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ACCORDS INTERNATIONAUX SUR LE CLIMAT Modibo Diop liste les faiblesses

Le vendredi 22 avril dernier,  au Siège des Nations-Unies, 175 pays ont signé l’accord de Paris sur le climat. Pour marquer une étape décisive dans le processus de la COP 21, tenue à  Paris, en décembre 2015. Mais   pour   l’ingénieur   polytechnicien,   Expert-Consultant   International   en Energie, Eau   et   Infrastructures,   il   incombe   de   solutionner     les   faiblesses congénitales de l’accord avant le sommet de Marrakech prévu en fin d’année, et au-delà du   succès   diplomatique et de l’engagement des Nations à limiter la hausse de la  température mondiale  à 1.5°C. Selon  lui, malgré    plus de 300 heures de négociations ardues, en décembre 2015, à Paris, certains points faibles existent dans l’accord COP 21. Et les contraintes suivantes doivent être levées pour garantir la réussite de l’engagement mondiale des États à limiter le réchauffement climatique.

1) Les fonds verts de 100 milliards Dollars : ils sont   destinés à financer les projets retenus à partir des Contributions Prévues et Déterminées au Niveau National ; à ce jour, il n’est alimenté qu’a  hauteur de 10% de sa valeur nominale, 90% du financement  restent encore indisponibles et aucune précision de taille n’existe, ni   dans   la   nature   des   financements   à   octroyer   aux   États   :   aide, subvention, prêts commerciaux, prêts concessionnels ou dons, ni dans les délais de mise à disposition de ces fonds par les pays développés pollueurs. En outre, si le mécanisme d’engagement et de décaissement des fonds verts devrait suivre les procédures de Brettons Woods, les échéanciers nationaux de mise en œuvre des projets seraient  difficilement honorés car il est reconnu qu’avec l’état actuel de ces procédures, les taux d’absorption de crédits sont très bas pour les projets à forte maturité entre 25% et 30% sur cinq ans en Afrique de l’Ouest.

2) La mise en œuvre des fonds verts ne clarifie pas  leurs destinations entre les projets d’atténuation et ceux  d’adaptation.

3) La non prise en compte de certains droits humains dans le référentiel de financement : le droit du travail des enfants n’est pas précisément pris en compte dans l’accord de la COP 21 de Paris.

4)   La   non   référence   à   l’aviation   Civile :   ce   secteur   de   l’économie   est extrêmement   polluant   et   il   se   développera   crescendo   d’ici   2035,   alors   que l’industrie   aéronautique   n’a   pas   encore   réellement   pris   en   charge   sa responsabilité dans la pollution atmosphérique par les émissions de gaz à effet de serre par ses appareils.

5) La non fixation du Prix Carbone ; à  part la bonne volonté du gouvernement français de fixer le prix du carbone par une loi, aucune initiative sérieuse n’existe au   niveau   des   autres   grands   pays   pollueurs   pour   fixer   un   prix   carbone raisonnable.    La fixation   de  ce  prix   sera  un  élément fondamental   dans  les business plan  des projets retenus à COP 21.

6) Le manque de mécanisme de sanctions en cas de non respect de l’accord : malgré la bonne volonté des 175 États ayant signés l’accord, au Nations-Unies, en cas de désistement sur les engagements prévus dans les CPDN des États, aucun mécanisme de sanction n’existe pour le respect de l’accord.

En conclusion, ces faiblesses congénitales de l’accord COP 21 devraient être impérativement corrigées avant COP 22 prévue à Marrakech,   au risque de compromettre les énormes espoirs attendus par les populations dans la lutte contre les changements climatiques.

Propos recueillis par Cheikh BA

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