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Affaire Karim: Le Sénégal doit se remettre en question 

Le Comité des droits de l’homme de Nations-Unies vient de condamner le Sénégal dans l’Affaire qui l’oppose au fils de l’ancien Président Abdoulaye Wade.

Il est clairement spécifié dans le document qu’aussi bien les conditions de poursuite et de condamnation de Karim Wade doivent être revues et qu’à l’avenir, notre pays doit éviter que cela n’arrive à d’autres citoyens.

Un désaveu réel qui rappelle celui qui avait frappé le pays de la ‘’téranga’’ lors du procès de l’ancien Maire de Dakar Khalifa Sall.

La Cour de justice de la Cedeao avait émis un avis qui désapprouve les procédures enclenchées notamment pour ce qui est du respect des droits du détenu.

Et ce n’est pas la première fois que des instances internationales s’en prenaient au Sénégal dans le cadre de ces deux affaires.

Aussi bien les Nations-Unies que la Cour de justice de la Cedeao n’en étaient pas à leurs premières condamnations contre le Sénégal s’ agissant surtout de ces deux affaires.

Des affaires enclenchées dans le cadre de la reddition des comptes et qui suscitent beaucoup de passion du fait justement du statut d’hommes politiques de l’opposition des concernés.

Aussi bien ceux qui défendent que ceux qui les condamnent le font avec passion. Surtout les déclarations d’hommes politiques.

Cette polémique à l’échelle nationale a divisé le pays en deux camps opposés: Celui du pouvoir et celui de l’opposition.

Aujourd’hui, les Nations-Unies, à la suite de la Cedeao ont fait des sorties qui ont eu le mérite, objectivement, de mettre le doigt sur un problème de fond: Notre système judiciaire aussi bien dans son architecture juridique que dans sa pratique de tous les jours recèle des insuffisances graves qu’il importe de corriger rapidement. Ce discours étant loin d’être politicien, doit être interprété à sa juste valeur et serveur de viatique aux pratiques judiciaires futures.

Ce n’est pas l’analyse d’un journaliste encore moins le discours d’un opposant ou d’un défenseur des droits de l’homme.

Il faut alors éviter toute forme de polémique le concernant même si par ailleurs le Ministre de la Justice a raison de dire qu’il n’est pas contraignant.

Aujourd’hui, les nécessaires réformes judiciaires de fond tardent à venir. Ni les agitations des magistrats ni celles des citoyens n’ont servi à réformer par exemple une juridiction comme la Crei et à réformer ce tribunal d’exception à l’utilité douteuse, ou à adapter nos textes et lois aux normes internationaux que nous avons ratifiées et signées.

Le fait pour le Président de la République de présider le Conseil supérieur de la magistrature, le lien ombilical trop fort entre Parquet et Chancellerie, la détention préventive systématique dans certains cas, l’inféodation du pouvoir judiciaire à l’Exécutif avec ses conséquences sur les pratiques néfastes en cours nécessitent qu’il y ait une rupture radicale à ce niveau.

Nous ne pouvons pas continuer à être dans le collimateur des institutions internationales pour des violations graves aux droits de certains citoyens.

Ça suffit. Notre Justice mérite plus qu’une instrumentalisation qui peut même desservir, demain, ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir.

C’est le sens du message des Nations-Unies et de la Cedeao. Et c’est comme ça que les grandes Nations avancent en évitant de faire de la vendetta, un sport national.

Car, les pratiques judiciaires actuelles, si elles ne sont pas reçues, vont installer une dynamique de vengeance permanente et une justice des vainqueurs qui ne va laisser aucun place aux vaincus.

En clair, ceux qui vont arriver après Macky auront pour première préoccupation de poursuivre ses proches.

C’est cela qu’il faudra éviter à l’avenir. Car, à y regarder de près, on se rend compte que les compétitions électorales ont pris le dessus sur tout le reste.

Tout est rapport de force dans notre pays et les plus faibles sont systématiquement écrasés.

Malheureusement, la Justice sort souvent d’arme à ceux qui sont forts pour envelopper du manteau de la légalité leur dessein inavoué de règlement de compte politique.

Maintenant que les Nations-Unies ont parlé, on doit se remettre en question.

Assane Samb

 

 

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