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Académie de Kaolack : Des jeunes formés à la réparation de manuels scolaires dégradés

Le Soleil- Les réparateurs et réparatrices de manuels scolaires ont reçu leur diplôme de fin de formation le week-end dernier. Il s’agit de 40 jeunes filles et garçons sans emploi et issus des trois départements de Kaolack qui ont été formés sur les techniques de réparation de manuels scolaires détériorés.

La secrétaire générale du ministère de l’Education nationale, Khady Diop Mbodj, a présidé, à Kaolack, la cérémonie de remise de diplômes aux 40 jeunes filles et garçons sans emploi initiés sur les techniques de réparation de manuels scolaires détériorés. Cette session de formation s’inscrit dans la mise en œuvre du Projet pour la préservation des manuels scolaires (Premas). Ce dernier est exécuté en partenariat avec le Collège communautaire de Brunswick du Canada. Le Premas qui sera déroulé dans les académies de Kaolack et Thiès est financé à hauteur de deux milliards de FCfa sur trois ans. L’objectif est de former environ 100 jeunes réparateurs et réparatrices de manuels scolaires. L’académie de Kaolack a abrité la première session. Pendant une vingtaine de jours, les candidats sélectionnés dans les trois départements de ladite région ont été initiés sur les différentes techniques de réparation de manuels scolaires dégradés.

Pour Gnilane Diouf, une des récipiendaires, cette formation est d’une importance capitale. « En plus des diplômes et du savoir-faire acquis, la formation nous a permis de disposer d’un Ninéa et d’un registre de commerce. Des documents importants qui vont nous donner la possibilité d’ouvrir notre propre entreprise », a-t-elle renseigné.

En mettant en place ce projet de préservation des manuels scolaires au Sénégal, les autorités éducatives veulent réussir à relever un grand défi : celui de l’accès accru et à moindre coût aux manuels scolaires dans les écoles élémentaires des académies de Kaolack et Thiès. Aussi, veulent-elles allonger la durée de vie des ouvrages scolaires. Ce qui, selon le directeur national du Premas, Ibrahima Dione, permettra au gouvernement et aux parents de faire des économies substantielles et en même temps créer des emplois.

Outil pour des enseignements de qualité

D’après Mme Mbodji, le manuel scolaire est l’intrant qui influence le plus sur la qualité des enseignements/apprentissages. Ainsi, face à la rareté des ressources, il importe de mettre en place des stratégies pour que les manuels puissent avoir une durée de vie suffisamment longue afin de permettre au plus grand nombre d’enfants d’en bénéficier. Poursuivant, elle a indiqué que « le Premas vise à développer les capacités en réparation et en gestion physique des manuels scolaires au Sénégal ». Il s’agit ainsi « d’améliorer l’accès aux manuels à près de 400.000 élèves des 1.557 écoles élémentaires des académies de Kaolack et Thiès mais aussi de préserver ces manuels ». Dans cette perspective, «ces écoles seront dotées d’armoires métalliques, 150 au total, pour les deux régions», a informé la secrétaire générale du ministère de l’Education nationale.

En dehors des 40 jeunes déjà formés, près de 3.150 gestionnaires d’école et d’administrateurs des académies de Thiès et Kaolack seront «capacités» en gestion des stocks de manuels scolaires. De l’avis des experts, les manuels réparés pourront être utilisés pendant au moins trois ans supplémentaires, soit des économies annuelles de près du 1/3 du montant des acquisitions en manuels pour l’Etat.

Pape Coly NGOME

DYNAMISME DE LA COOPÉRATION ENTRE LE CANADA ET LE SÉNÉGAL
La secrétaire générale du ministère de l’Education nationale n’a pas manqué de remercier les autorités du Collège communautaire de Brunswick et la Coopération canadienne qui ont appuyé le projet. D’ailleurs, l’occasion a été saisie par les autorités canadiennes, représentées par le premier secrétaire de l’ambassade du Canada à Dakar, Antoine Julien, et le conseiller technique Marcel Ouelette, pour magnifier le dynamisme des relations entre les deux pays surtout dans le domaine de l’éducation. M. Julien a rappelé qu’après la généralisation du curriculum de l’éducation de base, la formation des enseignants selon l’approche par les compétences, la dotation des élèves en manuels scolaires et guides pédagogiques, la réparation des manuels scolaires semble être l’aboutissement logique des efforts consentis par les deux parties visant à améliorer la qualité de l’éducation. Pour Marcel Ouellette, « l’éducation est au cœur du programme canadien de coopération avec le Sénégal depuis plus d’une décennie ».

P. C. NGOME

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