui, des repaires de militants politiques et d’objets. L’exigence de compétence n’est pas le souci de nos gouvernants. »

Un système sanitaire médiocre

« L’inaccessibilité des services de soins, l’indigence des plateaux techniques, les difficultés récurrentes de gouvernance et, finalement, l’impossible pour une bonne partie de la population de se soigner correctement.  Il n’est pas acceptable que l’élite de ce pays et ses proches puissent  aller se soigner dans les hôpitaux les mieux équipés de la planète, tandis que la quasi-totalité de la population a difficilement accès aux soins les plus élémentaires. Être obligé de se soigner à Dakar pour tout est déjà un calvaire  pour certains, faute de familles proches à Dakar  pour tout est déjà un calvaire pour certains. La santé est un bien précieux pour tous,  puissants comme faibles. L’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT) travaillera pour qu’elle soit de qualité et accessible à tous. »

Sa double nationalité

« J’ai lu dans un journal sous la plume d’un journaliste qui m’aime bien, que l’ambassadeur Normand avait révélé que j’avais la double nationalité. C’est moi qui, devant l’Assemblée nationale, avait dit que j’étais de père Sénégalais et de mère Française et que j’avais la double nationalité. Ceci dit, ça ne peut pas empêcher la direction d’un parti politique et si ça peut empêcher demain un autre projet, on avisera. On devrait demander à tous les dirigeants de ce pays de faire preuve d’autant de franchise. J’ai rencontré sur le campus de HEC François Hollande, on était dans la même classe ; et j’aurais pu travailler en France il n’y a pas de problème, mais  j’ai choisi depuis que j’ai été diplômé de  travailler pour mon pays. Je n’ai pas un mètre carré d’appartement ou de terrain en dehors du Sénégal, alors je suis Sénégalais ou Français ? »

Propos recueillis par Ibrahima Khalil DIEME

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