Confidences

Adama Ouane, rescapé de l’attentat de Bamako : « La corruption endémique a exposé le Mali au danger »

  • Date: 26 novembre 2015

L’administrateur général (numéro 2) de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), le Malien Adama Ouane, était à l’hôtel Radisson Blu de Bamako lors de l’attaque terroriste du 20 novembre. Il raconte ses longues heures d’attente et appelle ses compatriotes au sursaut.

Jeune Afrique : Pour quelle raison étiez-vous au Radisson Blu de Bamako lors de l’attaque ?

Adama Ouane : Nous sommes arrivés à l’hôtel le jeudi 19 au soir vers 22-23h, en provenance de Paris, pour préparer la visite officielle de la secrétaire générale de l’OIF, Michaëlle Jean. Elle devait arriver le 21. Dans le cadre de cette visite, de nombreuses manifestations étaient prévues pour les dix ans de la Convention de l’Unesco pour la protection et la promotion de la diversité culturelle. Des officiers de sécurité nous avaient précédés et étaient déjà présents.
Comment vous-êtes-vous rendu compte de l’attaque ?
J’étais dans ma chambre, la 536, au quatrième étage. J’ai été averti très tôt. Un de mes amis m’a appelé vers 7h10. Il m’a dit qu’il venait d’être informé que des « rebelles » avaient attaqué et étaient dans le Radisson. Suite à cela, j’ai entendu des coups de feu. Donc j’ai compris que c’était réel. J’ai appelé notre officier de sécurité, qui lui avait vu les assaillants et avait déjà donné l’alerte.
Comment avez-vous réagi ?
Avec mes quatre collègues, nous étions en communication, donc nous avons pu échanger sur le comportement à adopter : rester barricadés dans les chambres, s’éloigner des issues etc. Une cellule de crise s’est tout de suite mise en place à l’OIF et nous avons pu être informés du déroulement des opérations. Nos chambres ont été localisées. On nous a donné un mot de code. J’ai été représentant de l’Unesco en Haïti, donc j’avais déjà été formé pour faire face à ce genre de situation.
Combien de temps avez-vous attendu avant d’être exfiltré ?
Je suis sorti autour de 13h15. Il y avait des Maliens, des forces spéciales françaises, des marines américains, des Canadiens de la Minusma… Mais ce qui était le plus dur c’est l’attente, après, parce que certains collègues étaient encore à l’intérieur et présents dans une zone sensible.
source:jeune Afrique
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