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Accueil et promotion de transhumants, défenestration de membres fondateurs, cadres laissés en rade… Cette frustration dans les rangs de l’Apr

  • Date: 8 janvier 2016

Le parti majoritaire de la coalition au pouvoir, l’Alliance pour la République (Apr), celui du président de la République, Macky Sall, n’est pas un havre de paix et de tranquillité, contrairement aux apparences. Nombre de militants se trouvent être frustrés pour des raisons diverses liées à la perte de responsabilités, ou à l’absence de promotion à des postes, l’accueil et la nomination de transhumants à des niveaux élevés de responsabilités, la promotion de réduction du mandat qui fait l’objet de contestations ouvertes dans le parti, l’alliance avec des partis politiques comme le Ps, etc.

Il s’y ajoute des nominations à des postes de membres de l’Apr qui ne font pas l’unanimité comme au niveau des structures comme celle des jeunes.

Au demeurant, le Secrétaire national du parti au pouvoir avait, dès le début de son magistère fait une promesse à la Nation : « La patrie avant le parti ». Est-ce pour cela que nombre de ses collaborateurs directs et membres fondateurs du parti ont été défenestrés après quelques mois passés à la tête de postes stratégiques comme les Ministères, le Cabinet du président, etc. ? En tout cas, les ministres de l’Intérieur Mbaye Ndiaye, celui des Affaires étrangères Alioune Badara Cissé, son ancien Directeur de Cabinet Mor Ngom et plus tard son Premier ministre Aminata Touré, entre autres hauts responsables du parti et lieutenants des plus proches de Macky Sall furent remerciés parfois de façon peu élégante.

D’autres ont été permutés à des postes moins glorieux surtout au lendemain des locales de juin 2014 quand il avait promis de sanctionner ceux qui auraient perdu après avoir pris le risque de faire listes à part. Seydou Guèye, Abdou Latif Coulibaly et bien d’autres sont encore là même s’ils ont perdu dans leurs localités.

Qu’à cela ne tienne, le président de la République n’a pas hésité à faire le vide autour de lui,  à ses risques et périls. Parce que ces « bannis » sont des porteurs de voix et leurs partisans n’ont pas caché leur déception. La déchéance de ABC a été plus longue car c’est seulement tout récemment qu’il vient d’être promu au poste de Médiateur de la République. Auparavant, il avait été rabaissé au rang de simple militant du parti perdant ainsi toute son aura au sein d’une formation dont il est membre fondateur.

Quand à Mimi Touré, elle devra se contenter du titre d’Envoyée Spéciale alors qu’elle s’était battue avec la dernière énergie pour gagner la ville de Dakar face à un Khalifa Sall qui ne s’est pas laissé faire. La dame de fer a ainsi connu, elle aussi, une assez longue période de descente aux enfers.

Pendant ce temps, des cadres, des jeunes et des femmes du parti assistent à des nominations qu’ils désapprouvent parce qu’estimant que les bonnes personnes ne sont pas aux bons postes. Les Sénégalais ont assisté à toute la levée de boucliers qu’a connue l’arrivée de la jeune Marie-Thérèse Faye à la tête de la structure des jeunes. La gestion du député Abdou Mbow a été décriée bien avant elle. Des histoires de malversations financières dénoncées parfois publiquement.

La responsable des femmes, Marième Badiane, fait l’objet d’attaques de la part de certaines militantes déterminées à lui arracher son poste.

Entre responsables d’une même localité, les guerres de positionnement font rage. Au point, quel Secrétaire national, Macky Sall a cru devoir sortir de sa réserve pour crier son exaspération à ses militants en ses termes : « Vous m’indisposez et vous indisposez les Sénégalais ».

Les plus frustrés sont ceux qui broient du noir dans leurs coins sans aucune forme de responsabilisation dans la gestion du pouvoir alors qu’ils estiment avoir les compétences et avoir été de toutes les batailles. Et le plus grave pour eux, c’est qu’ils tirent de leurs poches les sommes qu’ils transmettent à des partisans dans le besoin au sein de leurs localités. Le parti ne leur vient pas forcément en aide. Pire, leurs proches et alliés se posent des questions et n’arrivent pas à comprendre la mise à l’écart de leurs mentors.

Pendant ce temps, des transhumants sont promus. Les nominations de Innocence Ntap Ndiaye, de Djibo Kâ et autres à la tête de structures importantes, apparemment taillées sur mesure, leur est resté au travers de la gorge. L’accueil de Awa Ndiaye, ancienministre et compagnon de Me Wade n’a pas plus aux militants.

C’est pour cela pour qu’ils font peu de place aux transhumants dans le fonctionnement du parti. Les apéristes, contrairement à Macky qui encourage la transhumance, font beaucoup dans l’ostracisme comme le dénoncent de nouveaux venus qui ne s`y sentent pas  à l’aise.

Certains par eux voient également d’un mauvais œil leur  compagnonnage avec le Parti socialiste (Ps) de Ousmane Tanor Dieng. Ils estiment qu’ils sont en train d’engraisser un ennemi car ce parti aura son candidat à la prochaine présidentielle et va les combattre.

D’autres alliés de Benno Bokk Yakaar (Bby), la coalition au pouvoir sont aussi dans le collimateur des partisans de Macky qui pensent qu’ils sont des pique-assiettes.

Le « mouth bamoth » (se taire ou partir) théorisé par Mor Ngom est beaucoup plus partagé dans le parti qu’on ne le croit.

Ce qui ne veut pas dire que des apéristes ne sont pas continuellement responsabilisés. La récente nomination de Me Pape Sène à la tête de la Commission nationale des droits de l’homme entre dans ce cadre. Le jeune maire de Maiwane Bara Ndiaye a atterri à la maison de la presse.

À ces frustrations énoncées s’ajoutent d’autres liées notamment à la promesse du président de la République de réduire son mandat de 7 à 5 ans. Ils sont nombreux les apéristes à penser que Macky s’est trompé et qu’il n’est pas question de réduire un mandat pour lequel il a été élu. Et certains partisans du président de la République le disent publiquement. D’autres préfèrent parler entre quatre murs. Un jeune cadre apériste nous confiait par exemple tout récemment que « le président est en difficultés » car il lui est difficile maintenant de se dédire. Or, il s’est manifestement trompé. Il tient son argumentaire du fait que le président Wade qui avait pratiqué et le quinquennat  et le septennat, était bien placé pour faire le bon choix. Et que les 5 ans ne suffisent pas à faire ses preuves.

Aujourd’hui, les apéristes en veulent à Macky Sall d’avoir fait une promesse qui risque de leur coûter cher.

Toutefois, le parti reste solide car, malgré les frustrations, aucun départ significatif n’a été enregistré. Certes l’Apr est un jeune parti pas suffisamment structuré, mais il a l’avantage de gérer le pouvoir ce qui est suffisant pour enlever  à ses frustrés toute velléité scissionniste.

Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas travailler davantage à assoir une bonne discipline de parti à des militants qui n’hésitent pas souvent à prendre le contre-pied des déclarations de leur secrétaire national.

Comme quoi, l’Apr a besoin d’une meilleure structuration et d’une bonne discipline interne pour en faire un grand parti capable de survivre aux incertitudes des résultats des élections.

Abdoulaye Diop

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