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Accusés de financement occulte africain, Chirac et Villepin portent plainte

L’ancien président Jacques Chirac a décidé de déposer plainte en diffamation contre l’avocat Robert Bourgi, qui accuse l’ancien chef de l’Etat et Dominique de Villepin d’avoir reçu des fonds occultes africains. « A la suite des propos tenus ce jour (…), le président Jacques Chirac m’a demandé de déposer plainte pour diffamation », a déclaré, en fin d’après-midi de dimanche, l’avocat et conseiller de l’ancien président de la République, Me Veil.

Dominique de Villepin a également annoncé, dimanche soir sur France 2, qu’il allait porter plainte contre Robert Bourgi. Pour l’ancien premier ministre de Jacques Chirac, les accusation de M. Bourgi sont « graves, scandaleuses, détaillées comme tous les mauvais polars ».

Les propos en question sont ceux parus dans l’édition du 11 septembre du Journal du Dimanche, où Robert Bourgi détaille comment il aurait convoyé jusqu’à l’Élysée, pendant des années, des valises de billets en provenance de grands dirigeants africains. Dans la journée, Robert Bourgi a confirmé ses dires sur la chaîne de radio RTL, allant jusqu’à se déclarer « prêt à s’expliquer devant la justice ». Puis il a réitéré ses déclarations au journal de 20 heures de TF1

L’avocat témoigne également de ces pratiques concernant les fonds occultes dans un livre de Pierre Péan, La République des mallettes, qui doit être publié le 14 septembre.

« MALLETTES » ET « MILLIONS DE FRANCS »

Dans le long entretien donné au JDD, l’avocat successeur de Jacques Foccart, ancien intermédiaire de Jacques Chirac avec les chefs d’Etat africains, explique que « pendant trente ans, Jacques Foccart a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d’État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j’ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris ».

Il poursuit : « J’ai travaillé avec Dominique [de Villepin] pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d’un ami, de quelqu’un que l’on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m’a chassé ». Selon l’avocat, Dominique de Villepin lui aurait déclaré que « l’argent de Sassou, de Bongo, de tous les Africains, sent le soufre. C’est fini. (…) Si un juge d’instruction vous interroge (…) cela va mal finir ».

Evoquant les remises de fonds, il précise : « Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu’à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L’argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C’était en 1995. Il m’avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac ». En revanche, il ne parvient pas à estimer le montant total versé : « À ma connaissance, il n’y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales ».

« FARIBOLES ET ÉCRANS DE FUMÉE »

Pour Dominique de Villepin, ces accusations ont tout à voir avec l’affaire Clearstream qui doit trouver son dénouement mercredi. La cour d’appel de Paris confirmera ou non sa relaxe dans l’affaire qui mettait en cause Nicolas Sarkozy, une décision cruciale pour l’avenir politique de l’ancien premier ministre à sept mois de l’élection présidentielle.

« Tout cela n’est que fariboles et écrans de fumée. Je n’ai jamais cessé, depuis 1993, de me mobiliser contre les réseaux de quelque nature que ce soit, en vue d’une moralisation de la vie politique dans le cadre fixé par Jacques Chirac », répond M. de Villepin au JDD, y voyant un coup venant de l’Elysée. L’ancien premier ministre a qualifié, vendredi, sur RTL, de « livre de fantasmes » le dernier opus de Pierre Péan, centré sur un de ses amis, Alexandre Djouhri, qualifié par ce journaliste-enquêteur de « Prince des ténèbres ».

Lemonde.fr avec AFP

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