Karim Wade a entraîne dans sa chute neuf complices présumés. © GEORGES GOBET / AFP

AFFAIRE KARIM WADE Amnesty International exige sa libération, puis son indemnisation

Le Sénégal se comporte-t-il comme un « délinquant » au niveau de la communauté internationale. En tout cas, c’est l’avis d’Amnesty International. Pour Seydi Gassama, Karim Wade doit être libéré et indemnisé par l’État du Sénégal pour détention arbitraire. 

En conférence de presse, hier, lors de la présentation de son rapport 2015-2016, Amnesty International a estimé arbitraire la privation de liberté dont fait l’objet Karim Wade, condamné à 6 ans de prison avec une amende de plus de 138 milliards  F Cfa. En conséquence, l’Ong de défense des droits de l’homme demande au Gouvernement du Sénégal de prendre les mesures nécessaires pour non seulement libérer Wade-fils mais de l’indemniser pour détention arbitraire dont il fait l’objet. Selon Seydi Gassama, l’État du Sénégal ne peut pas invoquer les manquements d’autres États pour justifier son refus de mettre en œuvre l’avis du Groupe de travail des Nations-Unies sur la détention arbitraire.  À l’en croire, les décisions rendues par la CREI ne sont pas susceptibles d’appel sur le fond. Ce qui apparaît à ses yeux, contraire aux normes régionales et internationales.  Il a ainsi rappelé qu’en avril, le Groupe de travail des Nations-Unies sur la détention arbitraire a estimé que la détention provisoire de Karim Wade était arbitraire, notamment en raison du retard accumulé pendant la procédure et de la différence de traitement observée par rapport aux autres prévenus. Par conséquent, Amnesty International appelle l’État du Sénégal à se conformer à l’avis du Groupe de travail et de mettre fin immédiatement à la détention arbitraire de Karim Wade. Cela signifie clairement que Karim Wade doit être remis en liberté et indemnisé pour la détention arbitraire dont il a fait l’objet, ressasse Gassama. Toutefois, Amnesty a formulé dans son rapport des recommandations relatives à la suppression ou la réforme de la Crei  pour la rendre conforme aux normes et standards régionaux et internationaux de procès équitables. Pour cela, précise Seydi Gassama, il convient d’arrêter toutes les poursuites devant cette Cour.  Amnesty a également exhorté les autorités à supprimer dans le cadre du processus de réforme du Code pénal et du Code de procédure pénal le délit d’offense au chef de l’État (article 254) et réécrire l’article 80 en limitant aux plus graves les délits passibles de peines d’emprisonnement.

Mouhamadou BA

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