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Affaires Cheikhou Sakho, Oumar watt : Que d’intox…

La mort suspecte du douanier Cheikhou Sakho et l’agression du jeune Oumar Watt par un Français dans un bar à Dakar, nous renseignent sur le degré  de manipulation de l’information par des personnes dont l’objectif est de faire accréditer des thèses précises, même si celles-ci sont contraires à la vérité.

Il n’est pas exagéré de dire que le public subit une intoxication très poussée de l’information et les journalistes ne sont pas à l’abri, tellement ils sont obnubilés par le scoop, la peur du ratage et la tentation de l’audimat.

Sur la mort du douanier Cheikhou Sakho, les informations parues dans la presse ont été contradictoires : Certains parlent de « suicide » tandis que d’autres journaux optent pour la thèse de l’assassinat et désignent même un coupable.

Sur l’agression d’Oumar Watt, au moment où tous les Sénégalais croient dur comme fer que le jeune était dans le coma, des informations nous parviennent, de sources sûres, qu’il n’en a jamais été ainsi. Et le personnel médical de l’hôpital de Fann le sait très bien.

Sur la première affaire, la Douane, craignant justement l’impunité, a cru devoir porter plainte avec constitution de partie civile. Les juristes savent que ce genre de précaution est justement pour éviter que l’Affaire ne soit classée sans suite.

Quand il y a plainte avec constitution de partie civile, il y aura forcément jugement de l’affaire.

Deux affaires qui défraient la chronique actuellement et sur lesquelles l’opinion est en train d’être menée en bateau.

Malheureusement, nous sommes à l’ère des « fake news » avec l’Internet, les réseaux sociaux. La nouvelle est véhiculée avec une vitesse déconcertante, souvent sans recoupement adéquat, par des professionnels visiblement dépassés.

C’est le règne de la rumeur, des ragots et autres balivernes dont l’objectif est la désinformation. Trop de fausses informations tuent la communication.

Conséquence, au moment où chacun croit tout savoir dans un monde d’offre permanente d’informations, eh bien force est de reconnaître que nous retournons à la case départ, celle de l’ignorance. Car une mauvaise information est pire que l’ignorance. Elle altère le jugement de valeur, donc la perception des choses, des réalités.

Le risque justement, c’est que non pas seulement les médias mais aussi la justice soit victime de cet état de fait.

Sur Omar Watt, les médecins avancent le secret médical pour ne pas démentir les nouveaux véhicules et sur l’affaire du douanier, le légiste, selon ses avocats, tirent des conclusions qui ne sont pas de sa compétence.

Si les « spécialistes » se taisent ou se trompent, eh bien la vérité ne peut qu’être biaisée.

Ceux qui savent se taisent et ceux qui parlent ne savent pas.

L’intox sévit partout, véhiculée par des gens malintentionnés dont le but est « de convaincre sans avoir raison ».

Et les premières victimes de cet état de fait sont la presse, la justice et  l’opinion publique.

Assane Samb

 

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