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Affaire Oumar Watt: La sortie du médecin Diop, la réaction de ses avocats, son évacuation à Paris

Une conférence de presse a été convoquée, hier, par la famille d’Oumar Watt, le collectif pour la justice et les violences policières, les avocats de la famille, représentés par Me Khoureichi Ba. C’est pour apporter une réplique suite à la sortie du médecin Diop qui aurait soutenu que le jeune Omar Watt n’a jamais été dans le coma. Ils ont ainsi pris le contrepied de l’homme de l’art.

 L’affaire du jeune Omar Watt, qui avait été agressé le 16 septembre dernier par un militaire français, dans un restaurant de la place, continue de défrayer la chronique. Après la sortie du médecin Cheikh Tidiane Diop, arguant que le jeune Sénégalais n’avait jamais été dans le coma, sa famille, représentée par Me Cheikh Khoureychi Ba, est montée au créneau, hier, pour battre en brèche les propos de l’homme de l’art. Auparavant, la robe noire a indiqué que l’instruction ne vient que de commencer et qu’il y aura, peut-être, un réquisitoire supplétif du parquet pour élargir le champ des poursuites. Et peut-être aussi qu’il n’y en aura pas. « Mais, en tout état de cause, la justice a commencé à faire son travail. Par contre, le malade en question et les médecins ont pensé qu’il avait une incapacité temporaire de travail de 60 jours. Mais le 11 octobre dernier, c’est-à-dire moins de 30 jours après, on lui ouvre les portes de l’hôpital et on le fait sortir. Nous avons un bon qui atteste sa sortie », a renseigné l’avocat, selon qui l’état de santé actuel du malade fait qu’il ne devait pas sortir de l’hôpital maintenant. « Ce qui pose problème, ce n’est pas qu’un malade sorte de l’hôpital, mais c’est qu’un malade, dont on a des raisons solides de croire, au-delà de tout doute raisonnable, que sa vie est en danger, sorte comme ça de façon cavalière de l’hôpital. On a aussi noté une sorte de campagne médiatique, une sorte de campagne d’influence pour justifier l’injustifiable. Nous sommes dans un Etat de droit et on assiste à des choses graves, notamment à la divulgation du secret professionnel. Nous savons que ça c’est fondamental parce que tout malade a des droits fondamentaux sur la vie privée du citoyen », a déclaré la robe noire. Face à la presse, hier, Me Khoureychi Bâ a soutenu que le premier droit fondamental, c’est le respect de la dignité qui impose, de l’autre coté, au médecin la fidélité scrupuleuse au serment. « Ce qui fait que le secret médical est le b.à.ba de cette profession. Et le législateur, sur l’article 363 du code pénal, dit que sa violation est un délit sévèrement réprimé, à savoir d’1 à 6 mois de prison au Sénégal, et à 50.000 F jusqu’à 30.000 F d’amende ».

 

La France a donné son accord pour son transfèrement

 

