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Affaires Karim, Khalifa et Imam Ndao: Amnesty International épingle le Sénégal

Dans son rapport sur l’examen périodique universel des Nations-unies, Amnesty international  met en doute l’indépendance de la justice. Evoquant les affaires Khalifa Sall, Karim Wade et Imam Ndao, l’Ong a appelé le gouvernement sénégalais à garantir aux opposants des procès équitables et le droit à la liberté d’expression.

Au Sénégal, généralement cité en modèle de démocratie dans la région, l’organisation de défense des droits de l’homme relève selon Amnesty, des « exemples de procès inéquitables », dont celui du maire de Dakar Khalifa Sall, candidat à la présidentielle de février 2019 face au président Macky Sall.

Le rapport d’Amnesty sur les droits de l’homme au Sénégal intitulé « Des paroles non suivies d’actes »  met également en exergue le cas de Karim Wade, ancien ministre et fils du président Abdoulaye Wade (2000-2012), condamné en mars 2015 à six ans de prison et également candidat déclaré à la prochaine présidentielle.

« Son procès n’a pas respecté « les normes internationales » car il ne prévoyait pas de possibilité d’appel », estime l’ONG. Amnesty cite les cas d’autres opposants sénégalais et celui de Jihadistes présumés condamnés à l’issue de procès « inéquitables » après « une longue détention préventive et sans assistance de leurs avocats ».

A l’approche des élections de 2019, le Sénégal doit garantir aux journalistes, aux leaders de l’opposition, aux contradicteurs du gouvernement et aux défenseurs des droits de l’homme leurs droits à la liberté d’expression et à organiser des manifestations pacifiques sans peur et sans répression », a indiqué François Patuel, un responsable d’Amnesty.

« Le Sénégal doit faire de la garantie d’un procès équitable une priorité et mettre immédiatement fin à l’intimidation et au harcèlement des leaders de l’opposition et à la répression contre les dissidents », a-t-il recommandé,  dans le rapport dont nous détenons copie.

« Il ne faut pas s’étonner que les procès contre des personnalités de l’opposition soient largement perçus comme motivés par des considérations politiques, compromettant ainsi la confiance du public dans le système judiciaire. Si le Sénégal veut montrer aux États membres de l’ONU qu’il est déterminé à protéger et à promouvoir les droits de l’homme, il doit entreprendre des réformes essentielles dans son système judiciaire », a-t-il dit.

La Mauritanie aussi épinglée

L’ONG a par ailleurs dénoncé, les arrestations récentes en Mauritanie de deux opposants et militants anti esclavagistes, Biram Ould Dah Ould Abeid et Abdallahi Ould Housseine, et de deux journalistes, Babacar Ndiaye et Mahmoudi Ould Saibout. Dans ce pays où le président, Mohamed Ould Abdel Aziz, un ancien général, est arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2008 avant d’être élu en 2009, puis réélu en 2014, des élections sont prévues le mois prochain. « Ces arrestations et détentions constituent les pires signaux d’intimidation, de harcèlement et de répression par les autorités mauritaniennes des voix dissidentes à l’approche des élections législatives, régionales et locales » du 1er septembre », a affirmé M. Patuel.

Georges E NDIAYE

 

 

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