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Absa Wade, directrice de l’équité et de l’égalité de genre : « Nous aurons un 8 mars spécial parce que… »

En prélude de la journée mondiale de la femme, le 8 mars prochain, le Grand Oral a reçu Mme Ngom Absa Wade, Directrice de l’équité et de l’égalité de genre. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, elle est longuement revenue sur la préparation de cette journée et la question de la femme. A noter que pour cette année, le thème qui a été choisi est : « autonomiser les femmes et les filles rurales ». Morceaux choisis.

Préparation de la journée mondiale de la femme

On la prépare très bien parce que c’est une journée symbolique pour les femmes du monde. Elle est symbolique particulièrement pour la femme sénégalaise et nos sœurs du milieu rural, puisque c’est elles qui seront célébrées cette année. C’est une journée pendant lesquelles les femmes vont se retrouver pour échanger, pour discuter sur leur situation, pour aussi discuter sur les réalisations qu’elles ont eu à faire. Mais aussi, pour discuter sur les défis qui se posent à leur autonomisation, puisque cette année le thème de la journée internationale de la femme c’est : « autonomiser les femmes et les filles rurales ». En amont, il y a des réflexions scientifiques qui se déroulent pour produire des documents extrêmement importants qui serviront de base de travail et de base programmatique pour toutes les actions qui seront menées aussi par le Ministère de la Femme, de la Famille et du Genre, mais également par les organisations de la société civile, notamment les organisations de femmes qui sont des partenaires stratégiques du ministère dans la mise en œuvre de ses actions.

Un 8 mars spécial

A ce titre, nous avons prévu cette année un 8 mars vraiment spécial. Ce sera un 8 mars au cours duquel nous aurons l’occasion de recevoir la plus haute autorité du pays, son excellence le Président Macky Sall, qui a marqué son passage par rapport à tout ce qui concerne la promotion de la femme. Je fais allusion aux programmes d’allégement des travaux des femmes, je veux parler du renforcement des capacités des femmes. Je veux parler de son engagement pour la promotion de la légalité des genres et de l’autonomisation des femmes. C’est spécial dans la mesure où il y aura des moments forts qui vont marquer cette célébration. Des moments relativement consacrés à la remise du grand prix du Chef de l’Etat pour la promotion de la femme, qui a été institué déjà depuis des années par décret. Mais également dans le cadre de cette remise, il y a un travail qui est effectué en amont pour sélectionner les femmes qui se sont distinguées par rapport à la réalisation conformément à la thématique. Donc, ce sera l’occasion de les fêter, de les célébrer et de leur donner des récompenses. L’autre moment fort par rapport au 8 mars, c’est la décoration des femmes pionnières. Vous savez que les femmes sénégalaises sont braves parce qu’elles excellent dans plusieurs secteurs d’activité (la transformation, le commerce,…). Donc, pour chaque domaine d’activité, on va voir la femme qui s’est distinguée, qui a balisé le chemin qu’on appelle la femme pionnière, donc ces femmes là aussi seront fêtées. Les 14 régions vont présenter chacune une femme comme lauréate. Il y aura d’autres lauréates qui seront aussi choisies sur une base objective et au total, nous aurons à célébrer 34 femmes pionnières ce 8 mars. Sans oublier la remise du matériel d’allégement des travaux que son Excellence le Président de la République va offrir. Sans compter le financement qui va suivre.

Le thème : « autonomiser les femmes et les filles rurales »

Le choix est important. Nous l’avons choisi en tenant compte du thème mondial, mais aussi du contexte de notre pays puisque la question de l’autonomisation des femmes est une question extrêmement très importante. Si la femme n’est pas autonome, elle ne pourra rien faire. L’autonomisation socioéconomique, l’autonomisation du point de vue juridique de ses droits, c’est des éléments fondamentaux qui sont importants. Mais, nous l’avons également choisi, ce thème, en tenant compte des orientations que le Président de la République a tracées. Ça coïncide avec cette année sociale 2018 consacrée aux personnes âgées, aux femmes, aux jeunes et aux personnes vivant avec un handicap. Ce choix nous rappelle aussi toutes les orientations qui sont données dans le Pse qui veut qu’on lutte contre les inégalités sociales. Vous savez que les femmes constituent une frange importante de la population et, si on les autonomise, je crois qu’on va davantage gagner des bonds par rapport au développement du pays.

L’accès à la terre des femmes rurales

La question de l’accès à la terre est une question importante pour les femmes sénégalaises. Je voudrais vous dire que la loi de 1964 donne égal accès aux hommes et aux femmes par rapport à la terre, mais aussi la constitution. Je crois que c’est une question de pratique, c’est une question de social et de culturel. Mais les textes sont clairs. Il n’y a aucune discrimination des femmes relativement à leur accès à la terre. Maintenant, il y a des questions de pratique, il y a des réalités socioculturelles. Dans certaines ethnies, on vous dit que la femme n’a pas le droit de demander à accéder à la terre. Chez les sérères, on vous dit vous donnez la terre à la femme et quand elle se marie, elle part avec ce bien, avec ce patrimoine, vers une autre famille. Il y a tout un soubassement socioculturel qui nécessite des actions de sensibilisation et de communication pour que les femmes soient déjà conscientes qu’elles ont le droit de demander à accéder à la terre. Et le ministère est toujours en train de travailler avec les femmes à travers les organisations et ce sur toute l’étendue du territoire. Cette sensibilisation et cette communication vont continuer pour que nous puissions faire face aux mentalités, aux tabous qui, souvent, constituent des fléaux qui bloquent toutes les actions envers les femmes.

Financement des femmes

Le ministère est en train de faire beaucoup de choses par rapport au financement. Le ministère a des mécanismes qui soutiennent les femmes, qui renforcent les capacités techniques et managériales des femmes, qui octroient des financements aux femmes, mais qui les accompagnent et qui les suivent dans le travail qu’elles sont en train de faire. Cette année déjà, Mme le Ministre, Ndèye Sali Diop Dieng, a commencé sa tournée au niveau de la région de Dakar et elle a octroyé un financement qui s’élève à près de 600 millions pour l’ensemble des 4 départements. Pour vous dire que l’enveloppe est importante. Mais auparavant, nous avons au niveau du ministère des mécanismes comme le fonds national de crédit pour les femmes,… beaucoup de programmes qui financent les femmes. Et de 2012 à maintenant, l’enveloppe est importante. Nous avons octroyé un financement d’environ 16,500 milliards. Nous donnons les financements sur la base de dossiers. C’est une sélection objective. C’est la pertinence du projet, c’est le nombre de personnes qui tournent autour du projet,… On favorise le financement par groupement. C’est pour enrôler le maximum de femmes. Et le taux de remboursement ne dépasse pas 5%.

La direction de l’équité et de l’égalité des genres

Aujourd’hui, le genre est un concept qui se réfère aux rapports sociaux entre les hommes et les femmes. Ça, c’est la définition générique. De façon pratique, le genre nous permet de mettre fin aux discriminations et aux disparités vécues par l’un ou l’autre sexe. C’est un concept qui concerne et l’homme et la femme. C’est un concept qui nous permet de prendre en compte son intégration dans les politiques publiques, nous permet de prendre en compte les besoins différenciés des hommes et des femmes, de corriger les disparités et de corriger les discriminations dont sont victimes soit les hommes soit les femmes. C’est une question de justice sociale, mais ce n’est pas une question de femme seulement.

Cheikh Moussa SARR

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