Concernant le démenti du médecin disant qu’il n’a jamais été dans le coma, l’avocat a confié : « quand nous parlons, il faut savoir qu’il y’a un devoir de vérité. Et la plus grande vigilance s’impose pour savoir s’il y’a eu cette divulgation du secret professionnel. (…) nous savons dans l’affaire que la divulgation ne vient pas du professeur attitré en neurologie au Sénégal, Seydou Badiane, à qui nous rendons hommage au nom de la famille. On a essayé de lui faire dire cela, mais en vain. Nous avons décrypté son entretien sur internet sur ce qu’il a dit en se posant la question pourquoi ils n’ont pas fait appel à la télévision officielle qu’est la Rts pour débiter leurs vérités. Mais, ils se sont gardés de la faire. Et c’est à l’instigation du directeur de l’hôpital de Fann, le docteur Cheikh Tidiane Diop, qui a parlé le premier en présence de Seydou Badiane. Pour transcrire ses propos, ce dernier à savoir que le docteur Diop a dit: « le patient va beaucoup mieux et le médecin traitant vous le précisera tout à l’heure. C’est parce qu’il va beaucoup mieux qu’il a été libéré. Il est sorti conscient et il a marché en partant. Donc, un patient qui va très bien par rapport aux conséquences ; à savoir le traumatisme crânien ». Il y a donc une confusion possible. L’homme de l’art précise que ce patient était conscient à son arrivée. Ce qui n’est pas vrai. Et conscient également en partant de l’hôpital. Ce qui est vrai. Et a toujours était conscient. C’est faux ». Il ajoute : « c’est le même médecin qui décide ou pas de l’admission ou de la sortie du patient, sur des bases techniques alors qu’en neurochirurgie, les médecins traitants ayant vu l’évolution du malade, ont décidé de le sortir parce qu’il allait mieux. Et que son état est aujourd’hui compatible avec une possibilité à le gérer au domicile. (…) son rôle, le directeur de l’hôpital, c’est de donner aux patients les meilleurs soins possibles. Et le patient a bénéficié d’un scanner dans ce district ». Donc, pour la robe noire, Omar Watt était bel et bien dans le coma. « Omar Watt ne sait toujours pas ce qui se passe. C’est une puissante interpellation pour nous. Et c’est extrêmement grave, d’autant plus que les autorités françaises accréditées au Sénégal, une fois n’est pas coutume, ont été sensibilisés sur le problème d’Omar Watt. Et au plus haut niveau, les gens se sont déplacés à son chevet. On ne peut pas en dire autant aux officiels sénégalais, vu qu’ils ne sont pas souciés à l’état et du suivi médical d’Omar Watt. Mais toujours est-il que les Français, à la suite des initiatives de la famille, ont manifesté leur accord pour un transfèrement le plus rapide possible et le plus sécurisé possible de Omar Watt en France, dans leurs établissements », a informé la robe noire.

 

Certains gens s’amusent avec la situation d’Omar Watt »

D’ailleurs, l’avocat a renseigné qu’un résumé médical a été établi 3 jours avant la signature du bon de sortie, à l’initiative du médecin traitant Seydou Badiane, à la demande de la famille et des confrères français d’Omar Watt qui suivent également le dossier. Dans les conclusions de ce médecin, informe l’avocat, il est écrit que compte tenu de son état actuel, il serait bénéfique pour le patient de bénéficier d’une poursuite de la prise en charge dans un service de moyen séjour où il pourrait bénéficier de soins de réhabilitation appropriés non disponibles à Dakar. « C’est eux-mêmes qui soulignent et qui veulent qu’au moment de sa sortie, qu’il serait mieux pour lui, pour qu’il recouvre la santé, qu’on l’amène dans un établissement de soins pour réhabiliter totalement sa santé et les services qui sont dispensés dans un tel établissement, comme ils ne sont pas disponibles à Dakar, Paris s’est proposé de lui tendre la main afin qu’il y aille », a-t-il dit. Sur une question de savoir pourquoi il est resté au Sénégal jusqu’à présent, l’avocat rétorque : « on l’a fait sortir de l’hôpital après un séjour du 17 septembre jusqu’au 11 octobre, alors qu’on oublie qu’il a une Itt de 60 jours. C’est aujourd’hui (hier) qu’il devait faire 30 jours dans cet hôpital. Sur ce, on lui donne rendez-vous dans un mois avec le docteur Faye. Mais, ce garçon ne peut pas réintégrer son domicile et sa famille ne l’a pas amené à son domicile. Les Sénégalais doivent savoir qu’Omar Watt a quitté l’hôpital Fann, au service de neurologie où il était, et sa famille l’a hospitalisé dans un autre hôpital privé de la place où il est toujours sous observation. Et l’objectif du point de presse, c’est d’attirer l’attention de tous sur ce fait important pour que demain, que ce soit au niveau des autorités de l’hôpital ou au niveau des autorités centrales qui ont les pouvoirs de décision au Sénégal, qu’on ne dise pas des choses sur Omar Watt. Il y a des gens qui semblent s’amuser avec la situation d’Omar Watt et si jamais quelque chose devait lui arriver, il faut qu’ils sachent qu’ils sont responsables. Et je commence par les autorités médicales de l’hôpital de Fann. J’embraie sur les autorités sanitaires sénégalaises, sur le Gouvernement qui a peut-être la tête ailleurs ».

Cheikh Moussa SARR

 

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