23 octobre, 2014
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ACCUSEE D’INFANTICIDE : Nguénar Dieng bénéficie d’une disqualification des faits

ACCUSEE D’INFANTICIDE : Nguénar Dieng bénéficie d’une disqualification des faits

Depuis son ouverture, la première session 2013 de la cour d’assises de Dakar vient de prononcer sa première requalification des faits. La domestique Nguénar Dieng, initialement accusée d’infanticide, hier, a vu son crime requalifié en violation de la loi sur l’inhumation. Elle a écopé de six mois ferme.

Pour en revenir aux faits, la domestique qui souffrait de maux de ventre atroces, s’est rendue à la maternité de Dalifort, pour s’enquérir de son état de santé, le 1er février 2010. Les examens de la sage-femme révéleront une ouverture béante et une déchirure non encore cicatrisée du vagin, à l’origine de la souffrance de sa patiente. Diagnostiquant un accouchement récent, elle a demandé des nouvelles de l’enfant. Non convaincue par la réponse de Nguénar Dieng, disant que le bébé de trois mois était sous la garde, la sage femme, soupçonnera un infanticide. Aussi, en a-t-elle fait part aux gendarmes de la brigade de Hann. Nguénar Dieng avouera aux gendarmes que le 24 janvier 2010 vers 21 heures, elle a accouché d’un enfant mort-né dans les toilettes du domicile de son employeur. Sur la persistance des hommes de loi, la domestique dira l’avoir enveloppé dans un sachet en plastique et jeté dans un dépotoir d’ordures, non loin de l’hôtel Hacienda. Un déplacement sur les lieux fera découvrir aux gendarmes le corps sans vie d’un nouveau-né de sexe féminin en état de décomposition très avancée. Ceci vaudra l’inculpation de la domestique pour infanticide et sa comparution, hier, devant la cour d’assises de Dakar.

Devant la barre, la mise en cause se rétractera et fournira une autre version des faits. «J’ai accouché entre mon septième et huitième mois de grossesse. Je ne savais pas que j’étais en travail quand j’allais aux toilettes. Une fois accroupie, l’enfant est né mais, n’a ni bougé, encore moins, crié et, il ne bougeait plus dans mon ventre, quatre jours avant l’accouchement», a-t-elle affirmé. Dans la suite de sa version des faits, elle évoquera, à l’image de ses paires qui l’ont précédé à la barre, qu’elle n’imaginait pas tuer son enfant mais, avait honte que ses parents soit informés de sa grossesse, non sans préciser que son remords est d’autant plus grand qu’elle s’est rendue compte de son erreur, après l’acte.

Cette décision de ne pas informer ses parents est capitale, selon l’avocat général. Abdou Karim Diop a renseigné que cela représente, tout bonnement, l’intention de donner la mort à son enfant à la naissance. Selon le représentant du ministère public, la domestique n’a fait que mentir, depuis le début. «L’enfant était bien vivant. En attestent, les contractions qu’elle a ressenties avant d’accoucher», dira le parquet général qui a requis dix ans de travaux forcés. La défense a plaidé l’acquittement pur et simple. «il faut un certificat de genre de mort, pour prouver que l’enfant était vivant, à la naissance, alors qu’au même titre que l’autopsie, ceci n’a pu être fait», a souligné Me Sherazade Hilal. Aussi, a-t-il demandé la disqualification des faits en violation des lois sur l’inhumation et le bénéfice de larges circonstances atténuantes, pour sa cliente. Une demande qui a reçu gain de cause. La Cour d’assises de Dakar, après en avoir délibéré, a disqualifié les faits et condamné l’accusée Nguénar Dieng à six mois ferme.

Yandé DIOP

REWMI QUOTIDIEN