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Affaire Dominique LOPY : Un mort, quatre blessés au cours d’affrontements entre les policiers et les jeunes

A peine Dominique Lopy a-t-il été porté sous terre au cimetière catholique de la commune que les échauffourées ont repris de plus belle entre manifestants et forces de police, ce samedi, vers 18 h 30. Le recueillement et l’émotion ayant marqué l’inhumation n’ont été que de courte durée. Sur le chemin du retour du cimetière, des affrontements entre les jeunes amis et proches du défunt et les policiers ont, en effet, éclaté.

Source : Walfadjri
Des jeunes qui arboraient des brassards noirs en signe de deuil pour ‘s’indigner des violences policières’, se sont attaqués à coups de pierres aux policiers cantonnés à l’intérieur du commissariat. La riposte de ces derniers a été immédiate. Pour répondre aux jets de pierres des manifestants, les policiers ont dégoupillé des grenades lacrymogènes. Pendant une bonne quarantaine de minutes les détonations rythmaient le face-à-face entre policiers et jeunes. Il s’ensuivit une course poursuite dans les artères de la ville obligeant les commerces à baisser leurs rideaux. Des pneus sont brûlés sur la chaussée. Le car de la police roulant, sans doute, à vive allure rate son virage et tombe dans un ravin. Le bilan de l’accident : trois policiers du Groupement mobile d’intervention (Gmi) blessés.

Au cours des affrontements, Dioutala Mané, tailleur, âgé d’environ 25 ans, grièvement atteint ‘par balle’ est évacué à l’hôpital régional. Il meurt vers 21 h à la salle de réanimation de l’hôpital régional de Kolda des suites de ses blessures. Selon une source proche de la victime, Dioutala se rendait à la boutique du quartier quand il a reçu la balle. La même source affirme que Dioutala a perdu trop de sang avant d’être admis à l’hôpital. Un communiqué avait même été diffusé à travers les ondes d’une radio de la place appelant les donneurs de sang de son groupe. D’ores et déjà, la polémique s’est installée sur la cause exacte de la mort du tailleur. Les populations parlent de balles réelles tirées par les forces de l’ordre qui rejettent l’accusation en incriminant les éclats de grenades lacrymogènes. Un jeune élève, Ousmane Diao, collégien en classe de 5e lutte, quant à lui, lutte contre la mort à l’hôpital régional. Il aurait été victime d’éclats d’une grenade lacrymogène alors qu’il se baignait à son domicile. Ce jeune élève aurait perdu des doigts et souffrirait d’inflammations au niveau de l’abdomen et du thorax.

Chez Dioutala Mané, des parents, amis et des jeunes ont afflué à l’annonce de sa mort. Seulement voilà, hier, vers 20 h 30, le domicile du policier Ibrahima Diédhiou, résidant au quartier Bouna Kane (Ssud-est de la commune) a reçu la visite de vandales. Ils ont réussi à incendier un matelas, un lit et jeter quelques ustensiles de cuisine dans le puits. Les policiers, alertés, sont intervenus pour parer au pire. Cet agent de police est accusé par les jeunes d’avoir participé aux ‘sévices corporels’ ayant coûté la vie à Dominique Lopy. Pour l’heure, le corps de Dioutala Mané est à la morgue de l’hôpital régional. Pour ses parents, il n’est pas question d’inhumation, ils parlent plutôt d’autopsie. Néanmoins, les autorités politiques, administratives, coutumières et religieuses multiplient les actes d’apaisement.

Le maire de Kolda, Bécaye Diop, a rencontré, hier, les jeunes du collectif né au lendemain de la mort de Dominique Lopy. Des notables de Doumassou (Ouest de la commune), quartier de résidence de Dioutala Mané et de Dominique Lopy ont appelé à un rassemblement après la mort du jeune tailleur. Il reste que la tension est encore vive dans la commune de Kolda. Les policiers ont renforcé leur présence sur les différents carrefours et autres points stratégiques, armes automatiques en bandoulière, casques lourds bien vissés à la tête. La veille, la dépouille mortelle de Dominique inhumée, accompagnée par une foule impressionnante. Au cours de la messe à la paroisse cathédrale Notre Dame des Victoires, Monseigneur Jean-Pierre Bassène, évêque de Kolda a magnifié la solidarité et l’entente entre les jeunes. ‘Nous avons appris la leçon de Solidarité sans frontière’, a-t-il lancé parlant d’une ‘jeunesse qui s’est levée comme un seul homme sans considération aucune de religion, ni de conditions sociales, ni de race’. ‘C’est un mouvement de colère’, a-t-il justifié. Jouant la carte de l’apaisement, le prélat a évoqué ‘le voyage aller-retour du corps de Dominique Lopy pour des raisons d’autopsie’ ‘C’est là un signal fort’, a-t-il précisé.

Dominique Lopy est mort le samedi 14 avril dernier dans les locaux du commissariat de police de Kolda en détention préventive. Il avait été accusé du vol d’un téléviseur, d’un matelas et de drap appartenant à Mamadou Lamine Dramé, président du conseil régional de Kolda, dont la concession est située à un jet de pierre de celle du jeune Lopy. Pour marquer leur colère, les jeunes du quartier de Doumassou ont incendié tour à tour les maisons du président Dramé et celle du brigadier chef Paul Boissy, considéré par les manifestants comme un des bourreaux de la victime. Le corps de Lopy avait été autopsié, mercredi dernier par le Pr Gisèle Guèye du Chu Le Dantec. Les résultats ne sont pour l’heure connus que du seul procureur près le tribunal de Kolda, Habib Samba Laobé Aw. Le procureur qui détient à présent une bombe entre les mains, a laissé entendre qu’il attendait le rapport d’autopsie du Pr Guèye.

Mais, tout laisse croire que le jeune Lopy a été victime de sévices corporels ayant entraîné sa mort. On annonce, d’ailleurs, une plainte de la famille pour ce lundi.


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