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Affaire de taximan / passerelle de Camberéne De la culture urbaine pour tous ! (Par Gallo Thiam)

Ruralité, citadinité, incivilité, voilà un triplet qui n’a encore fini d’alimenter les discussions, après la scène inédite, au goût de conducteurs pressés qui ont arpente la passerelle piétonne du croisement de Camberéne et, qui a été largement diffusée sur les réseaux sociaux. Ce comportement inattendu a provoqué un choc moral chez les populations qui ne veulent plus ce geste de pâle copie.  » Plus jamais cela ! », disent-elles. Et nous revoilà, après le débat sur l’incivisme des étudiants, de nous prononcer à nouveau sur un autre sujet d’intérêt national, le « formatage » de nos concitoyens pour une culture urbaine. Car notre quotidien s’est transformé en un puzzle en mille morceaux qu’il nous faut recoller et ajuster entre eux. Là, il s’agit donc, de s’interroger, chacun et chacune d’entre nous, au tribunal de sa conscience, sur ce que devraient être les attitudes des uns et des autres et nos champ d’actions, ici, à Dakar. Citadinité ratée Point de chute d’un flot de migrants étrangers et de nombreux « modou modou » (le terme ne souffre ici d’aucune péjoration), Dakar demeure un lieu d’accueil où de multiples identités sont mises à l’épreuve, au regard des citadins. La capitale sénégalaise restera encore, et pour longtemps, ancrée dans cette tradition de sociabilité. Corrélée donc à un espace social très ouvert, la capitale sénégalaise entretient un brassage culturel très dense et, dans la pratique du vivre ensemble, intègre en son sein des modes de vies bien différentes de celles des dakarois. Mais il faut faire remarquer que la présence massive de ces « come on town » retient notre attention dans la mesure où, ici en ville, ils sont soumis à une succession de comportements bizarres sans doute liés à des habitudes bien anciennes, acquises au village. Cette contre-culture les emballe dans un climat de pression temporelle terrible et de concurrence âpre. Et à force de courir après le temps, d’en vouloir toujours plus que les « boys town », Dakar les fait non seulement vomir, mais les projette même dans une sorte d’impasse, étreints qu’ils sont par l’angoisse de la patience et l’appât du gain dans de « petits boulots » intermittents pour leur survivance. On pourrait s’attacher à penser, que finalement ce Dakar-la qu’ils ont tant admiré comme un mirage, est devenu subitement un territoire inhospitalier difficile à conquérir. Ainsi s’est perpétuée une expression populaire : « dagnuy daan sunu doole saccu gnou fenn gnou nou » (nous sommes d’honnêtes citoyens exerçant fièrement notre métier). Ne maîtrisant donc pas totalement cette organisation administrative, les « come on town », nouveaux citadins, vivent difficilement leur intégration urbaine. Aussi, est-il fréquent d’entendre dire ces « modou modou », après qu’ils aient occupé illégalement le domaine de l’Etat et, sommés de quitter ces lieux, de crier « wutal leen gnou fenene » (recasez-nous ailleurs !) Rejetant toutes formes d’organisation sociales et de contrôle, ils se fabriquent même des représentations mythiques de l’affrontement, à des jacqueries urbaines dirigées contre l’Etat, sous forme de chantage politique. Ruralité contagieuse Cette défiance de l’autorité est très préoccupant puisqu’elle peut entraine dans notre société une culture de la résignation. A ce propos, plus pour faire image que d’histoire, on peut pointer du doigt des «boys town » qui, eux aussi, ont crée leur propre code de la route, au même titre que les chauffeurs de « tata », de « clandos », de « ndiaga ndiaye ». Comme si la contagion faisait des ravages en ville. Alors, quel sort réserver à des « boys town » qui traverseraient la Vdn ou l’autoroute à péage ? Quel sort aussi réserver à ces « boy town » détenteur d’un petit pouvoir qui refusent de  » faire la queue » à la préfecture ou au commissariat de police parce ? Devant ce qu’ils considèrent comme une punition, il faut toujours trouver une ruse mesquine pour être servis les premiers. Point donc de s’étonner que des « come on town », montrant leur incapacité à vivre un mode urbain, agissent en sens opposé. Certes, il peut toujours être utile de leur rappeler, comme le disait Alain Reinberg, qu’il faut toujours « ajuster sa structure temporelle au nouveau horaire ». Mais, devant cette œuvre de transformation gigantesque que constitue le projet urbain de la rénovation de Dakar, éventré « chirurgicalement » de son legs colonial pour un nouveau visage rayonnant, les sanctions devraient s’appliquer à tous. En effet, la question de la citadinité renvoie tout bonnement à un mode d’être des hommes, de se soumettre à une discipline collective, malheureusement en déchéance à Dakar. Dans cette perspective de rupture, il nous faut corriger nos défauts pour inverser cette tendance dégradante des valeurs urbaines et surtout nous inspirer des modèles asiatiques à travers leurs foules calmes, disciplinées et solidaires. Ce choix de société exige donc un dressage collectif (peut-être au modèle militaire) de tous les citoyens.

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