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Abdoulaye Ba agriculteur à Kolda «Nous attendons l’appui de l’Usaid concernant le magasin de stockage»

A Hilele Sikilo, dans la commune de Kolda, les habitants pratiquent la riziculture dans une bande de 10 hectares depuis quelques années. C’est le cas d’Abdoulaye Ba, producteur de riz pluvial, qui s’est prononcé sur cette campagne, mais aussi sur les attentes.

Pouvez-vous revenir sur le bilan de la saison 2017-2018 dans cette  zone  périurbaine de Hilele où vous pratiquez la riziculture ?

Nous avons cultivé cette année sur une bande cultivable de 10 hectares. Malheureusement, 5 hectares ont été engloutis par les eaux du bras de fleuve. Malgré cela, nous  avons eu une moisson formidable en récoltant 3.5 tonnes par hectare sur les autres 5 hectares qui ont échappé à la furie des eaux.

Avez-vous reçu la visite des autorités étatiques cette année?

Oui, au début de la culture, nous avons d’abord reçu la visite du Directeur de l’Usaid. Après la récolte, nous avons également reçu la visite  du  Ministre en charge du Suivi du Plan Sénégal  Emergent (PSE),  le Dr Cheikh Kanté. Il était venu constater si les riziculteurs utilisaient le matériel qu’on leur avait donné. Nous lui avons montré la décortiqueuse et la batteuse que la Société de Développement agricole et industriel du Sénégal (Sodagri) nous a données. Il a même fait une démonstration avec la batteuse puis nous lui avons montré du riz bien décortiqué. Il était satisfait de notre travail. Grace à l’arrivée du Ministre, la Sodagri nous a encore dotés d’une faucheuse. Après la visite  du  Ministre, le  DG de l’Usaid  a envoyé sa secrétaire pour venir s’enquérir de la récolte. On lui a expliqué la situation. Nous lui avons  fait comprendre que nous n’avons pas un magasin de stockage pour garder le riz. Nous  attendons  vraiment l’appui  de l’Usaid  concernant  le  magasin, l’herbicide et l’engrais.

Vous travaillez en GIE ?

Oui, nous avons un GIE qui porte mon surnom « Mao BA » de Sikilo Hilele. Nous avons 90 adhérents dont une cinquante femmes. Notre GIE s’active dans la riziculture et le maraîchage et utilise les  machines qu’on nous a données.  Pour décortiquer le riz, nous avons fixé le prix  du sac de 50 kg à 1500 FCFA. Pour la batteuse, le coût est à 500 francs CFA le sac. Ce que nous gagnons ici, c’est surtout pour le fonctionnement des machines. Quand une des machines tombe en panne et s’il y a une pièce qui manque, c’est le GIE qui paye. S’il s’agit  d’une réparation, la Sodagri a mis à notre disposition un mécanicien.

Le riz que vous récoltez, c’est pour le Gie ?

Non, le riz que nous récoltons n’est pas pour le GIE. Si on donne à quelqu’un dix sacs de semences, Après la récolte, il doit rembourser 15 sacs. Les 5 sacs sont donc pour le GIE. C’est comme ça qu’on travaille ici pour la riziculture, sachant que chacun travaille pour sa  propre parcelle. Cette année, nous avons discuté avec  le DG de la Sodagri parce que nous voulons travailler dans champ commun de 5 hectares. C’est eux qui doivent nous donner la semence. Après la vente de la semence, la somme gagnée revient directement au GIE.

A part la riziculture, quelles sont les autres activités que vous menez  le reste de l’année ? 

A part la riziculture, nous pratiquons le maraîchage durant toute la saison sèche. Même la secrétaire du DG, qui était venue nous rendre visite après la récolte du riz, nous lui avons montré les espaces où nous pratiquons le maraîchage. On a un problème pour l’espace réservé  au maraîchage parce que  c’est  un espace périurbain. C’est des parcelles  vides qu’on clôture pour essayer de travailler. Si on a une grande surface, cela nous permettrait de mieux travailler. Nous cultivons la  salade, la pomme de terre, l’oignon, le gombo, l’oseille et un peu  d’aubergine. Nous mettons l’accent sur la salade parce qu’elle a un  cycle court. Cela permettra de  subvenir aux besoins quotidiens. Par contre, l’oignon et la pomme de terre ont un cycle long et ne permettent pas de faire des dépenses journalières.

Combien de fois récoltez-vous dans l’année ?

Si c’est la salade, on récolte chaque mois. S’agissant de la pomme de  terre, la semence ne vient qu’une seule fois dans l’année. Pour l’oignon, le cycle est long et la récolte ne se fait qu’une seule  fois par an. Si on recevait des oignons hybrides, on pourrait travailler durant la saison des pluies.

Propos  recueillis par  Zachari BADJI

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