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Adieu Hamidou ! (Par Racine TALLA)

Dans la houle de nos trente ans, les interrogations philosophiques retrouvaient leur consistance dans nos coins de détente parfois interdits aux enfants de chœur.

Rien ne pouvait perturber le flux de nos palabres tant leur écho s’accommodait du vacarme. Mais aussi des odeurs, des humeurs et des couleurs.

Après Latif Coulibaly et Souleymane Jules Diop, à la suite de mon ami Elhaj Kassé, avec le talent en moins, je confirme que Hamidou Dia était évidemment un humaniste accompli. Sa vaste culture l’a ainsi transformé, à son insu, heureusement !
C’est parce que nous avons affaire à un monde des vivants, comme le disait la Grande Royale, que Hamidou et moi abordions les mythes eschatologiques avec beaucoup de passion. Nous partions du Royaume d’enfance de Senghor. Ne plus se rappeler quand c’était. Confondre l’enfance et l’Eden comme si un pont de douceur les reliait.

De nos contorsions intellectuelles sortaient des analogies entre la morphologie du conte et la dialectique ternaire comme grille de lecture des idéologies et des religions.

L’âge d’or ou le paradis perdu à retrouver après les épreuves. De la même manière que la société communiste ne serait que la reconquête du communisme primitif après les épreuves de la lutte des classes qui traverse l’esclavagisme, l’aristocratie, le capitalisme et même le socialisme.

Toujours avec Hamidou, nos vaines tentatives de traduction de textes chantés par Baba Maal comme Macina Toro ou alors « Hey ma jahowo». Oui, philosopher, c’est apprendre à mourir. Le témoignage de ton ami de marabout fut éloquent lors de la cérémonie de levée du corps.

Ah oui, tu as osé lui demander comment mourir en paix alors que lui-même est parmi les vivants. Tu as paradoxalement assimilé la recette. Adieu !

Par Racine TALLA
Journaliste

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