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ACCUEIL DE PRISONNIERS DE GUANTANAMO AU SÉNÉGAL- Mankeur Ndiaye s’explique et s’énerve

  • Date: 8 avril 2016

 Le ministre des Affaires étrangères,  Mankeur Ndiaye, s’est fendu d’un communiqué, hier, pour s’expliquer sur l’accueil, par le Sénégal, de deux prisonniers de la prison de Guantanamo. Ainsi, il s’est voulu rassurant en faisant savoir, que « Le Sénégal s’est entouré de toutes les garanties, car il a fallu attendre plus d’une année avant de marquer notre accord, suite à des visites in situ et autres assurances vérifiées », souligne le ministre, qui explique, par ailleurs, qu’ « aucune charge n’est retenue contre eux, après 14 longues années de détention ».

Mieux, il a fait savoir que cette démarche « a fait l’objet d’une minutieuse et approfondie étude par un Comité d’examen périodique créé par les autorités américaines qui a finalement abouti à la conclusion qu’il n’y avait pas de raison de les garder en prison ».

Au chapitre des garanties, le patron de la diplomatie sénégalaise a fait savoir que « ce sont 27 pays dans le monde qui ont fait ce geste humanitaire », parmi lesquels « le Maroc, les Emirats Arabes Unis, le Kazakhstan, la Bosnie-Herzégovine, Oman, qui sont tous des États membres de l’Organisation de la coopération islamique (Oci) », mais également « la France, le Ghana, le Cap-Vert, le Canada, la Slovaquie, etc. » Mieux, le Gouvernement a informé a temps l’opinion par un communiqué en date du 13 avril.

Grosso Modo, selon Mankeur Ndiaye, il s’agit d’« réinstallation humanitaire » et que
« par ce geste humanitaire, le Sénégal contribue ainsi à la mise en œuvre de la décision de fermeture de cette prison. Il s’est agi de répondre à une sollicitation d’ex-détenus africains et musulmans qui ont souhaité se réinstaller au Sénégal après leur élargissement ».

Une mise au point qui rejoint celle du ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, et qui aurait été saluée par tous si le Ministre Mankeur Ndiaye n’avait pas cédé a l’énervement manifeste dans ce communiqué officiel.

Tenez par exemple, comment comprendre qu’ils puissent alléguer qu’ « il y a trop de confusions et d’amalgames dans ce pays où l’on s’échine à inventer, à travestir et à pervertir le sens et la portée de décisions de haute portée diplomatique et humanitaire. On politise les choses les plus sérieuses pour des motivations inavouées. C’est très grave et très dangereux pour la vie politique nationale, la stabilité et la sécurité des Institutions ». Et il s’en arrête pas là lui qui a fait remarqué que « n’importe qui se permet de parler de n’importe quoi. On a entendu des commentaires des plus ridicules aux plus saugrenus. Comment un gouvernement dont l’engagement dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent – et certains thuriféraires ont dit d’ailleurs qu’on en fait un peu trop – donc, comment un tel gouvernement peut-il se permettre d’importer des terroristes et de porter atteinte à la sécurité et à la tranquillité de ses citoyens ? Et à quelles fins ? »

Ces déclarations, sciemment omises par nos confrères de l’Aps dans leur synthèse du communiqué, ne s’expliquent pas.

Il n’est pas possible que le Ministre ou toute autre personne au sein de l’appareil d’État qui pense comme lui nous demande à la fois une chose et son contraire. Ils nous disent par exemple que la lutte contre le terrorisme, ce mal du siècle, doit être une préoccupation permanente des forces de sécurité et de défense mais surtout des populations qui doivent apporter leur contribution. Si l’on commence à nous dire de nous taire parce que l’on n’y comprend rien, que nous ne sommes pas experts, nous pouvons avoir, à l’avenir, des soucis de nous mêler de la lutte. Or, il est clair que les questions de sécurité nationale interpellent tout Sénégalais, expert ou non, surtout s’il s’agit de terrorisme. Faut-il rappeler à Monsieur le Ministre que les meilleurs experts des pays occidentaux n’ont pas, jusqu’ici, empêché, leurs pays d’être attaqués. Si l’on doit faire débarquer des gens naguère jugés très dangereux, le peuple a le droit de s’interroger et se demander s’il ne s’agit pas d’un transfert de risque. Si ce n’est pas le cas, tant mieux pour tous.

Toutefois, nous ne sommes pas en Gambie. Au Sénégal, le débat contradictoire est le fondement même de notre République. Les autorités ne doivent nullement être réfractaires aux remarques, suggestions et même critiques des uns et des autres surtout s’il s’agit de sécurité nationale.

 

Assane Samb

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